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Les recommandations du Haut Conseil de santé publique sur l'utilisation des vaccins contre la grippe A(H1N1)

10.septembre2009

Saisi par le directeur général de la santé sur la pertinence de l'utilisation des vaccins contre la grippe A(H1N1), le Haut Conseil de santé publique (HCSP) a rendu, le 10 septembre, ses recommandations. Sur la base de ces éléments, Roselyne Bachelot proposera au président de la République une stratégie vaccinale.

Le directeur général de la santé, Didier Houssin, a saisi, le 17 août 2009, pour avis le Haut Conseil de la santé publique sur les priorités sanitaires d'utilisation des vaccins pandémiques contre le virus de la grippe A(H1N1). Les recommandations du HCSP devaient notamment porter sur la détermination des populations prioritaires au sein de la population française et le schéma vaccinal à adopter (une ou deux doses, intervalle entres les doses…).

Pour le HCSP, la campagne de vaccination doit démarrer le plus tôt possible dès que les vaccins seront disponibles et utilisables.

Lors du Comité interministériel de crise (CIC) du 27 août, Roselyne Bachelot avait précisé que 94 millions de doses avaient été commandées auprès de quatre laboratoires (Sanofi Pasteur, GSK, Baxter, Novartis). Elle avait aussi insisté sur le fait que la campagne de vaccination ne débuterait qu'après l'Autorisation de mise sur le marché (AMM) des vaccins, à la mi-octobre.

Les groupes de population prioritaires

Deux types de vaccinations sont à distinguer :

  • vaccination contre la grippe saisonnière : celle-ci doit être administrée en premier et le plus tôt possible afin de ne pas interférer avec l'opération de vaccination contre le virus A(H1N1). Ce programme de vaccination doit s'appliquer en particulier pour les personnels de santé ainsi qu'aux populations à risque habituellement recensées ;
  • vaccination contre le virus A(H1N1) : elle doit se faire prioritairement pour les personnels de santé médico-sociaux et de secours, afin d'éviter la désorganisation du système de prise en charge des malades mais aussi les risques de transmission du virus auprès des personnes prises en charge au sein du système de santé.
    Entre l'administration de ces deux types de vaccins, un délai minimal de 21 jours doit être respecté.

Groupes de population Priorités Objectifs
Femmes enceintes à partir du début du 2e trimestre 1 Réduire le risque de formes graves et de décès, surtout au cours des deuxième et troisième trimestres de la grossesse
Entourage des nourrissons de moins de 6 mois (c'est-à-dire parents, fratrie et, le cas échéant, l’adulte en charge de la garde de l’enfant incluant le personnel de la petite enfance en charge de ces nourrissons : stratégie de "cocooning")(1) 1 Réduire le risque de formes graves et de décès chez les nourrissons de moins de 6 mois qui ne peuvent pas être vaccinés
Nourrissons âgés de 6-23 mois avec facteur de risque 1 Réduire le risque de formes graves et de décès. Ce groupe comprend des nourrissons atteints de pathologies chroniques sévères (cf. annexe 4)
Sujets âgés de 2 à 64 ans avec facteur de risque 2 Réduire le risque de formes graves et de décès. Ce groupe comprend des personnes atteintes de pathologies chroniques sévères (cf. annexe 4)
Nourrissons âgés de 6-23 mois sans facteur de risque 3 Réduire la transmission et le risque de formes graves et de décès
Sujets âgés de 65 ans et plus avec facteur de risque 3 Réduire le risque de formes graves et de décès (cf. annexe 4)
Sujets âgés de 2-18 ans sans facteur de risque(2) 4 Réduire la transmission
Sujets âgés de 19 ans et plus sans facteur de risque 5 Réduire le risque de formes graves et de décès


(1) Cette priorité pourra être revue si une absence de sur-risque de décès chez les nourrissons de moins de 6 mois sans co-morbidité se confirme.
(2) En fonction des circonstances épidémiologiques et de la disponibilité des vaccins pandémiques (si l’objectif est de contribuer à freiner la dynamique épidémique), ce groupe est susceptible d’être considéré avec un ordre de priorité plus élevé.

(source : Haut Conseil de santé publique)


Recommandations d'utilisation de vaccins avec ou sans adjuvant

Le HCSP distingue néanmoins deux types de vaccins (avec ou sans adjuvant) pour des populations à risque.



Les vaccins sans adjuvant
Ils sont conseillés pour :

  • les femmes enceintes ;
  • les enfants de 6 mois à 23 mois ;
  • les personnes atteintes de maladies de système ou d'une immunodépression associée à une affection sévère susceptible d'être réactivée.



Les vaccins avec adjuvant

En cas d'indisponibilité de vaccin "grippe A(H1N1)2009 fragmenté sans adjuvant", le vaccin avec adjuvant peut être utilisé pour :

  • les femmes enceintes à partir du 2e trimestre ;
  • les nourrissons de 6 à 23 mois avec facteur de risque.



Enfin, le HCSP déconseille le vaccin avec adjuvant pour les :

  • personnes atteintes de maladies de système ou d'une immunodépression associée à une affection sévère susceptible d'être réactivée ;
  • nourrissons de 6 à 23 mois sans facteur de risque.


    Pour ces groupes de population, le HCSP recommande la vaccination de leur entourage immédiat (parents, fratrie…).

Le schéma vaccinal

Le schéma vaccinal de base consiste en l'administration de deux doses espacées de 21 jours. La personne devra recevoir deux doses du même vaccin, c'est-à-dire produites par le même laboratoire.

La vaccination se fera dans des centres dédiés. Une circulaire adressée aux préfets, le 21 août, précise qu'un minimum de trois sites de vaccination par département seront créés dans des salles polyvalentes ou des gymnases.

Une quantité limitée de vaccins monodoses sera disponible et sera réservée aux personnes à risque ne bénéficiant pas de dispositifs collectifs de vaccination.

Les critères de la stratégie vaccinale (populations prioritaires, ajout ou retrait de certaines catégories…) devront faire l'objet de réévaluations périodiques et rapprochées afin d'adapter le dispositif voire à le stopper pour tout ou partie de la population. Cette évolution, selon les recommandations du HSPT, devra tenir compte des données :

  • épidémiologiques (pourcentage de la population atteinte) et cliniques (fréquence de la maladie, de l'hospitalisation et du décès…) ;
  • de pharmacovigiance, issues du plan national de gestion de risques mis en place par l'Afssaps ;
  • d'efficacité clinique.

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Avis-HCSP_GrippeAH1N1.pdf