Au regard de la situation actuelle au Mali et conformément aux orientations arrêtées par le président de la République en Conseil de défense, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a décidé d’adapter la mise en œuvre du plan Vigipirate en renforçant certaines mesures.
Le plan Vigipirate est un plan gouvernemental de vigilance, de prévention et de protection. Il a été conçu en 1978 en réponse à la vague d'actions terroristes qui frappait l'Europe. Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le plan a été totalement refondu, afin d’améliorer les capacités de l’État à faire face aux menaces potentielles sur la population, sur les activités d’importance vitale et sur la continuité de la vie nationale.
Quel est l'objectif de Vigipirate ?
L’objectif de Vigipirate est double. Il vise à la fois à protéger la population, les infrastructures et les institutions et à préparer les réponses en cas d’attaque. Il s'attache également à diffuser une culture de sécurité. Se basant sur le principe de responsabilité partagée, il incite chacun, qu'il soit citoyen ou acteur, à rester vigilant.
Quel est aujourd'hui le niveau d'alerte du plan Vigipirate ?
Le degré de vigilance du plan Vigipirate reste, à ce stade, au niveau rouge. Ce niveau permet de prendre les mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré d’un ou plusieurs attentats graves.
A la demande du Premier ministre, plusieurs mesures sont cependant renforcées depuis le 12 janvier 2013. Elles concernent tout particulièrement les transports publics notamment ferroviaires et aériens, la sécurité des bâtiments recevant du public et la sécurité des rassemblements de personnes.
Le Premier ministre a donné instruction à l’ensemble des ministres concernés pour une mise en application sans délai de ces dispositions.
Un communiqué du service de presse de Matignon précise que "le Gouvernement est mobilisé et reste attentif à l’évolution de la situation. Il prendra toutes les décisions utiles pour assurer la sécurité nationale".
Comment est géré le dispositif ?
Depuis janvier 2007, la dernière version du plan pose comme postulat que la menace terroriste doit désormais être considérée comme permanente. Cela implique l'application de mesures opérationnelles en toutes circonstances, même en l’absence de signes précis de menace.
Le plan Vigipirate repose sur une évaluation permanente de la menace par les services de l'Etat. Le déclenchement du plan ou le changement du niveau de l'alerte s'effectue au plus haut sommet de l'Etat (décision du Premier ministre en accord avec le président de la République) avec les ministères et le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).
- En savoir plus :
Organigrammes décisionnels, sur le site du SGDSN.
Plan Vigipirate, sur le site de la Prévention des risques majeurs
Quels sont les différents niveaux du plan Vigipirate ?
Le plan comporte quatre niveaux d’alerte référencés par un code couleur, facilitant la lisibilité du dispositif par la population. Ainsi, le niveau le plus faible (jaune) est celui d’une menace diffuse, le plus élevé (écarlate) vise à prévenir le risque imminent d’attentats majeurs. Les mesures mises en œuvre pour chaque niveau répondent aux objectifs suivants :
- Niveau jaune : accentuer la vigilance, face à des risques réels mais encore imprécis, par des mesures locales avec le minimum de perturbations dans l’activité normale. Il permet, dans un délai de quelques jours, de passer aux niveaux orange et rouge.
- Niveau orange : prévenir le risque d’une action terroriste considérée comme plausible. Des perturbations et contraintes modérées peuvent se répercuter sur l’activité normale. Il permet de passer rapidement aux postures des niveaux rouge et écarlate.
- Niveau rouge : prendre les mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré d’un ou plusieurs attentats graves, comprenant certaines mesures de protection des institutions, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, en acceptant les contraintes imposées à l’activité sociale et économique.
- Niveau écarlate : prévenir le risque d’attentats majeurs, simultanés ou non, pouvant utiliser des modes opératoires différents et provoquer des effets dévastateurs, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés ; des mesures particulièrement contraignantes peuvent être mises en œuvre.
