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Le président de la République présente le Plan cancer 2009-2013

05.novembre2009

Le chef de l'État a annoncé, le 2 novembre à Marseille, en présence de Roselyne Bachelot et Valérie Pécresse, les grandes orientations du plan cancer II. 750 millions d'euros viendront financer la recherche, la lutte contre les inégalités et la vie après le cancer.

Venu à Marseille présenter le nouveau plan cancer devant une assemblée de médecins, de chercheurs, d'associations de patients, le président de la République a salué la qualité des travaux conduits par la commission présidée par Jean-Pierre Grünfeld. Le plan cancer 2009-2013 "s'inspire largement des recommandations [du rapport] du professeur Jean-Pierre Grünfeld", a indiqué le chef de l'État.

Avec quelque 350 000 nouveaux cas détectés chaque année, le cancer représente un enjeu de santé majeur pour la France. Le cancer est la première cause de mortalité depuis 2004. "Pour une partie, les cancers sont une maladie de la société, révélateurs des excès et des comportements à risques", a noté Nicolas Sarkozy. Pour autant, le cancer est aussi une "maladie de notre temps" une maladie d'une redoutable complexité" pour les acteurs sanitaires, sociaux et sociétaux, a déclaré Nicolas Sarkozy, pour qui "c'est une cause nationale, une cause sur laquelle le chef de l'État doit s'engager".

"L'objectif que nous poursuivons est que ceux qui seront malades dans 10 ans, dans 20 ans, puissent bénéficier des meilleurs soins possibles. Cela se prépare dès maintenant", assure Nicolas Sarkozy, qui annonce "près de 750 millions d'euros de dépenses nouvelles" pour faire face au défi de santé que représente la lutte contre le cancer.


Développer la recherche et mieux cibler les besoins en formation

Cinq sites de recherche pluridisciplinaires, labellisés par l'INCa (Institut national du cancer), seront identifiés. Ces centres travailleront en réseau avec d'autres équipes de recherche et d'autres établissements de santé.

Ces sites devront concourir au plan mondial, notamment avec les pays moteurs dans le domaine de la recherche, tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne, à la réalisation d'essais cliniques précoces de nouveaux médicaments. Le président de la République a par ailleurs encouragé "la participation de patients aux essais cliniques" et souhaité qu'elle augmente de 50 % sur la durée du plan.

La question importante du transfert des avancées de la recherche vers les soins a également été avancée par le chef de l'État : "j'attends des cinq sites qu'ils contribuent de manière décisive à accélérer le transfert des avancées de la recherche aux bénéfices des malades", a-t-il déclaré.

Les risques environnementaux et comportementaux dans le déclenchement de la maladie seront également analysés. "Il faut étudier les effets à long terme des expositions, même à faible dose, à certains agents chimiques, biologiques ou physiques", a précisé le chef de l'État qui a annoncé que 15 % du budget de la recherche seront consacrés à l'étude de ces "risques émergents."

Parallèlement à la recherche, la stratégie de lutte contre le cancer concerne également les soignants du corps médical. Aujourd'hui, les médecins spécialistes du cancer (oncologues, radiothérapeutes, hématologues) sont en nombre insuffisant. "Il faut pour cela anticiper l'évolution démographique des professions médicales", estime le chef de l'État qui souhaite augmenter de 20 % le nombre de spécialistes du cancer. Le recrutement de radiophysiciens fera l'objet d'un effort plus important : une centaine d'étudiants en plus chaque année. Le rattrapage des ressources humaines supplémentaires sera ciblé vers les territoires les plus touchés par la mortalité due au cancer.

Pour une prise en charge spécifique des patients, de nouveaux métiers et formations seront développés, tels les infirmiers coordonnateurs de soins qui seront les personnes de référence du patient pendant avant et après le traitement. Ces métiers existent, "nous allons les généraliser", assure le président de la République.


Lutter contre les inégalités sociales

"D'ici à la fin de l'année, nous allons mettre en place un plan qui permettra d'infléchir les inégalités face au cancer", annonce Nicolas Sarkozy.

Les chiffres de l'inégalité sociale face au cancer sont en effet alarmants : "le risque de mourir d'un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les personnes travaillant dans le secteur libéral" et "la mortalité du cancer du pharynx est multipliée par 10, celle imputable au cancer du poumon est multipliée par 3,5", a rappelé Nicolas Sarkozy.

Des inégalités sociales que recouvrent des inégalités géographiques : il y a en France une surmortalité géographique liée au cancer. Dans certains territoires, on meurt deux fois plus du cancer qu'ailleurs. Les causes sont en amont et sont cumulatives : environnement, conditions de vie et de travail.

La question de l'inégalité sociale devra être au cœur de toutes les dimensions du nouveau plan cancer : la recherche, l'observation, le dépistage, le soin et l'accompagnement. "C'est une priorité transversale", estime le chef de l'État. Il a demandé, à ce titre, que soit conduite une évaluation de l'efficacité sur le terrain des campagnes de prévention en direction des personnes socialement démunies.

