Nicolas Sarkozy : "L'agriculture est au coeur de la stratégie du développement économique de la France"
Nicolas Sarkozy a réuni, lundi 17 mai à l'Elysée, tous les acteurs de la filière agricole et de l’industrie agroalimentaire afin de débattre de l'amélioration de leurs relations commerciales et de signer un accord de modération sur les marges réalisées par la grande distribution sur les fruits et légumes. Renforcer la compétitivité de l'agriculture française, tel est le maître mot du discours d'ouverture du président de la République.
Soutenir l'agriculture et la pêche "c'est une question de stratégie économique. Avec l'agriculture et l'industrie agro-alimentaire, nous sommes au cœur de la stratégie du développement économique de la France", a déclaré le chef de l'État, à l'occasion de la table ronde organisée à l'Elysée en présence de Bruno Le Maire et Hervé Novelli et réunissant les différents acteurs de ces filières (agriculteurs, coopératives, industrie agroalimentaire, grande distribution, commerces). "Nous allons développer une stratégie globale pour arriver à nos fins", a déclaré le chef de l'État qui a rappelé la position française sur la scène européenne et internationale en matière de régulation des prix des marchés agricoles.
Sur le plan communautaire, il s'agit de réguler les marchés et de préparer la Pac 2013. "Nous poursuivons notre offensive pour promouvoir de nouveaux outils de régulation", a déclaré Nicolas Sarkozy. Et de préciser, "nous croyons à la liberté de marché et à la liberté du commerce […], mais la dérégulation ne profite ni aux productions ni aux consommateurs. C'est la part faite aux spéculateurs." Une bataille également menée au plan international. Le président de la République a annoncé que la "France prendra des initiatives fortes au moment de la présidence française du G20" en 2011. La France compte peser pour agir en faveur "d'une véritable régulation des marchés de matières premières agricoles."
"Nous poursuivons avec Bruno le Maire le renforcement de la compétitivité de l'agriculture avec la modernisation de nos filières agricoles afin de lui donner les moyens de se battre à armes égales", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Pour y parvenir, il convient de construire, selon les mots du Président, "un partenariat durable" entre producteurs, industriels et distributeurs. Avec deux idées fortes : la contractualisation entre les acteurs des filières agricoles et la transparence dans la répartition des marges.
- Le projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche (LMAP) prévoit de rendre obligatoire la contractualisation entre producteurs et acheteurs. Ce dispositif doit permettre de coordonner la demande des consommateurs et l'offre des producteurs. "La contractualisation, ce n’est pas seulement les prix, mais aussi la qualité des produits. Par la contractualisation, la distribution pourra discuter avec les organisations professionnelles des produits que veulent les consommateurs", précise Nicolas Sarkozy. Ce qui permettra aux acteurs de la filière de construire de véritables stratégies d'offres de produits. L'objectif du Gouvernement est de mettre en place des contrats avant la fin de l'année 2010 pour les filières lait et fruits et légumes. "Nous avons constaté un large consensus" sur ce sujet s'est félicité le président de la République qui a toutefois précisé "qu'en l'absence d'accord interprofessionnel, le Gouvernement déterminerait par décret le cadre de cette relation contractuelle."
- Deuxième idée, la transparence dans la répartition des marges. Comment se distribue la valeur ajoutée entre le producteur et le consommateur ? Une réponse que les producteurs et les consommateurs doivent avoir. C'est à cette fin, que L’Observatoire des prix et des marges va être inscrit dans le projet de loi pour la modernisation de l'agriculture et de la pêche. Un Observatoire est déjà en fonction depuis fin 2008 pour certains produits agricoles (viande de porc, produits laitiers, fruits et légumes). Ses données sont mises à jour tous les mois grâce aux informations fournies par des entreprises spécialisées et par l'Insee. Étendu à tous les produits alimentaires, il sera mis en place le 1er septembre 2010.
Le partage de l'effort en période de crise est également au menu des discussions. "Quand il y a une crise, il faut qu'il y ait un accord de modération de marges pour que le consommateur ne soit pas pénalisé", a déclaré le président de la République. L'État jouera son rôle. "Si dans l'avenir des accords de modération de marges n'étaient pas signés, alors nous demandons au législateur de voter le principe d'une taxe et cette taxe s'appliquerait", a déclaré le chef de l'État.
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