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Les biocarburants : un bilan écologique et énergétique positif

13.avril2010
Photo : Miguel Medina/AFP
Photo : Miguel Medina/AFP

L’Ademe a remis à Bruno Le Maire, jeudi 8 avril, un rapport globalement positif sur l’efficacité énergétique et l’impact environnemental des biocarburants. Ces résultats encouragent le Gouvernement à continuer son soutien au développement de la filière des biocarburants.

"Les biocarburants sont aujourd’hui les principales solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les transports", a déclaré Bruno Le Maire lors de l’inauguration, le 8 avril, d’une ligne de biogazole de Grand-Couronne, près de Rouen. Une affirmation confortée par les résultats du rapport remis par l’Ademe au ministre. Celui-ci démontre que les biocarburants produits en France présentent un bilan énergétique et d’émission de gaz à effet de serre plus favorable que celui des carburants fossiles de référence (gazole et essence).

L'utilisation des biodiesels (produits à partir de colza ou d’huile de palme) permet en effet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 à 70 %. Les bioéthanols (à base de blé, de maïs, de betterave, de canne à sucre, incorporés à l’essence) offrent un gain de 50 à 65 % par rapport à des carburants fossiles. Ces chiffres sont obtenus sans tenir compte du carbone des sols.

Une solution disponible immédiatement

Les biodiesels et les bioéthanols représentent désormais "une alternative crédible et sérieuse aux énergies fossiles", selon Bruno Le Maire. D’autant plus qu’il s'agit de ressources "disponibles" dès aujourd’hui, répondant aux objectifs fixés par Bruxelles, d’incorporer 5,75 % d’énergies renouvelables dans les transports d’ici à 2010, puis 10 % d’ici à 2020.

La question du changement d'affectation des sols à approfondir

L’étude émet cependant quelques réserves sur les conclusions à tirer de ces résultats. Elle préconise notamment d’approfondir la question des "changements d'affectation des sols" qu’implique cette agriculture. "Lorsque le développement de cultures énergétiques aboutit, directement ou indirectement, à la disparition de prairies, de zones humides, ou de forêts primaires, le bilan de gaz à effet de serre des biocarburants peut s'avérer négatif", explique l'Ademe dans le résumé de son étude.

Bruno Le Maire a rappelé qu’il n’était pas question de bouleversement majeur en France  : "les cultures énergétiques ne représentent que 1 % de la surface agricole française, la priorité pour l’agriculture reste la production alimentaire." Il a aussi insisté sur l'arrivée future des biocarburants de deuxième et troisième générations produits à partir des déchets.