Les diagnostics et traitements de pointe doivent, en outre, bénéficier à tous : "c'est une question de justice sociale", rappelle le chef de l'État qui souhaite que "l'accès aux molécules innovantes [soit] maintenu [tout comme] les tests moléculaires qui permettent des traitements personnalisés, moins toxiques et plus efficaces".

La France qui manque d'IRM (Imagerie par résonance magnétique) se verra doter, sur la durée du plan, de 74 machines supplémentaires, dont 39 dans les dix régions ayant la mortalité par cancer la plus élevée, a également annoncé le chef de l'État

Des études épidémiologiques plus efficaces

Mieux comprendre et mieux prévoir l'évolution du cancer constitue une autre priorité pour le président de la République. "Aujourd'hui, les données d'incidence et de décès datent de 2005", constate le chef de l'État qui cite l'exemple américain dont le travail porte sur des données de 2006.

Afin de pouvoir agir plus efficacement et de façon plus ciblée, "il faut disposer de données de meilleure qualité sur la réalité des cancers". Le président de la République demande donc qu'en 2010, l'Institut national de veille sanitaire (INVS) produise des données épidémiologiques relatives à l'année 2007, "et que nous puissions communiquer chaque année des informations de plus en plus récentes." Des données permettant d'élaborer une méthode plus robuste des scénarios d'évolution et de la fréquence des cancers.

Lutter contre les facteurs de risques

L'observation doit aussi conduire à intervenir sur les facteurs de risques comme le surpoids, l'obésité et le manque d'activité physique. "L'activité physique a un effet préventif sur certains cancers", rappelle le chef de l'État pour qui le sport est un élément capital de la santé. L'obésité et la sédentarité constituent des facteurs de risques. La sédentarité est à l'origine de 2 200 cancers chaque année. "Nous pourrions réfléchir à une Journée nationale de l'activité physique pour inciter à l'exercice physique", propose le président de la République.

Autres facteurs de risques : le tabac et l'alcool. "J'ai décidé une hausse de 6 %" du prix des cigarettes, a déclaré le chef de l'État. Une hausse appliquée à partir du 9 novembre prochain et destinée à dissuader à la consommation de tabac, tout comme les dispositifs d'avertissements visuels. Autre mesure forte : l'interdiction de vente de tabac sur internet. Plus généralement, vente de tabac et d'alcool seront interdites aux mineurs. En 2011, la teneur en alcool devra être indiquée sur les bouteilles.

Enfin, le président de la République a décidé d’accorder plus de moyens aux différentes formes d'aides apportées aux personnes dépendantes :
• les centres d'aides aux personnes dépendantes de l'alcool ;
• l'aide au sevrage tabagique : en 2010, le remboursement des substituts nicotiniques sera porté de 50 à 150 euros pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) et les femmes enceintes.


Agir pour la vie après le cancer

"Nous devons accompagner les patients guéris (…), avoir une vision décomplexée du cancer, solidaires des patients et de leurs familles", estime Nicolas Sarkozy. Le nouveau plan proposera aux patients un programme personnalisé de l'après cancer. Il impliquera le médecin traitant et l'infirmière coordinatrice des soins et offrira le suivi nécessaire et l'évaluation du risque de rechute et de séquelles.

Alors qu'il y a trente ans, la guérison du cancer semblait une issue inimaginable, aujourd'hui quelque 50 % des cancers évoluent vers une guérison. Parce que celle-ci n'est pas synonyme de guérison totale, "nous devons mettre en place un plan public qui donne espoir aux malades et à leurs familles", envisage le chef de l'État qui souhaite qu'au minimum 50 % des patients puissent bénéficier d'un programme personnalisé de l'après cancer.

Le président de la République a annoncé vouloir suivre la recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) de non renouvellement automatique du régime d'affection de longue durée (ALD) au-delà la durée initiale de cinq ans. La couverture à 100 % par l'assurance maladie serait toutefois conservée en cas de suivi de thérapeutique lourde ou de prise en charge des séquelles.

Vaincre la maladie c'est entrer dans une nouvelle vie, c'est aussi le retour à l'emploi. Le président de la République a demandé que la médecine du travail soit mobilisée afin que cette reprise d'activité puisse se faire sans stigmatisation.

Enfin, pour que la vie après le cancer ne soit pas jonchée de difficultés liées à la maladie mais porteuse de projets, le président de la République souhaite que les patients puissent "s'assurer et emprunter dans les meilleures conditions possibles." Il a demandé, à ce titre, que soit reconduite la Convention Areas (s'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé) qui propose des solutions pour élargir l'accès à l'assurance et l'emprunt des personnes ayant eu un problème grave de santé. En vigueur depuis 2007, elle concerne les prêts professionnels, les prêts immobiliers et les crédits à la consommation dédiés.

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