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Mobilisation des pouvoirs publics contre les algues vertes

13.août2009
Photo : MEEDDM/Laurent Mignaux
Photo : MEEDDM/Laurent Mignaux

La prolifération des algues vertes qui touche actuellement le littoral de la Bretagne, en particulier les Côtes d’Armor, n’est pas un phénomène récent. L’Etat et les collectivités locales mènent depuis dix ans des actions préventives pour enrayer ce phénomène. La préfecture des Côtes d’Armor a tenu une conférence de presse à ce sujet le 7 août dernier.



A l’origine des algues

Ce phénomène apparaît chaque année de mai à octobre. Il est dû à une combinaison de trois facteurs :

  • une géographie propice : baies fermées ou confinées (Baie de Saint-Brieuc ou de Saint-Michel en Grève)
  • une température de l’eau et un éclairement suffisant : les baies sableuses peu profondes sont ainsi des sites particulièrement favorables au développement des algues vertes
  • une surcharge en azote de l’eau des rivières qui se jettent dans ces baies : l’apport azoté sur les sols a été trop souvent plus important que les possibilités d’absorption réelles des plantes ; le surplus d’azote a ruisselé vers les rivières et a entraîné leur surcharge en azote. Cet azote s’est logiquement retrouvé rejeté en mer ce qui permet aux algues vertes de proliférer.



Les axes d’intervention de l’Etat

En Bretagne, la lutte contre le développement du phénomène des algues vertes s’inscrit dans le cadre plus général de la reconquête de la qualité de l’eau. La politique que l’Etat a développé depuis plus de 10 ans a permis de mettre en place un certain nombre d’outils pour reconquérir cette qualité de l’eau et donc agir sur le phénomène des algues vertes.

Six axes d’intervention :

1 - Les programmes d’action "Directive nitrates" :

Ces programmes visent à mieux protéger les eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole. Ils ont imposé aux exploitants agricoles, depuis 1996, une quinzaine de mesures dont le but est de limiter les taux de nitrates dans les rivières : limitation des apports azotés sur certaines zones du département (zone d’excédent structurel : limitation de l’apport à 170 ou 140 unités d’azote par hectare), limitation d’extension des cheptels sur certains secteurs sensibles, obligation de stockage des effluents d’élevage... Le 4e plan d’actions signé par le préfet le 29 juillet 2009 renforce ce dispositif en prévoyant notamment la mise en place de bandes enherbées ou boisées le long de tous les cours d’eau, la couverture hivernale des sols en zone vulnérable...

2 - Les programmes d’action Bassins Versants contentieux

Programme d’actions mis en oeuvre dans 9 bassins versants bretons dont 6 dans les Côtes d’Armor suite au contentieux ouvert par la Commission européenne contre la France. Ce programme vise en particulier à limiter sur ces zones, les apports d’azote.

3 - La mise en place de moyens incitatifs : les mesures agri-environnementales (MAE)

  • mise en place d’aides financières à l’attention des exploitants agricoles afin de modifier leur système d’exploitation et ainsi utiliser moins d’azote :
  • favoriser l’agriculture biologique
  • favoriser le développement d’un système d’élevage fondé sur le fourrage plus économe en apport d’engrais (azote)



    4 - Les contrôles des exploitations agricoles

  • L’Etat a fortement renforcé le contrôle des exploitations agricoles : 1500 exploitations vérifiées chaque année sur l’ensemble du département sur 9 000 exploitations,

  • 16% des exploitations costarmoricaines sont contrôlées chaque année par 20 inspecteurs de l’Etat.

5- Les actions d’accompagnement et de soutien des collectivités

L’Etat sensibilise chaque année les acteurs intervenant en matière de ramassage des algues vertes sur les aspects sanitaires de ce phénomène par l’envoi annuel aux communes littorales et aux professionnels du secteur de conseils et de recommandations, ainsi que de consignes pour l’information du public.

Les maires, en tant qu’autorité de police sur le territoire communal, organisent avec efficacité depuis de longues années cette collecte et ont pris les mesures de prévention et de réglementation des zones touchées par les algues vertes.

6-L’accompagnement financier des communes par l’Etat

L’Etat a ouvert la possibilité pour les communes concernées de recevoir des subventions d’investissement afin de participer au financement d’équipement nécessaire à la collecte et au traitement des algues échouées.