L'édition 2012 des Journées européennes du patrimoine consacrée aux "patrimoines cachés" a attiré, les 15 et 16 septembre, plus de 12 millions de visiteurs partout en France. Ce succès constant, depuis près de trente ans, démontre l'attachement des Français à leur patrimoine.
Lors de cette 29e édition des Journées européennes du patrimoine, le public a pu découvrir des pans méconnus de l'histoire, des détails insolites ou encore des lieux tenus secrets dans quelque 16 000 sites et monuments ouverts à la visite.
Avec plus de 12 millions de visiteurs, l'édition 2012 montre que "le patrimoine est une passion française et populaire", comme l'a souligné Aurélie Filippetti, lors du lancement des Journées à Metz. Et d'ajouter : "il est peu de manifestations qui correspondent aussi bien à l'objectif fixé par André Malraux [qui était] de mettre à la portée de tous, les chefs d'œuvre de l'humanité".
Mieux protéger le patrimoine grâce à la loi
En lançant à Metz l'édition 2012, Aurélie Filippetti a tracé les grandes priorités du ministère de la Culture et de la Communication. Dans son discours la ministre a affirmé que son action viserait à "placer le patrimoine au cœur de la modernité".
Pour tenir cet objectif, la ministre prévoit, d'ici à 2013, un projet de loi, qui portera non seulement sur les édifices protégés, mais aussi sur l'archéologie, les archives et les musées.
Notant depuis quelques années, "un affaiblissement de la protection juridique en la matière", la ministre a estimé nécessaire "d'actualiser le droit du patrimoine en fonction des évolutions récentes que ce secteur a connues" avec pour objectif "l'exigence d'une vision d'ensemble du droit du patrimoine".
La ministre a également déploré le fait qu'une inscription au patrimoine de l'humanité "n'ait pas de véritable conséquence dans notre droit national" ou encore, que les communes qui n'auront pas eu la possibilité de créer des aires de valorisation du patrimoine, d'ici à 2015, ne bénéficieront plus de protection patrimoniale. Plus préoccupant encore, les lois ne répondent pas, selon elle, "aux problématiques de la protection des paysages" ou "aux questions si actuelles de l'étalement urbain non maîtrisé dans les périphéries urbaines".
Un levier pour le développement économique et l'emploi
La ministre a défendu un secteur qui représente 100 000 emplois et plus de 15 milliards d'euros de retombées économiques. S'appuyant sur une étude de 2009 sur le secteur, la ministre a rappelé qu'il fallait prendre "la réelle mesure de l'importance du patrimoine pour notre équilibre économique, social et culturel".
Afin d'évaluer au mieux l'impact de la culture sur la croissance, Aurélie Filippetti a demandé aux inspections générales des finances et de la culture de réaliser une nouvelle étude pour disposer de données actualisées.
Un patrimoine multiple, significatif de l'exception culturelle française
La diversité des monuments historiques et des paysages illustre parfaitement l'exception française en matière de patrimoine. En témoignent les 81 millions de touristes étrangers, qui font de notre pays la première destination touristique au monde, et les 38 monuments et sites inscrits par l'Unesco au patrimoine de l'humanité. La dernière inscription en date, celle du bassin minier uni du Nord-Pas-de-Calais, le 2 juillet, montre d'ailleurs que le patrimoine est aussi celui du monde industriel.
Les 14 et 15 septembre 2013, la trentième édition des Journées européennes du patrimoine auront pour thème : 1913-2013 : cent ans de protection.
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