Métiers de la croissance verte: une ressource importante d'emplois et un facteur de cohésion sociale
Jean-Louis Borloo et Valérie Létard ont participé à la Conférence nationale sur les métiers de la croissance verte, le 28 janvier. Ils ont lancé le "Plan de mobilisation des filières et des territoires pour le développement des métiers de la croissance verte", annoncé au Conseil des ministres du 9 septembre 2009. Plus de 16 000 emplois de développement durable sont d'ores et déjà disponibles au Pôle Emploi.
Les secteurs les plus concernés par la croissance verte touchent près de 12 millions d'actifs, soit un actif sur deux. Grâce aux 450 milliards d'euros investis dans l'économie dans le cadre du Grenelle de l'environnement d'ici à 2020, dont 170 milliards financés par l'État et les collectivités locales, ce sont plus de 600 000 emplois de développement durable qui seront créés ou sauvés (1).
Parmi les secteurs les plus concernés :
- les industries électriques : 225 000 emplois ;
- les énergies renouvelables : 200 000 emplois ;
- la réalisation des infrastructures (dont 2 000 km de LGV nouvelles) : 67 000 emplois ;
- l'eau, l'assainissement, la gestion des déchets : 43 000 emplois.
Pôle emploi a identifié les offres d'emplois immédiatement disponibles dans le domaines des métiers de la croissance verte :
• 2 352 offres dans des métiers spécifiquement dédiés à l’environnement ;
• 10 990 offres dans des métiers impactés par le Grenelle de l’environnement ;
• 3 014 offres dans des métiers inchangés, mobilisés par le Grenelle de l’environnement.
Les métiers sont diversifiés et touchent tous les domaines de l'économie. Ils s'adressent à des degrés divers de formation : 75 % à des détenteurs de CAP, BEP, ou Bac Pro et 25 % à des techniciens ou ingénieurs.
Les cinq métiers les plus sollicités sont : plombier chauffagiste, maçon, électricien, couvreur, conducteur en BTP. Des métiers qui relèvent essentiellement du bâtiment et donc de l’efficacité énergétique.
Les grands axes du plan
"Mieux connaître les métiers de la croissance verte et en tirer les conséquences sur l'appareil de formation, favoriser la compétitivité des entreprises tout en étant préoccupé par les questions de solidarité", c'est en ces termes que Valérie Létard a présenté les grands enjeux du plan en précisant que "tout se jouera avec les acteurs de terrain".
- Identifier les métiers de la croissance verte grâce à la création d'un observatoire national qui permettrait de mutualiser les données. Sa vocation sera de conduire des études prospectives permettant de prévoir les besoins en emplois.
- Informer sur les métiers de la croissance verte et les valoriser. Les métiers de la croissance verte n’attireront les nouveaux professionnels que s'ils sont connus et identifiables. Il faut mettre en œuvre de nouvelles représentations des métiers en les rendant plus attractifs. Le service public de l'orientation devra favoriser l'orientation vers les métiers de la croissance verte. Les services publics de l'emploi (Pôle emploi, missions locales et maisons de l'emploi) devront mettre en avant ces nouveaux métiers.
- Définir les besoins en formation et l’organisation des parcours de formation et de qualification : l'offre de formation n'est pas suffisamment adaptée aux enjeux de développement des métiers de la croissance verte. Les établissements d'enseignement et de formation doivent intégrer la croissance verte dans tous les programmes de formation et adapter les dispositifs existants de formation.
- Accompagner l'adaptation des métiers et compétences dans les entreprises, les branches professionnelles et les services publics. Quelque 100 millions d’euros issus du Grand emprunt seront consacrés à cette mutation.
- Recruter : le gisement d'emplois doit permettre un accès à des emplois de qualité pour les personnes les plus en difficultés. De nombreux métiers sont en effet accessibles à de faibles niveaux de qualification. Les entreprises et les collectivités locales pourront, par exemple, mobiliser les contrats en alternance et les contrats "passerelles". L'objectif est le recrutement de 20 000 jeunes (dont 5 000 jeunes en contrats aidés type "passerelles"), ciblé dans certains quartiers.
- Dynamiser les territoires : les collectivités locales, particulièrement les régions, sont des acteurs de premier plan dans les politiques de développement économique, d'emploi et de formation. L'État proposera aux régions volontaires, dans le cadre d'un appel à projets lancé en mars prochain, d'associer leurs efforts avec ceux de la démarche nationale.
Les grandes étapes du calendrier : 2010-2012
Le comité national de pilotage se réunira le 23 février prochain pour valider l'appel à projets régional (installé le 13 octobre 2009, il s'est déjà réuni à deux reprises – les 1er décembre 2009 et 12 janvier 2010) :
- en mars 2010, cet appel à projets régional sera lancé avec une mise en œuvre opérationnelle des projets retenus en septembre 2010 ;
- une première évaluation des projets sera faite en septembre 2011 ;
- 2012 sera l'année de l'évaluation et de la diffusion des bonnes pratiques.
(1) (sources : Boston Consulting Group de juin 2009, et WWF)









