La réforme du lycée
Une réforme du lycée pour la réussite de tous les élèves
- Après une longue période de consultation menée par Richard Descoings entre janvier et mai 2009, le président de la République a annoncé le 13 octobre les mesures pour réformer le lycée.
- Le lycée français ne remplit pas ses objectifs pour tout le monde : il doit évoluer pour tenir compte de la diversité du public qu’il accueille aujourd’hui. Un lycée plus juste, c’est un lycée qui fait réussir chaque élève.
- Nicolas Sarkozy et Luc Chatel ont proposé une réforme du lycée qui s’articule autour de 3 grands axes :
• mieux orienter les élèves avec une orientation plus progressive, plus ouverte et réversible ;
• mieux accompagner chaque lycéen grâce à l’instauration d’un accompagnement personnalisé ;
• mieux adapter le lycée à son époque en favorisant l’apprentissage de langues étrangères, l’accès à la culture et la responsabilisation des lycéens. - L'objectif n'est pas de tout changer : il faut conserver ce qui marche bien. L'objectif n'est pas de faire des économies. La réforme sera conduite à taux d’encadrement constant.
- La réforme entrera en vigueur à la rentrée 2010 pour la classe de seconde. Elle doit maintenant être discutée dans un esprit de dialogue et de responsabilité avec tous les acteurs du lycée. C’est pourquoi Luc Chatel a entamé, dès le 14 octobre, un tour de France des académies et des lycées.
- Pour mettre fin au "délit d’initié" en matière d’orientation, l’accès de tous à l’information sera garanti grâce notamment à l’instauration d’un tutorat individuel pour chaque élève, à la généralisation des plateformes d’orientation multimédia et à la multiplication des contacts avec l’enseignement supérieur et le monde professionnel.
| 1 300 | c’est le nombre de lycées consultés depuis mai 2009. |
| 50 000 | c’est le nombre de lycéens qui quittent définitivement le lycée chaque année sans le baccalauréat. |
| 77 % | c’est le pourcentage des Français qui estiment que la réforme du lycée va contribuer à mieux orienter les élèves. |
Pourquoi une réforme du lycée ?
Le lycée français a amélioré ses résultats ces dernières années : presque deux tiers d’une classe d’âge obtiennent le baccalauréat (contre environ un quart dans les années 1980). Pour autant, le lycée ne remplit pas ses objectifs pour tous les élèves. En particulier, le lycée n’est pas suffisamment attentif aux difficultés de certains élèves souvent issus des milieux les plus défavorisés. Aujourd’hui, les enfants d’ouvriers ont deux fois moins de chances que les enfants des familles favorisées d’accéder à l’enseignement supérieur :
- 50 000 jeunes quittent le lycée chaque année sans avoir le bac ;
- 50 % des étudiants échouent en première année universitaire.
Le lycée français doit évoluer, progressivement mais profondément, pour être un lycée plus égalitaire et pour tenir compte de la diversité du public qu’il accueille. Cette transformation n'est pas un nivellement pas le bas : il s’agit, au contraire, de réaffirmer le lycée comme lieu de l’excellence, mais une excellence qui soit accessible à tous.
Une série de mesures concrètes ont été décidées :
- une orientation améliorée ;
- des filières plus équilibrées.
Le but de la réforme n’est de faire des économies dans l’Éducation nationale. Le Président de la République l’a dit lui-même, "les conditions d’encadrement des élèves ne seront pas diminuées". Il s’agit d’une réforme au service de l’intérêt de tous les élèves et de la réussite de chacun.
Que faire pour mieux orienter les élèves ?
Le système d’orientation actuel ne permet pas à un lycéen qui s’est trompé de voie d’en changer. L’objectif est de permettre des corrections de trajectoire, de passer d’une orientation subie à une orientation choisie. Pour ce faire, l'orientation sera désormais progressive et réversible.
Pour permettre ce changement de parcours, des stages-passerelles apporteront les compléments de programmes indispensables au passage d’une série à une autre. Ils se dérouleront en cours d'année, pendant les vacances scolaires ou à la fin de l’année. Des orientations encadrées qui seront décidées par le conseil de classe, en concertation avec l’élève et sa famille.
