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Orienter la recherche en milieu marin vers la biodiversité

09.septembre2010
Fonds sous-marins au large de Saint Barthélémy - Photo : AFP.
Fonds sous-marins au large de Saint Barthélémy - Photo : AFP.
Jean-Yves Perrot, PDG de l'Ifremer, a remis le 26 août à Chantal Jouanno le rapport sur les priorités de recherche en biodiversité marine.

La biodiversité devient une évidence et une urgence. Nous sommes dans un "contexte marqué dans le monde par une érosion rapide de la biodiversité, tant continentale que marine", relève le groupe d'experts de l'Ifremer. En désignant l'année 2010 "Année internationale de la biodiversité", l'objectif des Nations unies est de sensibiliser et d'informer sur l'importance vitale de la biodiversité au sein des écosystèmes terrestres et aquatiques.

L’Ifremer s’est donné pour ambition de valoriser la biodiversité marine et les écosystèmes. Un défi scientifique qui touche l’ensemble du vivant, des côtes à la haute-mer, de la surface aux grands fonds. En ce qui concerne les océans, la France est au premier plan, "car elle a la responsabilité d’une zone économique exclusive (ZEE) qui est la deuxième au monde : de la mer du Nord à la Méditerranée occidentale, de Saint-Pierre-et-Miquelon aux Iles Crozet, de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française à la Réunion", précise le rapport.

Des axes de recherche en biodiversité marine…

Quels sont les besoins scientifiques nécessaires au développement d’une gestion rationnelle de la biodiversité ? L'Ifremer a dégagé cinq axes :

Où se situent les écosystèmes et quelle est la raison de leur géolocalisation ? Il faut inventorier et décrire la biodiversité dans ses lieux géographiques : variété, abondance, distribution des gènes, populations, communautés et écosystèmes. Il faut également évaluer l'impact des activités humaines sur les écosystèmes.

Comment et pourquoi la nature a-t-elle pu générer plus de 1,5 milliard d’espèces en moins de 4 milliards d’années ? Il convient de mieux connaître les caractéristiques biologiques des écosystèmes marins grâce à une connaissance des processus évolutifs et écologiques qui régissent la variété : quantité et qualité des gènes, des populations, des communautés. Parallèlement, il faut évaluer l'évolution, positive comme négative, de la biodiversité face aux activités humaines par une analyse des événements passés et présents.

Quelles sont les influences de la biodiversité naturelle sur les populations humaines ? Il convient d'analyser l'influence durable des systèmes de biodiversité sur les populations : grands cycles biogéochimiques, bénéfices socio-économiques associés pour les populations humaines, etc.

Comprendre la capacité adaptative des individus et groupes aux changements de la biodiversité marine : facteurs de changement dans l’utilisation de la biodiversité marine par l’homme à différentes échelles (dimensions économique, sociale, culturelle et institutionnelle ainsi que politique).

Enfin, l'Ifremer met en avant l'importance de mise en place d'outils de gestion innovants, d'indicateurs écologiques, économiques, sociaux et organisationnels permettant de mesurer les changements en termes de biodiversité.

… Aux préconisations de projets de recherche concrets

Deux projets "phares" de recherche sont mis en avant par l'Ifremer :

Photo : Ifremer
Photo : Ifremer
Le premier concerne le développement toxique des micro-algues. Fort de son expérience, l'Ifremer "devrait animer la recherche sur les micro-algues en France métropolitaine et en outre-mer", préconise le rapport.


Photo : Ifremer
Photo : Ifremer
Le second concerne la biodiversité des écosystèmes profonds dont la connaissance est encore très sommaire, souligne le rapport. "L'Ifremer doit conserver un rôle de chef de file dans ce domaine", précise le rapport qui met en avant la communication relative aux métaux stratégiques, présentée en Conseil des ministres le 27 avril 2010 qui avait promu "le développement de nouveaux outils d’exploration facilitant l’extraction et la transformation des métaux stratégiques, confié au BRGM et à l’Ifremer".



Photo : Ifremer
Photo : Ifremer
L'action de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploration de la mer)

Créé en 1984, l'Ifremer contribue à la connaissance des océans et de leurs ressources, à la surveillance du milieu marin et du littoral. Il conçoit des outils d'observation, d'expérimentation et de surveillance. Il gère la flotte océanographique française pour l'ensemble de la communauté scientifique. Budget annuel : environ 235 millions d'euros.

L'Ifremer est placé sous la tutelle du Meeddm, du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et du ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche.
Source : Ifremer