Le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a publié le 3 août le bilan annuel de la qualité de l’air en France. En 2011, si les émissions de polluants dans l'air ont continué à décroître légèrement, on estime que près de 12 millions de Français ont vécu dans des zones n’ayant pas respecté les valeurs limites relatives à certaines particules.
Enjeu sanitaire et environnemental, la lutte contre la pollution de l'air est une priorité majeure pour le Gouvernement. Delphine Batho a souhaité qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de la Conférence environnementale qui se tiendra les 14 et 15 septembre prochains.
Il faut savoir que la qualité de l'air dépend des quantités de polluants ou de précurseurs émis dans l’air. Les conditions météorologiques peuvent influer sur les concentrations, soit par la limitation de la dispersion dans les couches atmosphériques, soit en favorisant la fabrication de certains polluants à partir des précurseurs1.
Chaque année, le ministère établit ce bilan avec la contribution de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Les données principales sont transmises par les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa).
Les données du bilan 2011
Pour les particules ou l’ozone, aucune réelle tendance n’est observée depuis le début des années 2000, des facteurs externes tels que la météorologie pouvant expliquer les sensibles hausses ou baisses constatées d’une année sur l’autre. Ainsi, pour les particules, les températures froides du premier trimestre 2011 associées à des conditions anticycloniques relativement stables ont favorisé les émissions dues au chauffage et à la non dispersion des particules, conduisant à un nombre élevé de dépassements des valeurs limites réglementaires en début d’année. On estime que près de 12 millions de Français ont vécu en 2011 dans des zones n’ayant pas respecté les valeurs limites annuelles relatives aux particules PM10.
Pour l’ozone, un seul événement de pollution photochimique d’ampleur nationale a été relevé vers la fin du mois de juin marqué par un bref épisode de fortes chaleurs. Plus de 10 % des stations de mesure concernées, principalement en situation de proximité automobile, ont dépassé les valeurs limites réglementaires de dioxyde d’azote dans l’air en 2011.
Les mesures structurelles nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’air feront également l’objet le 20 septembre prochain d’une réunion de travail avec les collectivités volontaires engagées dans l’élaboration de Zones d’actions prioritaires pour l’air (Zapa).
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Les polluants précurseurs sont des polluants atmosphériques impliqués dans une réaction chimique qui produit un polluant dit secondaire, plus nocif encore. Par exemple, l’ozone se forme (dans certaines conditions météorologiques) dans les couches proches du sol à partir de deux polluants atmosphériques, dits précurseurs: les oxydes d’azote et les composés organiques volatils (COV). Or, dans les couches basses de l'air, l'ozone est nocif pour l'homme et les végétau et est un gaz à effet de serre. ↩