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Nantes : l’enjeu des quartiers prioritaires

23.avril2009

"L’accumulation des difficultés sociales et économiques dans certains quartiers peut être source d’isolement urbain et de fragmentation sociale, contre lesquels il convient de se mobiliser. En Loire-Atlantique, 21 quartiers connaissant ce type de difficultés sont concernés par un contrat urbain de cohésion sociale (Cucs)1", précise Guillaume Lambert, sous-préfet à la Politique de la ville.

"Pour réduire le chômage qui touche les habitants des quartiers, et particulièrement les jeunes, les actions du Cucs visent à faire découvrir des métiers porteurs, à aider les entreprises à mieux formaliser leurs besoins et à lutter contre les discriminations à l’embauche."

Les délégués du préfet : "sont pour moi un sixième sens"

Dans le cadre de la Dynamique Espoir banlieues, Guillaume Lambert peut pour mener à bien sa mission s’appuyer, depuis janvier 2009, sur 6 délégués du préfet pour l’ensemble des quartiers prioritaires. "Courroies de distribution, ils relaient au quotidien les actions engagées en faveur des quartiers. Ils sont pour moi un sixième sens. Agents de terrain, ils m’informent en temps réel de la vie des quartiers, identifient les signes avant-coureurs des problèmes et m’alertent, dès que cela est nécessaire, pour mobiliser les services de l’Etat".
Au sud de Nantes, Françoise Bayle, déléguée du préfet, arpente le Clos-Toreau, un des quartiers dont elle a la responsabilité. Son rôle ? Réaffirmer la présence de l’Etat au plus près des habitants. "Ce matin, je suis avec Patrick Bertu, chef du projet pour le contrat urbain de cohésion urbaine, et Philippe Fromental, directeur du centre socio-culturel. Je prends le pouls du quartier et constate la bonne marche des opérations de rénovation urbaine," explique-t-elle.

"L’objectif du désenclavement de Clos-Toreau se poursuit, commente Patrick Bertu. Un certain nombre de transformations sont déjà visibles sur le secteur comme le retraitement de l’ancienne autoroute 801 en boulevard urbain. Auparavant, seule une passerelle permettait aux habitants de sortir de l’îlot et de rejoindre en toute sécurité la zone commerciale située de l’autre côté de l’autoroute. Aujourd’hui, le Clos-Toreau s’ouvre sur le quartier Joliot-Curie/Saint-Jacques et sur la ville grâce à la mise en service de la ligne 4 du Busway".

Philippe Fromental souligne que "le centre socioculturel est aussi un atout pour désenclaver le quartier. De nombreux habitants aux alentours viennent participer aux activités. C’est un trait d’union entre plusieurs quartiers.

C’est dans ce cadre qu’a été organisée l’opération Pass’Ado qui a permis d’accueillir, l’année dernière, vingt-quatre adolescents pour les impliquer dans la gestion quotidienne de la cité en lien avec la rénovation urbaine du quartier. "L’idée est de leur proposer une action citoyenne, une activité valorisante et de les amener à un rapport positif au travail," explique Philippe Fromental.

Un partenariat avec Nantes Habitat a permis de les sensibiliser aux règles qui régissent les travaux du quartier, à la sécurité, mais aussi à la propreté, au recyclage... "L’objectif est qu’ils acquièrent de nouvelles connaissances, et qu’ils les retransmettent en devenant agents de prévention et de formation auprès des plus jeunes." En échange du service rendu, le dispositif prévoit l’autofinancement d’activités et de séjours pour les jeunes. Durant quinze jours au mois de juillet, ils sont ainsi partis en vacances dans les Pyrénées. "Le projet de rénovation urbaine prévoit la construction d’un nouveau centre socioculturel et il est primordial de s’y tenir !", fait ainsi valoir Philippe Fromental.

Une maison de l’emploi au cœur du quartier

Autre enjeu pour le quartier : l’emploi. Les habitants rencontrent des difficultés et souffrent de discriminations dans leur parcours vers l’emploi. Avec un taux de chômage de 40 %, deux fois supérieur à celui des autres quartiers urbains, les jeunes sont les plus touchés. Pour Guillaume Lambert "les problèmes de l’emploi des jeunes sont variés. Ils peuvent être diplômés, sans qualification ou non recensés par Pôle emploi".


Pour suivre au plus près cette problématique, Françoise Bayle se rend à la Maison de l’emploi du quartier prioritaire de Rezé-Pont Rousseau. Guichet unique, la Maison de l’emploi rassemble les services de l’Etat, Pôle emploi et Nantes Métropole. Elle accueille et oriente des demandeurs d’emploi et veille à la prévision des besoins de main-d’oeuvre et de reconversion des territoires. "L’enjeu de sa création en 2006 a été de se rapprocher des personnes les plus éloignées de l’emploi et de mettre à leur disposition les ressources nécessaires pour qu’elles puissent retrouver une activité ", explique Patrick Rimbert, vice-président de Nantes Métropole.


En charge du pilotage du groupe solidarité emploi (GSE), la Maison de l’emploi établit des plans ciblés de réduction du chômage en répondant aux problèmes spécifiques du terrain. Ainsi la forte proportion de familles monoparentales au Clos-Toreau a conduit à réfléchir à des solutions de garde d‘enfants. Grâce à ce dispositif, les parents ont pu travailler et des emplois ont été créés.

Des perspectives pour les jeunes diplômés

Pour ce qui est des jeunes diplômés issus des quartiers, Guillaume Lambert constate : "On ne compte plus les jeunes diplômés qui, découragés par des recherches infructueuses, acceptent un boulot alimentaire et disparaissent à jamais des circuits. Pour casser cette logique, Pôle emploi a retraité ses données pour identifier le lieu de résidence des demandeurs d’emploi et non plus seulement leur niveau de qualification."

Parmi les 148 jeunes diplômés de moins de 30 ans détectés en novembre 2007, la moitié a le niveau bac + 2 et l’autre un niveau supérieur. Aujourd’hui, 98 ont trouvé un emploi. Un nouveau groupe de 131 jeunes diplômés est suivi, selon le même dispositif, depuis la mi-mai 2008. Pour augmenter leur proportion dans l’emploi et sécuriser leur parcours, les jeunes sont accompagnés de manière renforcée par un référent unique.


  1. Passé entre l’Etat et les collectivités territoriales, le Cucs est un contrat qui engage, depuis 2006, chacun des partenaires à mettre en œuvre des actions concertées pour améliorer la vie quotidienne des habitants dans les quartiers connaissant des difficultés. La loi de finances pour 2008 prévoit de faire en 2009 le bilan de la première période triennale des Cucs et de réfléchir à la révision éventuelle de la carte des zones urbaines sensibles.