Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem se sont rendues à la maternité des Lilas en Seine-Saint-Denis le 17 janvier, date anniversaire des 38 ans de la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Afin de marquer le jour anniversaire de la loi Veil, du 17 janvier 1975, Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem ont choisi de se rendre en Seine-Saint-Denis, à la maternité des Lilas. "Une date historique" et "un lieu important pour l'histoire des droits des femmes" ont souligné les deux ministres.
Au cours de la table ronde organisée avec les personnels de la maternité, la ministre de la Santé et la ministre des Droits des femmes ont réaffirmé le droit fondamental pour toutes les femmes d'accéder à l'IVG. Elles ont mis l'accent sur l'importance cruciale d'une information sanitaire, sociale et éducative efficace pour permettre à toutes les femmes de faire leur choix en amont et en aval de la grossesse.
La ministre de la Santé a exprimé "[sa fierté] d'avoir fait voter la gratuité de l'IVG dans la loi de financement de la sécurité sociale 2013" et rappelé la décision de revaloriser de 50 % la rémunération de l'acte dans les établissements de santé (Voir l'encadré ci-dessous).
Comme l'a souligné Najat Valaud-Belkacem, "la question qui se pose est celle de l'effectivité du droit à l'avortement". "La situation n'est pas identique dans tous les départements", a-t-elle indiqué. Pour permettre un égal accès sur tout le territoire national à ce droit, la ministre de la Santé a demandé aux ARS "une opération d'évaluation précise de la situation" dans toutes les régions (Lire le rapport IVG 2012 de l'ARS d'Île-de-France).
Il faut rester "vigilant pour que ce droit ne se relâche pas", a déclaré Marisol Touraine. C'est dans ce souci que les deux ministres ont rappelé la publication l'été dernier de la circulaire(1) destinée à pallier les éventuelles difficultés d’accès à l'interruption volontaire de grossesse pendant la période estivale. Un droit qui ne doit pas faire oublier, selon Marisol Touraine et Najat Valaud-Belkacem, que trois quarts des femmes recourant à l'IVG sont sous contraception. Pour les deux ministres, l'information constitue un point crucial.
Informer et éduquer
Pour Najat Valaud-Belkacem, une véritable politique génésique dans laquelle le droit à l'IVG tient toute sa place "renvoie en amont à la présence d'une véritable éducation à la sexualité." Elle a annoncé qu'une circulaire, préparée conjointement avec le ministre de l'Éducation nationale, serait publiée fin janvier pour "donner corps à l'éducation à la sexualité dans les collèges et les lycées." Elle a indiqué que cette question ne serait pas abordée dans les cours de biologie qui n'en montrent qu'une vision restreinte. Plus qu'un enseignement, il s'agit d'une "éducation" à la sexualité. Celle-ci comporte des facteurs multiples : affectif, psychologique, sanitaire, contraception, etc. "Il s'agit quasiment d'une question de citoyenneté, d'égalité des sexes, d'égale dignité entres les filles et les garçons – d'où la question du consentement – qui doivent être abordées par des acteurs associatifs qui sont les mieux placés pour aborder cette question", a indiqué la ministre des Droits des femmes.
En 2010, 225 000 IVG ont été réalisées en France. A partir de 2013, le Gouvernement a décidé de garantir l’égal accès de toutes les femmes à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Avant cette décision, l’assurance maladie prenait en charge à 100 % uniquement les IVG des assurées mineures et entre 70 % (médecine de ville) et 80 % (établissements de santé) les assurées majeures.
Le Gouvernement prévoit en outre une revalorisation des tarifs de l’IVG pour faire face au désengagement des établissements de santé dans la réalisation de ces actes et garantir un accompagnement suffisant des femmes demandant une IVG.
La prise en charge à 100 % de l’IVG représente un coût de 13,5 millions d’euros, auquel s’ajoutera la revalorisation du tarif de l’IVG, soit un coût total de 31,7 millions d’euros.
(Source : dossier de presse PLFSS 2013)
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Une circulaire renouvelée pour la prochaine période estivale, a annoncé Marisol Touraine. ↩