Le choix de la spécialisation sera également plus progressive afin de permettre aux élèves de mûrir leur décision : la classe de Première deviendra plus générale. Celle de Terminale, au contraire, sera plus spécialisée et davantage connectée aux parcours envisagés dans le supérieur.
Qu’est-il prévu pour rééquilibrer les filières ?
L'orientation ne doit plus rimer avec sélection, les voies et les séries sont rééquilibrées pour que toutes les compétences soient reconnues. Parce que les talents sont multiples, les voies de la réussite doivent l’être aussi.
La réforme du lycée professionnel, entrée en vigueur cette année, a constitué une première étape. Le Gouvernement va poursuivre son effort, en se concentrant principalement sur les deux séries en perte de vitesse au lycée : la série Sciences et technologies industrielles et la série Littéraire :
Le Gouvernement va réformer les programmes de STI (sciences et techniques industrielles) qui n'ont pas évolué depuis 1993. La réforme de la voie technologique générale a pour objectif de créer un véritable parcours technologique pour former les ingénieurs et les techniciens supérieurs de demain.
Autre urgence : renforcer l’attractivité de la série Littéraire, en combinant trois types de solutions :
- renforcer les langues étrangères, notamment en littérature et civilisation, pour faire de la série littéraire une véritable série internationale ;
- introduire de nouvelles disciplines, assurant une culture générale élargie au droit et aux grandes questions du monde contemporain ;
- introduire des enseignements culturels et artistiques de haut niveau.
Ne faut-il pas que chaque lycéen soit mieux accompagné ?
Beaucoup de nos lycéens rencontrent des difficultés ponctuelles au cours de leur scolarité, qui, faute d’être repérées et traitées à temps, paralysent leur progression et les conduisent à l’échec. Le lycée doit mieux prendre en considération les besoins de chaque élève.
Dès l’année prochaine, tous les élèves de Seconde bénéficieront d’un accompagnement de deux heures par semaine en petit groupe, sous la responsabilité des enseignants. Ce dispositif sera étendu aux classes de Première en 2011 et de Terminale en 2012. L'effort fait à l’école primaire et au collège pour aider les élèves en difficulté sera poursuivi.
L'accompagnement personnalisé pourra prendre la forme d'un soutien scolaire aux élèves en difficulté, d'un approfondissement des connaissances, de conseils de méthodologie ou d'une aide à l’orientation.
Pour organiser cet accompagnement personnalisé, les établissements disposeront d’une certaine liberté. Dans le cadre de la politique nationale, la réforme du lycée donnera des marges de manoeuvre aux établissements pour favoriser l’innovation et proposer une réponse adaptée aux besoins de chaque lycéen.
Ces deux heures d’accompagnement personnalisé seront aménagées dans l'emploi du temps actuel de l'élève mais ne s'y ajouteront pas : les élèves français travaillent déjà en moyenne cent heures de plus par an que dans les autres pays de l'OCDE.
Comment faire pour que le lycée soit mieux adapté à son époque ?
- Mettre en place un plan d’urgence en faveur des langues étrangères. L'accent sera mis sur la maîtrise orale des langues. Les enseignements en langues étrangères des matières comme les sciences et l'histoire, seront développés. Les classes seront rassemblées en groupes de compétences. Des partenariats avec les établissements étrangers seront favorisés.
- Garantir un plus large accès à la culture. Afin de réduire les inégalités d’accès à la culture liées aux origines sociales, des mesures concrètes sont prises pour favoriser l’accès à la culture pour tous : création d’un vidéo club dans chaque lycée qui donne à chaque élève accès aux 200 grands classiques du cinéma mondial. Un professeur "référent culture" dans chaque établissement sera chargé des relations avec le monde de la culture.
- Favoriser la responsabilisation de chaque lycéen avec la mise en place du livret de compétences, la reconnaissance des initiatives et engagements associatifs, un accompagnement pour la création et la gestion par les lycéens d’associations, notamment dans les domaines sportifs et culturels.
Source . porte-parole du Gouvernement







