Lutte contre la traite des êtres humains : l'implication sans faille de la France
Jean-Marie Bockel a participé à Bruxelles, les 19 et 20 octobre, à la Conférence interministérielle consacrée à l’action européenne contre la traite des êtres humains. Devant un auditoire composé, notamment, des représentants des Etats-membres de l’Union européenne, d’organisations internationales et d’ONG, le secrétaire d’Etat a salué la Présidence suédoise de l’Union européenne qui a fait du combat contre la traite des êtres humains l’une de ses grandes priorités.
Douze millions de personnes à travers le monde, dont 40 % d’enfants, seraient, selon l’Organisation internationale du travail, victimes de la traite des êtres humains, a annoncé Jean-Marie Bockel lors de son intervention, "ce cancer constitue une offense aux fondements de nos sociétés démocratiques et aux valeurs qui ont cimenté la construction européenne", a-t-il déclaré en rappelant l’implication de la France dans la lutte contre ce phénomène criminel.
Parmi les objectifs de la Présidence suédoise du Conseil de l’Union européenne, Jean-Marie Bockel a manifesté son adhésion au programme de Stockholm, programme pluriannuel sur la justice et les affaires intérieures, qui comporte un volet dédié à la lutte contre la traite des êtres humains: "je souscris au surplus sans réserve à l’objectif ainsi fixé d’élaborer un plan d’action spécifique pour la coopération avec les pays d’origine et de transit, je gage que ce volet constituera un nouveau temps fort de notre action commune".
Citant l’extrait d’une lettre du 10 juin dernier envoyée par la Commission au Parlement européen et au Conseil signalant "la nécessité de mettre en œuvre des campagnes d’information à destination des victimes potentielles, spécialement femmes et enfants", le secrétaire d’Etat a rappelé les engagements internationaux de la France qui a, notamment, ratifié la Convention de Palerme contre la criminalité transnationale organisée, et son protocole consacré à la traite des êtres humains.
Par ailleurs, il a souligné que la Convention du Conseil de l’Europe, ratifiée par la France en 2008, "fait reposer le dispositif de lutte sur trois points : prévention de la traite, poursuite des trafiquants et protection des victimes ".
Une mission interministérielle de coordination pour la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains et la protection des victimes
Le secrétaire d’Etat a informé qu’un groupe de travail interministériel "a rédigé un avant-projet de loi portant création d’un rapporteur national indépendant en charge de promouvoir les règles de prévention et de lutte contre la traite des êtres humains et celles relatives à la protection des victimes".
Un projet de décret a également été rédigé, il porte sur la création d’une mission interministérielle de coordination pour la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains et la protection des victimes en application des engagements pris par la France.
Cette "mission aura pour tâche principale de définir, coordonner, orienter la politique et l’action des ministères concernés par la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains et la protection des victimes et sera placée sous l’autorité du Premier ministre", a annoncé Jean-Marie Bockel.
"Les mesures prises par la France vont dans le sens d’une meilleure connaissance de ce phénomène criminel et constituent un puissant vecteur pour renforcer notre coopération tant sur un plan multilatéral que bilatéral. Soyez certain de l’implication de la France dans la lutte contre la traite des êtres humains", a-t-il conclu.