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"La clé du développement de la Corse, c'est le développement durable"

05.février2010
Photo : Élysée
Photo : Élysée

Le président de la République s'est rendu en Corse le 2 février. Pour le chef de l'État, la clé du développement de la Corse passe par le développement durable.






Avec quelque 1 000 kilomètres de côtes, la Corse a un fort potentiel de développement des énergies renouvelables : solaire, éolien notamment en mer, comme d'autres énergies marines innovantes.


L'environnement exceptionnel de la Corse est un atout, c'est le patrimoine de l'humanité. Nous allons écrire ensemble ces chapitres qui permettront à la Corse de s'inscrire dans le développement durable."
Nicolas Sarkozy

La Corse va devenir un véritable laboratoire des nouveaux métiers de la croissance verte en s'inscrivant dans une démarche pilote, a annoncé le chef de l'État. 5 millions d'euros seront consacrés à cette dynamique. En s'adossant à l'Observatoire régional de l'emploi et de la formation, des formations dans les secteurs du développement durable seront mises en place à la suite de diagnostics territoriaux au plus près du terrain. Il faut rappeler que le gisement d'emplois verts estimés par le Grenelle Environnement au niveau national représente plus de 600 000 emplois potentiels.

Photo : AFP
Autre enjeu économique et de développement durable : remplacer les centrales actuelles fonctionnant au fioul lourd, plus polluant, par de nouvelles centrales thermiques fonctionnant au gaz naturel. Dans cette optique, la France a décidé de négocier le raccordement de la Corse au futur gazoduc Galsi, a annoncé Nicolas Sarkozy. Le gazoduc doit acheminer du gaz algérien vers l’Italie en passant par la Sardaigne. Le raccordement de la Corse au Galsi permettra d'alimenter deux centrales de production d'électricité à Lucciana (Haute-Corse) et Ajaccio (Corse-du-Sud). 425 millions d'euros d'investissement seront consacrés au projet avec pour objectif une réalisation d'ici à 2015. 7 millions seront également consacrés au raccordement du nord de l'Île de beauté à Olbia en Sardaigne. Le président de la République a annoncé qu'il allait lancer "un second volet d'études détaillées pour engager le raccordement". "Ces études devront préciser le coût final de l'opération", a déclaré le chef de l'État qui a précisé que "s'agissant d'un projet euro-méditerranéen", la France solliciterait l'Europe en termes de cofinancement.


Réorienter les priorités du développement économique


La convention PEI 2002-2017 sera révisée, a annoncé le président de la République, pour réorienter les enveloppes budgétaires dans le domaine environnemental : l'assainissement, l'eau brute, l'eau potable, le traitement des déchets…

Aux 868 millions d'euros déjà programmés depuis 2002, viendront s'ajouter, d'ici à 2013, 168 millions d'euros pour financer des opérations nouvelles dans le développement durable. "Au total, d'ici à 2017, ce seront 2 milliards d'euros qui auront été consacrés au rattrapage de la Corse", a précisé Nicolas Sarkozy.

Autre nouvelle orientation, celle du Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc). 7 années après sa mise en place, "le Padduc est en panne", constate Nicolas Sarkozy. Le Padduc doit désormais intégrer les prescriptions du Grenelle Environnement. De même, il devra prendre en compte les conclusions des Assises des territoires ruraux, qui seront lancées la semaine prochaine sur la base des propositions de Michel Mercier, a annoncé le chef de l'État.

L'Assemblée de Corse sera consultée avant l'été sur un projet de loi modifiant la démarche et le contenu du Padduc. Le chef de l'État demande à "Jean-Louis Borloo et Michel Mercier de préparer le texte de loi dès à présent" afin de "donner à la collectivité la possibilité d'élaborer en début de mandat une vision nouvelle, qui ne soit pas figée pour toujours, et qui intègre la préoccupation nationale du développement durable."