Nicole Bricq a présenté, le 7 février, les chiffres du commerce extérieur 2012. Le déficit commercial de la France s'allège de 7 milliards d'euros principalement grâce au solde positif des exportations des produits manufacturés et malgré un alourdissement de la facture énergétique. Le secteur aéronautique, les produits chimiques, parfums et cosmétiques et la forte reprise des ventes pharmaceutiques contribuent à cette amélioration.
Le déficit du commerce extérieur de la France s'établit fin 2012 à 67 milliards d'euros contre 74 milliards en 2011, soit 7 milliards d'euros en moins. Une réduction d'autant plus significative que, selon les chiffres du ministère, celle-ci intervient en dépit de deux facteurs défavorables : un ralentissement du commerce mondial(1) en 2012 et l'augmentation de la facture énergétique française de 6,6 milliards d'euros (62,4 à 69 milliards d'euros entre 2011 et 2012)(2). Ainsi, hors énergie, le déficit commercial se réduit presque de moitié, de 29 à 15 milliards d'euros.

Pour Nicole Bricq, "il n'y a pas de fatalité du déficit." Amorcée depuis 2011, avec des variations à la hausse au cours des deux premiers trimestres 2012 (voir graphique), la réduction du déficit est nettement marquée fin 2012 grâce à une évolution des échanges commerciaux de 3,4 milliards d'euros - hors énergie - entre 2011 et 2012.
"Nous avons enrayé la dégradation de la balance commerciale française" : ce constat établi par la ministre est "un signal encourageant" pour la France qui, au 5e rang mondial des pays exportateurs, démontre qu'elle "demeure un grand pays exportateur (avec des) échanges qui résistent bien", s'est-elle félicitée.
Pour 2013, Nicole Bricq s'est déclarée "raisonnablement confiante pour notre commerce extérieur" au regard des actions déjà décidées : "réforme des financements export, meilleure identification par les régions des PME et ETI en capacité d’exporter, suivi personnalisé et sur la durée de 1 000 PME et ETI en croissance dans le cadre de la BPI, définition de pays prioritaires couplés à une offre commerciale pertinente… ", a-t-elle rappelé.
Une France qui voyage
Le graphique qui suit montre que, depuis la fin 2011, la France a fait mieux que répondre à la demande mondiale qui lui est adressée, notamment grâce à l'esprit de conquête des entreprises françaises qui sont allées "chercher sur des marchés plus lointains la croissance qui a fait défaut sur leur marché de proximité"(3). "Nos exportations progressent fortement en Asie (+ 13 %) [… ] et sur le continent américain, en particulier vers l'Amérique du Nord (+ 11, 5 %)", a détaillé Nicole Bricq qui a en outre précisé que "nos entreprises ont cessé de perdre des parts de marché dans les pays de l'OCDE où nous reculions le plus cette dernière décennie."
Autre facteur de satisfaction : 20 milliards d'euros d'excédent grâce à l'aéronautique française. Des résultats salués comme "historiques" par Nicole Bricq. Parmi les autres secteurs, les produits agroalimentaires, notamment grâce aux vins et spiritueux, enregistrent une augmentation de 11,5 milliards d'euros. Les produits chimiques, parfums et cosmétiques ont engrangé 7, 6 milliards d'euros. Le secteur de la pharmacie a enregistré un excédent de 3 milliards d'euros grâce à une montée en puissance de 13, 7 % de ses exportations.
La géostratégie commerciale en direction de 47 pays porte ses fruits
Annoncée le 3 décembre dernier, la stratégie consistant à coupler les produits et services français en direction des 47 pays les plus importateurs autour de quatre grandes familles – agroalimentaire, santé, développement urbain durable et communication digitale – démontre sa pertinence : le secteur de la santé affiche un excédent de 14,5 milliards d'euros, le secteur du développement urbain durable "consolide son excédent global", selon le ministère.Une stratégie qui se renforce avec l'installation d'un Comité Asie pour le secteur agroalimentaire et la préparation d'une "offre française intégrée" des entreprises françaises dans le secteur du développement urbain durable, a annoncé Nicole Bricq.
Augmenter le potentiel d'exportations de la France d'ici à 2022 pour atteindre l'équilibre de la balance commerciale en 2017. C'est l'objectif du ministère du Commerce extérieur qui a présenté le 3 décembre la stratégie d'offre groupée et ciblée des produits français vers les pays où la demande sera plus forte dans les dix prochaines années.
►Lire l'article du 3 décembre 2012
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En Europe : les exportations françaises sont passées de 61 % à 59 % entre 2011 et 2012. L'Europe reste toutefois la zone où se font le plus d'exportations françaises. ↩
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"La facture énergétique de la France s’est creusée sous l’effet de la hausse des cours du baril de Brent et de la dépréciation de la monnaie européenne face au dollar en moyenne sur l’année. Au sein du secteur de l’énergie, les échanges d’hydrocarbures naturels, dont le déficit a légèrement augmenté en 2012 (+2 %, à -50 milliards d'euros) expliquent les trois-quarts de la facture énergétique de la France, devant les produits pétroliers raffinés (+34%, -18 milliards d'euros). A l’inverse, le secteur de l’électricité et du gaz, et celui des déchets industriels ont dégagé des excédents commerciaux (respectivement 1,8 milliard d'euros et 3,3 milliards d'euros)." (Dossier de presse : "résultats du commerce extérieur en 2012 (PDF)) ↩
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Communiqué de presse. ↩




