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"Mettre l’Allemagne et la France au service de l’Europe et d’une nouvelle régulation dans le monde"

09.février2010
Conseil des ministres franco-allemand, le 4 février à l'Elysée. Photo : AFP
Conseil des ministres franco-allemand, le 4 février à l'Elysée. Photo : AFP

A l'issue du 12e Conseil des ministres franco-allemand qui s'est tenu le 4 février à l'Elysée, la France et l'Allemagne ont dévoilé 80 mesures destinées à renforcer leur coopération jusqu'en 2020. La volonté de promouvoir une nouvelle régulation dans le monde et de faire émerger en commun une croissance forte et durable au sein de l'Union européenne est au cœur de ces mesures.

"Avec la Chancelière, nous avons la volonté de mettre l’Allemagne et la France au service de l’Europe et d’une nouvelle régulation dans le monde", a déclaré le président de la République lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande, Angela Merkel, clôturant le 12e conseil des ministres franco-allemand. Première échéance le 11 février où la France et l'Allemagne prépareront ensemble le prochain sommet européen. "Nous y présenterons des propositions communes sur des sujets extrêmement importants à nos yeux : celui du gouvernement économique des Vingt-Sept, qui est un point qui fait l’objet d’un grand accord entre nous ; celui des conséquences à tirer de Copenhague ; celui de la préparation de la présidence française du G8 et du G20, que nous allons gérer ensemble avec, notamment, des questions essentielles à nos yeux comme la réforme du système monétaire international, qui fera l’objet de propositions franco-allemandes", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Autre point qui sera abordé en commun : celui des suites à donner aux travaux de la commission Stiglitz sur les nouveaux indicateurs de croissance. "La France et l’Allemagne demanderont à l’Union européenne de prendre l’initiative d’élaborer, au niveau européen, des propositions concrètes permettant d’adapter les modes de calcul de la croissance sur la base des travaux de la commission Stiglitz-Sen", précise la déclaration commune du conseil franco-allemand. D’ici à la fin de l’année, le Conseil français d’analyse économique et le Comité allemand des sages devront rédiger un rapport conjoint et réunir une conférence avec la participation du président français et de la chancelière allemande. "Nous faisons cela pour que la stratégie de croissance soit assise sur des bases modernes, dans l’optique d’une économie et d’un développement durable et sérieux", a déclaré Angela Merkel.

Quatre-vingts mesures concrètes

Au-delà de cette mobilisation, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé 80 mesures concrètes de coopération.

Le président français a notamment cité : l’Office franco-allemand dédié aux énergies renouvelables ; la création d’un satellite franco-allemand pour la détection des gaz à effet de serre ; le travail sur le futur lanceur spatial européen ; l’accord sur le régime matrimonial commun ; la coopération policière et la création d’une unité fluviale commune sur le Rhin ; la numérisation des œuvres à grande échelle en Allemagne et en France; et "le fait que nous allons inviter, chaque fois que de besoin, un ministre allemand au Conseil des ministres français ; un ministre français qui sera invité au Conseil des ministres allemand ; nos deux parlements qui voteront des textes commun".

Le projet pilote de véhicule électrique entre Strasbourg et Stuttgart. Les deux chefs d'Etat ont insisté sur la création d'une région commune Strasbourg/Mannheim/Stuttgart pour la promotion de l’électro-mobilité, notamment via un projet pilote de véhicule électrique. Il s'agit, selon la déclaration commune, "du premier projet de démonstration transfrontalier à l’échelle mondiale autour du véhicule électrique". "La France et l’Allemagne présenteront également leurs vues communes dans le domaine de la standardisation afin d’accélérer la création d’une norme unique européenne en matière de véhicules électriques", précise le texte.

La déclaration commune prévoit également de nombreuses initiatives pour renforcer les échanges et les rapprochements dans le domaine de l'enseignement et de la recherche : doublement d'ici à 2020 du nombre des cursus bilingues dans l’enseignement supérieur ; encouragements aux rapprochements interuniversités visant à mettre en place des programmes de coopération innovants afin de créer des pôles d’excellence européens ; doublement d’ici à 2020 du nombre d’étudiants, d’étudiants en doctorat et de jeunes chercheurs participant à des programmes financés par l’Université franco-allemande ; création d'au moins 200 écoles maternelles bilingues franco-allemandes d'ici à 2020 ; développement d'un volontariat civique franco-allemand pour "permettre aux jeunes de s’engager dans des projets sociaux et de coopération dans le pays partenaire et au niveau international".