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Nicolas Sarkozy présente la réforme du lycée

15.octobre2009

Le président de la République a présenté les grandes lignes de la réforme du lycée, le 13 octobre, en présence de Luc Chatel, de responsables de l'Éducation nationale et de lycéens. Une réforme marquée du sceau de "l'exigence", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a écarté toute idée d'immobilisme. La réforme se fera avec l'ensemble des acteurs de la communauté éducative.

Sur la base des orientations présentées par le président de la République, une large concertation va s'ouvrir dans les prochaines semaines. "Tout ne doit pas se décider rue de Grenelle, chacun des établissements doit trouver les solutions les mieux adaptées", a précisé Nicolas Sarkozy, le 13 octobre lors de sa présentation des grandes lignes de la réforme du lycée. D'ores et déjà, Luc Chatel a entamé un tour de France des lycées pour présenter la réforme et recueillir les réactions de toutes les parties prenantes. Les ultimes décisions seront, elles, prises avant la fin de l'année, a précisé le chef de l'État.

L'orientation, le rééquilibrage des séries, l'accompagnement personnalisé, l'apprentissage des langues, l'ouverture culturelle et artistique et l'apprentissage de l'autonomie constituent les grands chantiers de la réforme du lycée.

Une orientation progressive et réversible

Pour le chef de l'Etat, le système d'orientation est un "chantier prioritaire dont tout le reste dépend". Il va connaître une "véritable révolution".

Aujourd'hui, le système scolaire ne permet pas aux jeunes de se réorienter. "Nous allons instaurer un droit à l'erreur", a déclaré le chef de l'État. L'orientation va désormais être réversible. Le redoublement, qui était la règle pour changer de voie, deviendra l'exception.

Une orientation réversible mais également progressive grâce à la mise en place pendant les vacances de stages-passerelles. Effectués en cours d'année ou à la fin de l'année, ces stages apporteront des compléments de programmes, et faciliteront le passage d'une série à une autre. Les élèves auront également accès à des stages de remise à niveau, pour changer d'orientation ou pour éviter un redoublement.

Plus généralement, le parcours de spécialisation doit être plus progressif : "la classe de première doit devenir plus générale. Celle de terminale, au contraire, doit être davantage connectée au parcours projeté dans le supérieur."

Une meilleure orientation passe aussi par une meilleure information sur les différentes filières et leurs débouchés. Afin de garantir l'accès de tous à l'information, Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation du dispositif d'aide à l'orientation expérimenté dans les académies d'Amiens, de Bordeaux et de Limoges. Ce dispositif de plate-forme d'information multimédia propose à chaque lycéen un accueil personnalisé.

"Le système d'orientation est aujourd'hui trop déconnecté de l'enseignement supérieur et du monde du travail", a déploré le président de la République. Des "partenariats systématiques" seront donc noués avec l'enseignement supérieur et le monde professionnel. "Les services partagés de professeurs entre le scolaire et le supérieur seront développés", a précisé le chef de l'État.

Afin d'accentuer l'effort sur les dispositifs de découverte professionnelle, "les stages en entreprises seront fortement encouragés", a-t-il déclaré. A cette fin, chaque lycée devra constituer une banque de stages pour que les élèves aient accès à une information centralisée.

Un véritable parcours technologique et une série littéraire revalorisée

Aujourd'hui, la série scientifique attire les bons élèves non par goût de la matière mais parce que "c'est là que l'on trouve les bons élèves", a déclaré Nicolas Sarkozy. La réforme vise donc à modifier "la hiérarchie implicite des voies et des séries qui mine le lycée républicain".

Pour revaloriser les profils littéraires, trois solutions sont retenues :

  • la création d'un enseignement de langues et de civilisations étrangères. Le chef de l'État souhaite que les lycéens choisissant cette filière pratiquent une voire deux langues étrangères ;
  • l'introduction de disciplines nouvelles, comme le droit ;
  • un enseignement culturel et artistique de haut niveau.

