Skip to Content

Nicolas Sarkozy annonce des mesures pour lutter contre la précarité des jeunes

30.septembre2009

Nicolas Sarkozy a annoncé à Avignon, le 29 septembre, un plan en faveur des jeunes âgés de 16 à 25 ans. Au coeur des mesures : l'autonomie financière des moins de 25 ans avec, notamment, l'extension du Rsa, le renforcement de l'orientation, l'insertion professionnelle et la formation, le service civique...

"Bâtir une politique structurelle de la jeunesse", c'est l'ambition des mesures présentées par le président de la République ce 29 septembre à Avignon. Ces mesures sont inspirées du Livre vert sur la Jeunesse, remis par Martin Hirsch le 8 juillet.

"Les jeunes d'aujourd'hui sont confrontés au défi d'un monde en crise. Une crise dont la jeunesse n'est pas responsable mais qu'elle subit", a reconnu le chef de l'Etat qui a appelé à la responsabilité "d'adulte pour leur tendre la main et trouver [...] les moyens d'une politique de la jeunesse, qui ne soit pas de l'assistanat mais qui permette à chaque jeune de se construire un avenir de façon autonome". Il a également insisté sur la nécessité d'aider tous les jeunes en proposant des réponses adaptées à leur situation.

"Aucun jeune en difficulté ne sera laissé seul à son sort. Aucun jeune ne sera laissé sans emploi, sans formation, sans accompagnement", a insisté le président de la République. Autonomie financière, renforcement de l'orientation, insertion professionnelle et valorisation de l'engagement des jeunes sont les principales mesures retenues par le chef de l'Etat.

Autonomie financière

Les jeunes de moins de 25 ans auront désormais accès au Revenu de solidarité active. Seule condition : avoir travaillé un minimum de deux ans sur une période de trois ans. Souhaitant valoriser les jeunes travailleurs, Nicolas Sarkozy a contesté l'idée que "25 ans soit une limite au-delà de laquelle on a un droit et en deçà de laquelle on perd ce droit". "Les Français ne peuvent pas bénéficier de droits sociaux différents, sur la seule base de leur âge", a-t-il insisté. Et de poursuivre "ce n'est pas de cette manière que l'on encouragera ceux qui prennent tôt leurs responsabilités d'adultes".
Pour mettre en oeuvre ce Rsa jeune, une enveloppe de 250 millions sera dégagée dès 2010.
Pour le chef de l'Etat, il s'agit là d'"un changement fondamental", parlant "d'un nouveau droit pour les jeunes travailleurs", il a réfuté l'idée d'un "RMI jeune" ou "de l'assistanat".

Les étudiants dont les cursus se sont allongés (ou s'allongeront prochainement) sur dix mois dans le cadre du plan réussite en licence percevront un dixième mois de bourse. Pour éviter les abus, l'assiduité sera une condition du maintien de la bourse. Dans l'optique de l'allongement du calendrier universitaire, l'accès aux bibliothèques et aux salles informatiques devra être possible dès septembre 2010.

Le doublement à 200 euros de l'aide pour bénéficier d'une assurance complémentaire santé sera effectif dès 2010. Son coût est évalué 30 millions d'euros.

Une enveloppe de 50 millions sera attribuée à Martin Hirsch pour conduire des expérimentations dans différents domaines. Trois outils seront testés :
- des aides spécifiques seront allouées aux 16-18 ans décrocheurs du système scolaire, qui feront l'effort de suivre un parcours de réinsertion. Gérées par un référent, chargé de les encadrer, ces aides pourront financer des dépenses indispensables à l'insertion, notamment un permis de conduire, une formation, etc.
- une dotation autonomie permettrait aux 18-25 ans de bénéficier directement d'une partie des aides publiques (allocations familiales, quotient familial...) jusque là attribuées aux parents.
- une garantie minimale de ressources sera versée aux 18-25 ans peu qualifiés ou au chômage depuis une longue durée. Ils bénéficieront d'un accompagnement intensif et devront accepter toute offre de formation ou emploi proposé par leur référent.

Renforcement de l'orientation

Un grand service public de l'orientation sera mis en place pour remédier aux principaux défauts des dispositifs actuels qui sont trop dispersés et pas assez efficaces. Dès la rentrée 2010, le service public de l'orientation sera doté d'une plate-forme téléphonique et internet commune.

L'orientation sera placée au cœur de l'éducation nationale. Le chef de l'Etat a défendu "une orientation progressive pendant tout le lycée, de la seconde à la terminale" et un "droit à la réorientation en cours d'année, car on peut se tromper". L'objectif est de rompre avec les parcours d'échec.

Un livret de compétences sera expérimenté pour valoriser les compétences des jeunes au-delà des seuls résultats scolaires. Ainsi, pourront y être mentionnées des aptitudes acquises dans des activités associatives, sportives, etc. Il sera expérimenté, dès la rentrée 2010, dans des établissements volontaires.

Insertion professionnelle

Un suivi systématique du décrochage scolaire. Dès 2010, un budget de 30 millions d'euros permettra de repérer les jeunes en difficultés et de leur offrir une solution immédiate (place en école de la deuxième chance, contrat d'apprentissage, formation). Objectif : toucher les 100 000 jeunes qui décrochent chaque année et sortent du système scolaire sans aucune perspective.

Un droit à la formation ou à l'emploi pour les 16-18 ans prolongera de façon différente l'obligation scolaire et permettra de ne laisser aucun jeune sans accompagnement et soutien. L'Etat devra assurer aux jeunes qui quittent le système scolaire un suivi, des conseils et une offre de formation et/ou d'emploi. Les missions locales seront un pivot de l'accompagnement des jeunes. 40 millions d'euros leur seront alloués pour la prise en charge de ces publics.

La formation en alternance sera renforcée et le statut des apprentis amélioré. Ils bénéficieront des avantages inspirés de ceux accordés aux étudiants. Par ailleurs, la fonction publique qui ne compte que 6 000 apprentis devra prendre des mesures pour en accueillir davantage. Le chef de l'Etat a également plaidé pour un Erasmus des apprentis au même titre que celui des étudiants.

Les pré-recrutements dans le secteur privé seront autorisés. A la demande du président de la République, les partenaires sociaux devront prochainement proposer un cadre juridique permettant aux entreprises qui le souhaitent de financer les études d'un jeune. Ce financement se fera contre un engagement de leur part à travailler ensuite dans l'entreprise concernée. Le chef de l'Etat a également insisté pour interdire définitivement les stages hors cursus.

Engagement des jeunes

Le service civique, pour lequel une proposition de loi a été déposée au Sénat, devrait permettre l'intégration de 10 000 jeunes dès 2010. A terme, l'objectif visé est de 10 % d'une classe d'âge.

La mobilité européenne sera développée pour les jeunes qui n'en bénéficient pas. Enfin le bénévolat des jeunes sera pleinement encouragé et ses acquis valorisés. Une pré-majorité à 16 ans pourrait être accordée pour certains actes (créer une entreprise, présider une association ou en être le trésorier).

La politique en faveur des jeunes tend "à apporter des réponses concrètes sur des nœuds de rupture auxquels il convient de s'attaquer. Cette politique n'est ni de gauche, ni de droite. Elle est d'intérêt général", a précisé le chef de l'Etat. Et de conclure, "un pays ne peut pas avoir peur de sa jeunesse. J'ai confiance en vous".