Les biotechnologies au coeur du Conseil stratégique des industries de santé
Nicolas Sarkozy a présidé, le 27 octobre à l'Élysée, la quatrième réunion du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). L'occasion d'annoncer une série de mesures pour soutenir l'innovation et développer les biotechnologies au service de la santé.
La réunion du 27 octobre 2009, entre l'État et le CSIS, a posé les grands axes de développement stratégique du secteur des biotechnologies de la santé. Pour améliorer la compétitivité du secteur, les acteurs du CSIS ont pris une série de mesures, permettant notamment d'accroître les partenariats entre secteurs public et privé dans la recherche biomédicale.
Développer la recherche partenariale dans le domaine des biotechnologies de la santé
L'objectif est de soutenir l'innovation dans le secteur de la santé grâce à une collaboration accrue entre les industriels et les laboratoires de recherche publics et privés. Pour développer les partenariats entre la recherche et l'industrie de la santé, le montant global de la recherche partenariale en France sera doublé en trois ans (62, 5 millions d'euros d'ici à 2012) pour soutenir l'innovation. Les pouvoirs publics s'engagent à maintenir leur effort de soutien aux projets de recherche partenariale.
L'Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (ANSVS) structure la recherche publique en regroupant les principales institutions françaises de recherche (CEA, le CNRS, l’Inra, l’Inria, l’Inserm, l'IRD, l’Institut Pasteur et la Conférence des Présidents d’Université, conférence des directeur généraux de CHU). Elle deviendra l'interlocuteur privilégié pour tous ceux, organismes de recherche ou industriels, qui souhaitent nouer des partenariats stratégiques.
Monter en puissance dans la bioproduction
Plus de 50 % des nouveaux médicaments dans le monde sont issus des biotechnologies. Bien que très présente dans la production de produits de biotechnologie (vaccins, insulines…), la France est absente d'autres segments en fort développement.
Afin de développer le secteur des biotechnologies en France, l'État souhaite créer deux ou trois établissements pharmaceutiques de bioproduction qui s'appuieraient sur les pôles de compétitivité compétents en biotechnologie médicale. Dans le cadre des appels à projets et des plates-formes d'innovation des pôles de compétitivité, l'État encouragera aussi le développement des petites et moyennes sociétés de biotechnologie. Un montant pouvant aller jusqu'à 35 millions d'euros sera alloué par les pouvoirs publics à l'ensemble des projets retenus.
Pour soutenir le développement capitalistique des entreprises ou pour aider à leur création, un fonds d'investissement doté de 130 millions d'euros est créé. Il aura pour mission de réaliser des investissements de l'ordre de 5 à 10 millions d'euros dans les entreprises innovantes de biotechnologies pour la santé en phase de développement.
Toujours dans le domaine du financement d'activité, l'État a autorisé l'ouverture du capital de la filiale biotechnologique du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB), dont le capital est aujourd'hui détenu à 100 % par l'État. L'entreprise est numéro un en France dans le domaine des médicaments hospitaliers dérivés du plasma. Les programmes de recherche du LFB mobilisent, dans le cadre d'un plan quinquennal, 200 à 300 millions d'euros sur la période 2009-2013. Ils nécessitent la recherche de financements externes.
Promouvoir l'épidémiologie en France
Le CSIS a énoncé une série de mesures pour contribuer au développement d'outils performants en matière d'épidémiologie. La discipline constitue un socle de recherche fondamentale qui ouvre de nouvelles voies de développement. Mais elle apporte aussi un éclairage indispensable aux prises de décision politiques de santé et à la prise en charges des malades. Renforcer l'épidémiologie est une exigence stratégique de santé publique, et la participation des industriels est nécessaire.
Un portail "Épidémiologie France" sera donc mis en place par les pouvoirs publics sous l'égide de l'ANSVS. Les industries de santé apporteront une contribution financière et mettront en place des observatoires épidémiologiques.
Bien que les formations en épidémiologie existent en France (Paris, Bordeaux et Nancy), elles sont insuffisamment connues. Pour améliorer leur visibilité, une cartographie des formations en épidémiologie sera réalisée par l'École des hautes études en santé publique (EHESP) en coopération avec les écoles doctorales des universités.
Emploi et formation : anticiper les métiers de demain
Les industries de santé sont confrontées à d'importantes mutations économiques, technologiques et réglementaires exigeant des compétences nouvelles. La politique d'emploi et de formation doit permettre une gestion prévisionnelle des futurs métiers. Cette anticipation des métiers de demain passe par des rapprochements, entre les entreprises elles-mêmes et entre les entreprises et les universités. Elle se fera par :
- le développement de la formation en alternance et la valorisation des expérimentations en cours (école de biotechnologie de Grenoble, cursus alterné à l'université de Bordeaux II) ;
- le développement des groupements d'employeurs dans les bassins d'emploi biotechnologiques, permettant aux entreprises de partager des personnels spécialisés ;
- la création de trois à cinq plates-formes pluridisciplinaires de recherche et de formation. Elles regrouperont des laboratoires de haut niveau ;
- la création d'un '"Centre de ressources ou institut virtuel des métiers des industries de santé".
Combattre plus efficacement les contrefaçons de médicaments
Avec 880 000 saisies par la douane française en 2008, la contrefaçon représente une menace tant pour la santé publique que pour l'économie.
Pour la combattre, un réseau de correspondants au sein des entreprises permettra une coopération entre l'industrie du médicament et la direction du renseignement des douanes. Ce réseau permettra de faire remonter en temps réel des informations permettant d'orienter plus efficacement les contrôles dans les ports et les aéroports.
Les ventes sur Internet représentent également une menace : 50 % des ventes illégales de médicament sur le réseau mondial sont des contrefaçons (source : OMS). Les capacités de détection et de saisie des commandes Internet et des colis postaux seront amplifiées. Le SNDJ (Service national de douane judiciaire) renforcera sa capacité d'investigation et d'intervention grâce à la présence de médecins et d'inspecteurs de la pharmacie.
Une cartographie des itinéraires de fraudes des zones les plus sensibles (Afrique, Asie et Moyen-Orient) permettra une plus grande efficacité de la collaboration européenne et internationale.