Par ailleurs, la réforme propose de créer un véritable parcours technologique permettant de déboucher sur les métiers d'ingénieur et de technicien supérieur. Pour ce faire, la filière "Sciences et technologies industrielles" (STI) sera rénovée, avec une offre d'enseignements plus lisible. Les élèves qui choisiront cette spécialisation auront des places réservées en IUT et BTS. Enfin, des classes préparatoires spécifiques seront mises en place afin de multiplier les possibilités d'intégrer les écoles d'ingénieur.


Un accompagnement personnalisé pour tous les élèves

Le dispositif d'accompagnement personnalisé a déjà été mis en place avec succès dans le primaire et au collège. Les élèves de seconde bénéficieront, eux aussi, dès la rentrée 2010, de deux heures hebdomadaires d'accompagnement personnalisé. Un dispositif qui sera étendu en 2011 et 2012 aux classes de première et de terminale. Cet accompagnement prend la forme de séances en petits groupes. Organisées pour apporter un soutien aux élèves en difficulté, elles permettent d'approfondir des connaissances, de porter une réflexion sur l'orientation ou de monter un projet collectif.

Le dispositif ne débouchera pas sur plus d'heures de cours, a précisé le chef de l'État : les élèves français travaillent déjà en moyenne cent heures de plus par an que dans les autres pays de l'OCDE.

Des lycéens bilingues

"Tous nos lycéens doivent devenir bilingues et trilingues pour certains", a déclaré le chef de l'État qui a annoncé le lancement d'un plan d'urgence pour les langues vivantes étrangères.

Les élèves seront regroupés par "groupes de compétences". L'accent sera mis sur la communication et la pratique orale des langues. Les contacts avec les natifs seront développés par le biais des voyages linguistiques, mais aussi des visioconférences et des assistants de langues présents dans les établissements. L'enseignement en langue étrangère de certaines disciplines fondamentales (histoire, sciences…) sera développé.
De plus, chaque lycée aura l’obligation de nouer un partenariat avec un établissement étranger.
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Redonner à la culture sa place centrale

"Nous devons réformer nos manières de penser et considérer l'éducation artistique et culturelle comme une des missions fondamentales de l'Education nationale", a déclaré le président de la République.

Un enseignement transversal d'histoire des arts sera créé et fera l'objet d'une évaluation au baccalauréat.

Afin d'ouvrir davantage le lycée sur le monde de la culture, les partenariats entre lycées et institutions culturelles seront systématisés. Le chef de l'État a également souhaité que le parrainage de lycées par des personnalités de la culture se développe. Chaque lycée instituera aussi un "référent culture" au sein des équipes pédagogiques, qui sera chargé des relations avec le monde de la culture.

Enfin, France Télévision va mettre en place une plate-forme internet de vidéos en ligne accessible dans les 4 500 lycées français. Elle donnera accès aux 200 grands classiques du cinéma mondial. Le chef de l'État a également appelé de ses vœux la mise en place, dans chaque lycée de France, de "l'équivalent moderne du ciné-club", une salle qui permette la projection de films. "Nous financerons ces projections s'il le faut, vous aurez une vidéothèque libre de droits", a-t-il précisé.

La prise de responsabilité et la conquête de l'autonomie

La conquête de l'autonomie passe par l'apprentissage de la responsabilité. Aujourd'hui, la participation des lycéens à la vie de l'établissement n'est pas suffisamment valorisée dans la scolarité. Désormais, l'engagement de l'élève sera reconnu grâce au "Livret de compétences", les initiatives qu'il prendra deviendront un élément d'appréciation pour son entrée en université. Ce livret permettra également de valoriser l'enseignement artistique.

"Si l'on veut que les lycéens puissent gagner leur autonomie, être heureux dans leur lycée, laissons-les prendre des responsabilités", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui souhaite que "de façon encadrée, l'on puisse déléguer aux lycéens certains compétences" relatives à la vie de l'établissement : restauration scolaire, aide sociale, aménagement des espaces…

La réforme vise aussi à faciliter la création et la gestion d'associations par les lycéens. À ce titre, il est proposé que l'âge légal de prise de responsabilité associative soit abaissé de 18 à 16 ans.

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Discours_PR_reforme_du_lycee.pdf