Ostréiculture : plan triennal de soutien à la profession touchée par la surmortalité des huîtres
Bruno Le Maire annoncé, le 26 mai, un plan de soutien à l’ostréiculture pour les années 2010-2012, une profession frappée par la surmortalité des huîtres depuis 2008. Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche a rappelé qu’il lancerait, le 22 juin prochain, les Assises de la conchyliculture "afin de fixer les axes d’avenir pour la filière conchylicole".
"Face à la crise majeure que traverse la conchyliculture, l’État sera présent aux côtés des professionnels," a affirmé Bruno Le Maire, mercredi 26 mai. La profession fait en effet face à un phénomène de surmortalité des huîtres creuses (Crassostrea gigas) depuis 2008. Principalement atteints, les naissains d'huîtres (de moins d'un an) subissent des taux de mortalité atteignant 80 %, voire 100 % pour de nombreux lots. En 2009, des surmortalités ont été recensées depuis avril. Comme en 2008, ce nouvel épisode revêt un caractère inquiétant par son ampleur.
À la suite de la crise de 2008, l'Ifremer a mis en place un Observatoire conchylicole pour acquérir des données d'observation sur la croissance et sur la mortalité des naissains d'huîtres. L'Institut français de recherche pour l'exploration de la mer a mis en avant la cause multifactorielle dans la mortalité des huîtres, mettant en jeu des agents infectieux (virus, bactérie) et la modification des facteurs environnementaux (élévation de la température des eaux par exemple).
Une meilleure coordination de la recherche
Bruno Le Maire a demandé à l'Ifremer de considérer ce dossier comme "prioritaire" en "accélérant les recherches" afin d'apporter les réponses plus rapides au phénomène de surmortalité." Il a également demandé de "réduire à 72 heures"- trois jours au lieu de quatre ou cinq - les résultats des tests sanitaires pratiqués dans les bassins." Pour rappel, depuis janvier 2010, les tests sont désormais des tests chimiques en remplacement du test "souris" jusqu'alors pratiqué. Autre avancée attendue, une meilleure coordination de la recherche et de l’appui technique à la filière conchylicole (Ifremer, CNRS, universités, centres techniques régionaux, professionnels).
Des mesures d'accompagnement durant la période transitoire
Afin de diversifier la provenance des huîtres, le plan préconise d'importer des souches de pays tiers. Une mesure inspirée des leçons de la biodiversité. Autre mesure visant à renouveler le cheptel : le réensemencement d’huîtres "résistantes".
Afin de mieux gérer les risques, le plan prévoit de constituer des fonds de mutualisation, une possibilité prévue dans le projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche. Toutefois, "les dispositifs d’accompagnement des entreprises, mis en œuvre depuis deux ans, seront à nouveau mobilisés, si un épisode de mortalités massives est constaté en 2010", précise le communiqué.