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La politique nutritionnelle de santé publique se porte bien

07.mai2010
Photo : Franck Perry/AFP
Photo : Franck Perry/AFP

Un bilan du Programme national nutrition santé 2005-2010 (PNNS) a été présenté par Roselyne Bachelot, le 6 mai. L'hygiène de vie progresse grâce à de bonnes habitudes alimentaires et de l'exercice physique. "Mens sana in corpore sano" : la devise gagne du terrain.

Le Programme national nutrition santé (PNNS) a pour vocation à inciter les Français à adopter des habitudes alimentaires plus saines et à pratiquer des activités physiques, afin de réduire les risques de survenue de maladies, comme certains cancers, le diabète et l’obésité.

Dans le cadre d'une mission conjointe entamée en octobre 2009, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAE), ont rendu leur rapport d'évaluation du dispositif entre 2005 et 2010 : "le PNNS a rempli de manière plutôt satisfaisante les objectifs assignés en termes de promotion de bons comportements alimentaires avec les moyens humains et financiers qui lui ont été assignés." Le document souligne la portée internationale du Programme qui est "un exemple […] et une référence pour de nombreux pays étrangers".

Le PNNS est une œuvre collective, car pas moins de 203 villes, huit communautés de communes et quatre départements (Moselle, Haute-Saône, Vendée et Gironde) participent à son application. Les entreprises sont également fortement impliquées dans ce programme : 18 grands groupes ou entreprises ont signé depuis 2008 les chartes d'engagement du progrès nutritionnel qui visent à améliorer la qualité nutritionnelle des produits (Saint-hubert, Casino, Maggi, Lesieur et tout dernièrement Mc Cain). De nombreuses actions ont été mises en œuvre dans les quartiers, les établissements scolaires, les maisons de retraite, les centres d'aide alimentaire…

L'occasion pour la ministre de la Santé de se réjouir des résultats très encourageants du dispositif. En termes d'habitudes de consommation alimentaire et d'hygiène de vie :

  • la consommation de cinq fruits et légumes par jour a augmenté de 16 % et la consommation de sucres a diminué de 10 % entre 1998 et 2006 ;
  • l'activité physique, préconisée par le PNNS (30 minutes minimum par jour) fait partie des habitudes de deux tiers des Français ;
  • le surpoids et l'obésité chez l'enfant sont tombés de 18 à 16 % entre 2000 et 2007. Les distributeurs de nourriture et de boissons sucrées ont été interdits dans les écoles.



Sur le thème de l'obésité, Roselyne Bachelot a salué la présence de Pierre Méhaignerie en qualité de maire de Vitré (Ille-et-Vilaine), "ville très investie dans le PNNS", a-t-elle souligné, notamment par le biais de son adhésion au programme Epode, dispositif de mobilisation contre le surpoids et l'obésité à l'échelle des communes. Une expérimentation qui a fait ses preuves, et la ministre de la Santé d'en appeler à un "rapprochement entre le PNNS et le programme Epode".


Poursuivre la dynamique

"Une politique de santé ne peut être efficace que si elle est intersectorielle", a souligné Roselyne Bachelot. Pour assurer une plus grande efficacité des mesures, la ministre de la Santé a ainsi souhaité que le pilotage du PNNS se fasse en "étroite collaboration avec l'ensemble des acteurs concernés. Elle a notamment cité la complémentarité du PNNS avec le Programme national pour l'alimentation de Bruno Le Maire. Roselyne Bachelot a également mis en avant les axes d'actions prioritaires qu'il convient de développer au regard du bilan fait sur le PNNS 2005-2010 :

  • combattre l'inégalité en matière de santé en développant des actions en faveur des plus démunis ;
  • renforcer la prise en charge des personnes obèses. À ce titre, 3 millions d'euros serviront à financer des équipements supplémentaires pour accueillir des patients obèses dans les établissements de Soins de suite et de réadaptation (SSR) ;
  • lutter contre la sédentarité en promouvant l'activité physique grâce aux actions menées avec la secrétaire d'Etat chargée des Sports, Rama Yade ;
  • renforcer l'action en faveur de la dénutrition des personnes âgées en lien avec le Plan national "Bien vieillir" mis en place sous l'égide de la secrétaire d'État chargée des Aînés, Nora Berra.

Ces orientations se retrouveront dans la présentation du nouveau Programme national nutrition santé qui doit, selon Roselyne Bachelot, être faite dans les prochaines semaines.



Les objectifs du Programme national nutrition santé

Informer et orienter les Français vers des choix nutritionnels indispensables pour assurer une bonne santé ;
Développer des stratégies pour le dépistage des troubles de l'état nutritionnel, et notamment du risque d'obésité chez l'enfant, ainsi que la prise en charge nutritionnelle des patients ;
Assurer un travail de prévention à travers l'information de la population et l'amélioration des environnements : faciliter la pratique d'une activité physique quotidienne et permettre d'identifier facilement le meilleur choix alimentaire en faveur d'une meilleure santé.
(Source : ministère de la Santé)