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Le combat doit continuer pour l'égalité hommes-femmes

28.septembre2009

Nadine Morano a convié à déjeuner, le 23 septembre, les anciennes ministres ayant eu en charge la condition féminine. La rencontre a permis de faire le bilan des actions déjà menées et de définir les priorités en faveur de l'égalité entres les hommes et les femmes.

La photo du jour : Nicole Ameline, Michèle André, Anne-Marie Couderc, Valérie Létard, Catherine Vautrin et Simone Veil : les sept anciennes secrétaires d'État ou ministres en charge de la condition féminine réunies à l'initiative de Nadine Morano.

Cette rencontre a permis de mesurer les nombreux acquis de la condition des femmes, s'est réjouie Nadine Morano qui a rendu un hommage appuyé à ses anciennes homologues. Mais, "nous devons continuer", a exhorté la secrétaire d'Etat en rappelant que les femmes étaient encore sous-représentées dans la société.

Lutter contre la sous-représentation des femmes dans la société

Bien que les femmes représentent 51 % de la population française et 53 % du corps électoral, elles demeurent sous-représentées, notamment dans le monde du travail. Nadine Morano a rappelé certaines conclusions du rapport de Brigitte Grésy sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes :

  • un taux de chômage supérieur de 1% à celui des hommes ;
  • une plus forte précarité : 31 % des femmes en 2007, contre 6 % des hommes, sont concernées par le temps partiel. Deux tiers des salariés à bas salaire sont des femmes. Près de 20 % des femmes contre 11 % des hommes sont au Smic ;
  • les salaires des femmes sont inférieurs de 27 % à ceux des hommes ;
  • une sous-représentation aux postes de responsabilité : dans les entreprises du Cac 40 en 2009, 10,5 % de femmes seulement sont présentes dans les conseils d'administration.


    Un déséquilibre que l'on retrouve dans l'image de la femme véhiculée par les médias. Comme le rappelle le rapport Reiser sur "L'image de la femme dans la publicité et les médias", l'image de la femme souffre de stéréotypes trop ancrés.


    Reprenant les termes du rapport, Nadine Morano a souligné que les femmes sont souvent "invisibles" dans les médias. Elle a souligné, par exemple, que les femmes étaient souvent invitées à débattre au titre de "témoins et non d'experts". Forte de leur représentation majoritaire au sein de la population, la secrétaire d'Etat a exprimé sa volonté de faire des femmes désormais une "majorité visible".

Rechercher un meilleur équilibre entre vie familiale et vie professionnelle

L'équilibre de la cellule familiale et la question du temps partagé ont également fait partie du menu des discussions, notamment avec la question du congé parental. Sur plus de 530 000 congés parentaux, seulement 1,8 % sont pris par des hommes, rappelle Nadine Morano. Afin de faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, une réflexion est menée afin d'aboutir à un meilleur équilibre hommes-femmes.

Une femme sur deux prend un congé parental par défaut d'avoir trouvé un mode de garde adapté. "Avoir un enfant ne doit pas être considéré comme un handicap mais comme un atout, un facteur de réalisation personnelle", a déclaré Nadine Morano qui a souligné la bonne santé du taux de natalité en France avec 2,02 enfants par femme - proche du seuil de renouvellement naturel des générations fixé à 2,07 - classant la France en tête des pays de l'Union européenne.

"Un bon taux de natalité est le signe fort d'une politique familiale réussie", a déclaré la ministre. Il s'explique grâce à un fort taux d'activité salariée des femmes (82 % des 25-49 ans) et une offre diversifiée des modes de gardes d'enfants, les femmes n'ayant pas à choisir entre travailler ou garder son enfant.

Nadine Morano a de plus rappelé la signature de la Charte de la parentalité en avril 2008, par une trentaine d'entreprises. Une initiative ayant pour but de reconnaître la parentalité au sein des entreprises grâce à la mise en place de bonnes pratiques et d'un environnement mieux adapté aux responsabilités familiales, favorisant ainsi un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Un bracelet électronique pour les maris violents

Enfin, la ministre a rappelé sa priorité d'action pour lutter contre les violences faites aux femmes. Elle a rappelé l'action de Valérie Létard, notamment la campagne télévisée sur les violences verbales et psychologiques, lancée le 10 juin dernier.

Nadine Morano a rappelé que 156 femmes étaient mortes en 2008, sous les coups de leur mari violent, ce qui correspond à un décès tous les 2,5 jours. Entre 2006 et 2008, 330 000 femmes ont été victimes de violences et 4 000 mesures d'évictions du domicile conjugal de conjoints violents ont été prononcées.

La secrétaire d'État annoncé une opération du port de bracelets électroniques des maris violents. Une opération qui intéresserait en 2010, 2 000 personnes sur l'ensemble du territoire. Une concertation sera lancée à la mi-octobre pour déterminer les territoires concernés. L'État engagera un montant global de 5 millions d'euros pour financer ces bracelets au coût de 9 000 euros pièce.

Quelques repères…

  • 1981 – 1985 : Yvette Roudy, ministre délégué aux Droits des femmes
  • 1988 – 1991 : Michèle André, secrétaire d’état chargée des Droits des femmes
  • 1995 – 1997 : Anne-Marie Couderc, ministre déléguée pour l’Emploi au sein du ministère du Travail et des Affaires sociales
  • 1997 – 1998 : Geneviève Fraisse, déléguée interministérielle aux Droits des femmes
  • 2004 – 2005 : Nicole Ameline, ministre de la Parité et de l’Egalité professionnelle
  • 2005 – 2007 : Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité
  • 2007 – 2009 : Valérie Létard, secrétaire d’état à la Solidarité


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Rapport_Reiser_sur_limage_de_la_femme_dans_les_medias_Septembre2008.pdf