Programme E3 : chasse aux talents dans les quartiers
Dans le cadre de la Dynamique Espoir banlieues, Thierry Frère, directeur du cabinet C3 consultant, mène depuis mai 2008 une expérimentation originale pour accompagner la reprise ou la création d’entreprise par des habitants des quartiers prioritaires. Son programme E3 - Espoir, Energie, Entreprise a pour objectif d’épauler la personne dans son projet en lui apportant un soutien technique, stratégique et psychologique.
Programme E3 - Espoir, Energie, Entreprise
A l’heure où de nombreux chefs d’entreprise s’apprêtent à prendre leur retraite, le cabinet est chargé de détecter les futurs entrepreneurs. Agés de 18 à 40 ans, ils sont accompagnés tout au long de leur projet. "Nous les aidons durant un an, du montage de l’opération à la réalisation de projets aussi divers qu’une entreprise de services à la personne, un négoce de violons, un bar-brasserie, un commerce de restauration marocaine", témoigne Béatrice Jubien responsable du programme. "Nous sommes en quelque sorte le chaînon manquant pour faciliter la mise en relation avec les institutions, les experts-comptables et les banquiers".
Pour réussir sa mission, Béatrice Jubien a une position très claire "chaque fois que je vois rentrer quelqu’un dans mon bureau, c’est pour moi un chef d’entreprise en puissance. A aucun moment, je ne suis là pour juger la personne ou sélectionner le meilleur projet. J’estime avoir fait correctement mon travail quand la personne est en mesure de me dire : je ne suis pas faite pour être chef d’entreprise ou je me lance en toute connaissance de cause".
Et les résultats sont là. Au total, l’opération doit porter sur 40 personnes. Sur 67 reçues, 32 répondent aux critères du dispositif. Aujourd’hui, 10 ont créé leur entreprise et 2 ont trouvé un CDI pendant leur étude de marché.
ASCAD44 : le service d’aide à la personne à domicile
Anne, 37 ans, d’origine camerounaise, est en France depuis 7 ans. A son arrivé à C3 consultant, son projet d’entreprise de services à la personne ASCAD44 était déjà défini mais elle n’avait pas réussi à lancer son activité. "Au début, je démarchais des particuliers dans mon quartier mais personne n’était intéressé par une prestation à 18,50 euros de l’heure ! Béatrice m’a aidée à redéfinir ma cible et à surmonter ma peur de prospecter dans d’autres quartiers. Elle m’a aussi soutenue dans mes démarches de prospection téléphonique. J’étais traumatisée à l’idée que les personnes puissent me raccrocher au nez à cause de mon accent. "
Au lancement de l’activité, Béatrice a désamorcé un début de conflit entre Anne et l’une de ses clientes. "Anne n’arrivait pas à réaliser ses prestations dans les trois heures imparties par le contrat. Pour que ce problème ne se reproduise plus, nous avons réalisé à l’intention des clients, une fiche d’intervention type pour leur expliquer la nature des prestations et la durée nécessaire pour leur accomplissement. Grâce à cet outil simple, nous avons pu éviter l’échec."
Guillaume Lambert souligne qu’en période de crise économique : [verbatim:"les moyens supplémentaires alloués pour l’emploi dans le cadre de la Dynamique Espoir banlieues sont indispensables. Ils permettent à la fois d’anticiper les lignes de faille qui peuvent surgir dans les quartiers et de prévenir les mutations des bassins d’emploi en formant aujourd’hui les jeunes sur de nouveaux métiers. Nous devons veiller à ce que la mécanique ne s’interrompe pas."]