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Le contrat d’autonomie : redonner espoir aux jeunes des quartiers

23.avril2009

Mesure phare de la Dynamique Espoir banlieues, le contrat d’autonomie mise sur un accompagnement individuel des jeunes des quartiers de 18 à 30 ans qui recherchent un emploi. Son objectif ? Mener vers l’emploi, la création d’entreprise ou la formation qualifiante, sur trois ans, 45 000 jeunes issus des quartiers et de préférence non connus du service public de l’emploi.

Un "coaching" renforcé

La nouveauté du contrat d’autonomie est l’ouverture du placement des jeunes à des opérateurs privés qui s’engagent sur des objectifs chiffrés et sont rémunérés aux résultats : "25 % quand le jeune entame son parcours d’autonomie, 40 % s’il décroche un contrat et 35 %, six mois après, s’il est toujours en emploi", rappelle Corinne Langlais, responsable du CFP Presqu’île et membre du groupement solidaire en charge du contrat d’autonomie pour le département de la Loire-Atlantique.

Autre innovation : durant la phase d’accompagnement, le bénéficiaire du contrat d’autonomie touche une bourse de 300 euros mensuels pour l’aider à atteindre son objectif et des aides supplémentaires peuvent être mobilisées pour financer une formation ou un permis de conduire.

"Pour faire connaître le dispositif, près de 2 000 prospectus ont été distribués dans les boîtes aux lettres des quartiers Nord, Est et Malakoff de l’agglomération de Nantes. Des fiches techniques ont également été déposées dans les Maisons de l’emploi, les missions locales et les centres socioculturels. Enfin, des permanences ont lieu trois fois par semaine dans les locaux de Pôle emploi et les missions locales", précisent Aline Buttet et Jean-Pierre Cormerais, formateurs du contrat d’autonomie.

La mission de l’opérateur consiste à repérer les jeunes sans emploi, les former, les coacher pendant 6 mois pour les faire embaucher par une entreprise. Cette première phase comprend la réalisation d’un diagnostic personnalisé, la validation d’un projet professionnel, l’élaboration d’une méthode de travail et des entretiens individualisés hebdomadaires pour faire le point.

100 contrats d’autonomie déjà signés

Pour Goulistan, 25 ans, en recherche d’emploi comme téléopératrice, cette première phase d’accompagnement a été déterminante : "Jean-Pierre est un coach personnel, je peux l’appeler à tout moment et le voir dans la journée pour répondre à une offre d’emploi. Son aide pour l’élaboration de mon projet professionnel, l’écriture des candidatures spontanées et la préparation des entretiens m’a été d’un grand secours après deux ans sans travail. Je me sens épaulée dans toutes mes démarches et cela m’aide à reprendre confiance en moi".


A l’issue de cet accompagnement intensif, Tiphaine a décroché un contrat professionnel et a travaillé chez un restaurateur pendant trois semaines. Tout se passait pour le mieux, si ce n’est que le restaurateur n’avait toujours pas signé le contrat. Après plusieurs relances, la directrice a pris la décision, en accord avec la jeune fille, de mettre un terme au contrat et de récupérer les trois semaines de salaire dues à Tiphaine. "Sans ce soutien au jour le jour, je ne sais pas comment j’aurais pu gérer une telle situation", confie-t-elle.


Agée de 21 ans, Laetitia a eu connaissance du dispositif par une amie. Satisfaite de l’accompagnement dont elle a bénéficié, elle assure aujourd’hui la promotion du contrat d’autonomie. Après une formation qualifiante d’agent de prévention et de sécurité, Laetitia s’oriente vers un emploi d’agent sécurité incendie en entreprise. "Mon rêve aurait été de rentrer chez les sapeurs-pompiers mais j’ai été alertée sur le fait que la taille réglementaire pour les filles est de 1m 69. Comme je suis trop petite, je postule à des offres d’emploi d’agent de sécurité incendie. Je devrais passer d’ici à quelques semaines un entretien pour travailler dans un magasin Auchan".


A ce jour, 100 contrats ont été signés et chaque formateur suit en moyenne 25 bénéficiaires. Le marché, passé avec le prestataire, prévoit la mise en œuvre de 1 000 contrats sur 3 ans pour le département.