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Nicolas Sarkozy : "Une politique agricole commune fondée sur les prix et la préférence communautaire"

09.mars2010
Photo : Elysée
Photo : Elysée

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a prononcé un discours liminaire lors de la table ronde sur la situation de l'agriculture française qui s'est tenue, le 6 mars au Salon de l'Agriculture. Il a exposé sa vision de l'agriculture de demain : "une nouvelle politique agricole commune fondée sur des prix et sur la préférence communautaire."

Le président de la République était parmi les agriculteurs à l'occasion du grand rendez-vous annuel du Salon de l'agriculture pour réaffirmer son soutien sans faille à l'agriculture française. Un secteur particulièrement frappé par la crise. "Je ne cèderai pas un demi-millimètre" pour éviter l'implosion du système, a-t-il déclaré. "Je ferai pour l'agriculture française et européenne ce que nous avons essayé de faire quand il y a eu la crise financière. […] Nous avons vu ce que la dérégulation des marchés pouvait apporter comme catastrophe en matière financière", a-t-il ajouté, mettant en avant le cheval de bataille qu'est la régulation des marchés de matières premières agricoles.

Des mesures d'urgence pour faire face aux crises…

"L'argent sera là pour financer tout ce qui […] permettra de passer le gros de la crise", a déclaré Nicolas Sarkozy. Quatre mois après l'annonce d'un plan d'urgence en faveur de l'agriculture française à Poligny, le président de la République a annoncé un complément de financement au plan de soutien :

  • 800 millions d'euros supplémentaires s'ajoutent au milliard d'euros de prêts à taux bonifiés de trésorerie et de consolidation sur 5 ans ;
  • 50 millions d'euros supplémentaires viennent augmenter l'enveloppe initiale de 100 millions pour la prise en charge des intérêts bancaires.

Le président de la République a en outre rappelé les mesures d'urgence en faveur des agriculteurs à la suite des ravages causés par la tempête Xynthia. Pour permettre l'indemnisation des pertes financières dues aux dommages causés aux récoltes non assurables, une première enveloppe de 5 millions d'euros (pour un montant total de 20 millions) a été débloquée. Les agriculteurs ayant subi des pertes importantes pourront bénéficier d'un allègement de charges financières et d'une prise en charge des cotisations sociales pour les aider à faire face aux coûts de redémarrage de leur activité de production.

…et structurelles pour repenser l'organisation économique de l'agriculture

"Avec Bruno Le Maire, on essaye d'élaborer des solutions structurelles pour résoudre vos problèmes", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Il faut se consacrer à ce qui est à cinq, à dix ans" et apporter des solutions qui ne soient pas des impasses. Or, a expliqué le Président, les subventions mènent vers une impasse car il faut les rembourser. Pour qu'un agriculteur puisse vivre de son savoir-faire, "la question des prix est absolument centrale. […] Ma conviction, c'est que l'avenir de l'agriculture ce sont des prix", a-t-il déclaré.

Prix encore, mais au sein de l'Hexagone. "Il y a un problème du partage de la valeur ajoutée", a déclaré Nicolas Sarkozy pour qui la solution est dans la mise en place d'une politique de contractualisation sur la qualité des produits et des prix entre les producteurs et la distribution. Pour ce faire, le chef de l'État a plaidé pour un regroupement des producteurs pour peser dans les discussions avec la distribution. Le Président va plus loin : "j'ai dit à Bruno Le Maire que les soutiens octroyés aux filières doivent être donnés en contrepartie du regroupement des producteurs".

Une politique de prix dans laquelle la régulation des marchés de matières premières doit tenir toute sa place. La régulation des marchés, un thème que la France mettra au cœur du G20 lors de sa présidence en novembre prochain, a annoncé le chef de l'État.

Autre position forte de la France, celle de la préférence communautaire. "La position est très claire. On est souple sur la question des subventions. Mais on sera rigide sur la question de la préférence communautaire et des prix. […] Je suis prêt à accepter qu'on diminue la part des dépenses agricoles dans le budget communautaire à condition qu'on fasse de la préférence communautaire", a déclaré Nicolas Sarkozy.


Les choses sont très claires dans mon esprit. Ce sera une nouvelle politique agricole commune (Pac) fondée sur des prix, sur la préférence communautaire.
Nicolas Sarkozy



"S'agissant de l'Europe, la France est le pays qui est en tête pour la nouvelle politique agricole commune (Pac)", a déclaré le chef de l'État qui prendra l'initiative, lors du prochain Conseil européen, de défendre la place centrale de l'agriculture dans la stratégie économique que l'Union européenne va définir pour les dix prochaines années. Nicolas Sarkozy reste ferme : "l'agriculture ne sera pas la variable d'ajustement. Je ne reculerai pas d'un centimètre."

Pour défendre la position française, Nicolas Sarkozy a demandé aux représentants des syndicats des filières agricoles et agroalimentaires français de définir avant la fin du premier semestre de 2010 une position commune sur les outils de régulation de la Pac 2013 et leur financement.

Photo : Elysée
Photo : Elysée
Lors de la table ronde, le chef de l'État a présenté une stratégie nouvelle pour préparer la réforme de la Pac de 2013. Il proposera à "Angela Merkel que Bruno le Maire et sa collègue allemande leur remettent avant le mois de septembre prochain des propositions communes sur les outils de régulation des marchés agricoles à promouvoir en Europe et leurs financements", selon le communiqué de presse. Des propositions qui serviront de base de travail dans les discussion avec les États membres de l’Union européenne, le Parlement européen et la Commission européenne.

Repenser l'agriculture pour un modèle de développement durable

Le président de la République a enfin annoncé un changement de méthode dans la préparation et la mise en œuvre des mesures environnementales dans l'agriculture, avec pour maître-mot, le "pragmatisme". Il a demandé à Bruno Le Maire et Jean-Louis Borloo de tenir un groupe de travail chargé de définir la nouvelle méthode d'analyse des mesures environnementales. Elle devra comporter :

  • une analyse comparée avec ce qui se fait dans les autres pays de l'Union européenne ;
  • une étude d'impact économique et social sur les filières françaises ;
  • un chiffrage du bénéfice attendu pour la société dans son ensemble.