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La concertation autour de la réforme du lycée

07.avril2008

Il faut protéger ce qui fait l'essence du lycée républicain : le socle de culture générale, le lien particulier qui l'unit à l'université et dont le baccalauréat, premier grade de l'enseignement supérieur, est le symbole le plus incontestable."
Xavier Darcos (point d'étape sur la réforme du lycée, le 21 octobre 2008

La réforme du lycée est actuellement en discussion. Richard Descoings (directeur de l’IEP de Paris) est chargé de conduire une mission de concertation avec tous les acteurs du secteur éducatif (syndicats enseignants, de chefs d'établissement, organisations lycéennes, représentants des familles...).

Un triple objectif

  • réduire significativement le nombre d’élèves sortant chaque année du système scolaire sans qualification ;
  • amener 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat ;
  • conduire 50 % de cette classe d'âge à un diplôme d’enseignement supérieur.

Xavier Darcos a donné un certain nombre de pistes très concrètes pour conduire cette réforme :

  • Il faut faire faire une distinction nette entre la classe de seconde et le cycle terminal (première et terminale) : la seconde doit être une "classe de détermination" donnant aux élèves la possibilité "d’explorer des domaines qui leur sont inconnus". A cette seconde succédera un cycle terminal dont l’objectif sera d’encourager les élèves dans une voie personnelle et "réelle" ;
  • organiser les enseignements et activités proposés aux élèves autour de trois grands blocs principaux : l’enseignement devra ainsi comporter des enseignements généraux, mais aussi des enseignements complémentaires. L’objectif : donner à tous les élèves un socle commun de connaissances tout en individualisant les parcours. Le rapport propose de consacrer en seconde 60 % du temps aux enseignements généraux, 25 % aux modules d’exploration et 15 % aux enseignements d’accompagnement.
    En cycle terminal, la répartition serait de 45 %, 45 % et 10 % ;
  • organiser les enseignements en modules : le parcours des élèves pourrait être conçu comme un ensemble de "modules" qui représenterait une cinquantaine d’heures.

Mieux préparer les élèves aux études supérieures

Le 12 juin 2008, le ministre a signé avec sept organisations syndicales un texte précisant les points de convergence sur lesquels s’engageront les discussions sur la réforme du lycée.

Les deux axes principaux :

  • le lycée doit devenir une passerelle vers l’enseignement supérieur : pour diminuer par trois en cinq ans le taux d’échec dans le premier cycle de l’enseignement supérieur, atteindre le taux de 50 % de diplôme et promouvoir l’accès aux IUT, STS et CPGE, le ministère de l’Education nationale prévoit de créer un nouveau lycée capable de préparer les élèves à l’enseignement supérieur en développant leur capacité de travail personnel autonome et de recherche documentaire, et la maîtrise du travail en groupe. La classe de seconde sera repensée afin de consolider les acquis du collège et de proposer des savoirs nécessaires à la poursuite d’études en enseignement supérieur ;
  • le lycée devra présenter un nouveau cadre de travail et une plus grande personnalisation des parcours scolaires afin de prendre en compte les particularités de tous les élèves. Pour ce faire, la liberté pédagogique sera valorisée.

Une mission de réflexion fondée sur une concertation large

Richard Descoings (directeur de l’IEP de Paris et administrateur de la FNSP) a été chargé par le président de la République, le 12 janvier 2009, de conduire une mission de concertation pour la réforme du lycée. Il a pour mission "d'élargir la réflexion sur la réforme du lycée à de nouveaux partenaires" et "d'explorer librement et sans préalable toutes les pistes qui pourraient permettre à notre lycée général et technologique de devenir plus juste, plus attractif et plus performant."
"Il faut donner la parole à celles et à ceux qui ne se sont pas encore exprimés et qui ont pourtant des choses à dire : les lycéens, les familles, les professeurs, les équipes de direction et les élus. Tous ceux qui ont de l'intérêt pour la réussite du lycée", a indiqué Richard Descoings qui a décliné les trois modes de consultation qu'il va suivre :

  • les visites sur le terrain ;
  • l'utilisation d'internet, principal moyen de communication des jeunes, via le le site internet "lyceepourtous.fr" ;
  • les audiences auprès des partenaires sociaux (organisations syndicales, lycéennes, fédérations de parents d'élèves, etc.)

A l'issue de l'ensemble des consultations, la mission de réflexion et de concertation doit formuler des recommandations "en vue de la mise en œuvre de la réforme du lycée général et technologique autour des quatre axes suivants " :

  • le renforcement de l'accompagnement des élèves en difficulté et la réduction des redoublements, notamment en classe de seconde ;
  • le rééquilibrage de la voie technologique par rapport à la voie générale et, à l'intérieur de la voie générale, le rééquilibrage des "dominantes" correspondant aux séries S, ES et L ;
  • une meilleure préparation des élèves à l'enseignement supérieur tant en termes de méthodes de travail que d'aide à l'orientation ;
  • la reconnaissance de la responsabilité et de l'engagement des lycéens dans la vie de leur établissement et l'organisation de leurs études.

Le calendrier prévisionnel

Mai 2009 remise d'un rapport d'étape au président de la République
Septembre 2009 des expérimentations seront menées dans les lycées volontaires dans le respect des programmes et examens nationaux. Elles concerneront la gestion du temps ou l’organisation des classes
Octobre 2009 remise d’une contribution définitive de la mission de concertation
Rentrée scolaire 2010 mise en œuvre de la réforme