Nicolas Sarkozy : "garantir l'ordre républicain" en Seine-Saint-Denis
Le chef de l'Etat s'est exprimé le 20 avril à l'occasion de la prise de fonction du préfet Christian Lambert en Seine-Saint-Denis. Il a annoncé des mesures ciblées pour lutter contre la violence en milieu scolaire, notamment la création d'internats spécialisés et l'installation d'un policier référent dans les établissements les plus sensibles.
"Sans la sécurité il n'y a pas de développement, sans la sécurité il n'y a pas de progrès social", a déclaré le chef de l'Etat, qui a annoncé de nouvelles mesures pour "garantir l'ordre républicain" dans le département de Seine-Saint-Denis.
Les forces de police interviendront donc "sans restriction, aussi souvent que nécessaire dans tous les halls d'immeubles des cités touchées par la délinquance". Une mesure à effet immédiat. Priorité également au développement de la vidéoprotection, avec un objectif de 800 caméras installées en Seine-Saint-Denis avec l'aide de l'Etat.
Les opérations coup de poing se sont multipliées avec, notamment en janvier à Gonesse, la plus forte saisie de cannabis jamais réalisée. "Depuis le début de l'année, la police d'agglomération a réalisé 663 affaires de stupéfiants", a précisé le chef de l'Etat.
Suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié
Parce que "la violence en milieu scolaire est un phénomène dramatique qui compromet l'égalité des chances", le chef de l'Etat a annoncé des mesures fortes pour "protéger les établissements scolaires de la violence" :
- les allocations familiales seront "systématiquement" suspendues en cas d'"absentéisme scolaire injustifié". Le député Eric Ciotti déposera, dès la semaine prochaine, une proposition de loi dans ce sens à l'Assemblée nationale. Il s'agit de viser particulièrement les cas de "mineurs très jeunes qui ne vont pas à l'école sans même que les parents ne le signalent" et sont ensuite utilisés par les trafiquants ;
- dès la rentrée prochaine, des établissements spécialisés seront créés pour "accueillir des jeunes de moins de 16 ans qui rendent la vie impossible au sein de l'établissement scolaire auquel ils appartiennent". Ces établissements de type internats n'accueilleront que les mineurs qui ne relèvent pas d'autres dispositifs (comme les centres éducatifs fermés). Deux établissements de ce type seront créés en Seine-Saint-Denis.
Un policier référent proposé aux chefs des établissements les plus sensibles
Le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Education nationale vont rencontrer ensemble les 53 chefs des établissements connus comme "particulièrement sensibles". Ils leur proposeront "la désignation d'un policier ou d'un gendarme référent". Celui-ci pourra "recevoir les jeunes tentés par les chemins de la délinquance" et "écouter les enseignants qui peuvent avoir peur de tel ou tel", a annoncé le président de la République. "Nous demanderons [aux 53 chefs d'établissement] un bureau pour que ce policier ou gendarme référent puisse passer une ou plusieurs fois par semaine", a-t-il ajouté.
"Ces policiers ou gendarmes référents ne seront engagés dans ces établissements que sur la base du volontariat des établissements." Si le chef d'établissement ne le veut pas, il le signalera par écrit au ministre de l'Intérieur et au ministre de l'Education nationale.


