L’Organisation internationale de la francophonie fête ses 40 ans
Quelque 200 millions de personnes sur les cinq continents parlent le français. Sur la base du partage de cette langue et le respect de valeurs universelles, le mouvement francophone a donné naissance à une Organisation internationale de la francophonie (OIF). Forte des 70 Etats et gouvernements qui la composent, l'OIF a pour mission développer une solidarité active entre les adhérents.
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Les prémices de la francophonie
Le terme "francophonie" est apparu vers la fin du XIXe siècle, pour décrire l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français comme langue nationale ou régionale. Quelques décennies plus tard, des francophones prennent conscience de l’existence d’un espace linguistique partagé, propice aux échanges et à l’enrichissement mutuel. L'élan de la francophonie est donné.
Dès 1926, des écrivains francophones se rassemblent et créent l’Association des écrivains de langue française (Adelf). Des journalistes leur emboîtent le pas et se regroupent en 1950 au sein de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (aujourd’hui Union de la presse francophone). En 1955, une communauté des radios publiques francophones est lancée avec Radio France, la Radio suisse romande, Radio canada et la Radio belge francophone. Aujourd'hui, ces radios diffusent simultanément des émissions communes sur les ondes des radios membres, contribuant ainsi au renforcement du mouvement francophone à travers le monde.
Dès 1960, la première institution intergouvernementale francophone, regroupant 15 pays, voit le jour avec la Conférence des ministres de l’Education (Confémen). Réunissant aujourd’hui 41 Etats et gouvernements membres, elle trace les orientations en matière d’éducation et de formation au service du développement.
Les universitaires s'associent au mouvement en fondant, une année plus tard, l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française. Celle-ci deviendra, en 1999, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). L’AUF compte aujourd’hui 677 établissements d’enseignement supérieur et de recherche répartis dans 81 pays. Elle est l’un des principaux opérateurs spécialisés de la francophonie.
Le mouvement s’élargit aux parlementaires qui lancent leur association internationale en 1967, devenue l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) en 1997. Elle regroupe actuellement 65 parlements membres et 11 observateurs. Elle représente, selon la Charte de la francophonie, l’Assemblée consultative du dispositif institutionnel francophone.
Enfin, la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports (Conféjes), créée en 1969, est, avec la Confémen, la deuxième conférence ministérielle permanente de la francophonie.
Le lancement de la coopération francophone
L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est née le 20 mars 1970, date de la signature du Traité de Niamey (Niger), initié par Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori et le prince Norodom Sihanouk du Cambodge.
Fondée sur le partage de la langue française et des valeurs universelles, elle a fait de la reconnaissance et de la promotion de la diversité des cultures des pays francophones un facteur de dialogue et de paix au service du développement.
De 21 Etats et gouvernements membres fondateurs en 1970, l’OIF est passée aujourd’hui à 56 membres et 14 observateurs, des États et gouvernements appartenant à toutes les régions du monde : Afrique, Asie-Pacifique, Caraïbes, Europe occidentale et orientale, Amérique.
Les grandes missions de l'OIF
Dans l’ensemble de ses actions, l’OIF porte une attention particulière aux jeunes et aux femmes ainsi qu’à l’accès aux technologies de l’information et de la communication.
L'OIF est dirigée depuis 2002 par Abdou Diouf, successeur de Léopold Sédar Senghor et ancien président du Sénégal. Il a été nommé au poste de secrétaire général de la francophonie. L'OIF est placée sous l’autorité de trois instances politiques : le Sommet, l’instance suprême de la francophonie qui se réunit tous les deux ans ; la Conférence ministérielle de la francophonie (CMF) et le Conseil permanent de la francophonie (CPF).
Une nouvelle dimension politique impulsée par les sommets de la francophonie
Depuis, onze sommets de la francophonie se sont réunis : 1987 à Québec (Canada-Québec), 1989 à Dakar (Sénégal), 1991 à Paris (France) initialement prévu à Kinshasa (Congo RD), 1993 à Grand-Baie (Maurice), 1995 à Cotonou (Bénin), 1997 à Hanoi (Vietnam), 1999 à Moncton (Canada-Nouveau Brunswick), 2002 à Beyrouth (Liban), 2004 à Ouagadougou (Burkina Faso), 2006 à Bucarest (Roumanie), 2008 à Québec (Canada-Québec).
Ces sommets ont contribué à renforcer la place de la francophonie sur la scène internationale tout en élargissant ses champs d’action et en améliorant ses structures et modes de fonctionnement. Au sommet de Cotonou qui s'est tenu en 1995 au Bénin, les participants ont opté pour la création d'un poste de secrétaire général, clé de voûte du système institutionnel francophone. Le premier secrétaire général est élu au Sommet de Hanoi (Vietnam) en 1997, en la personne de Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général des Nations unies. Au cours de ce même sommet, la charte de la francophonie, principal texte de référence, est adoptée.
Abdou Diouf, ancien président de la République du Sénégal, est élu secrétaire général de la francophonie au sommet de Beyrouth en 2002. Il impulse une nouvelle dynamique à l’Organisation dans ses deux volets : les actions politiques et la coopération pour le développement.
Le monde francophone
Le français se situerait au 9e rang des langues les plus utilisées. On compterait aujourd’hui près de 200 millions de francophones à travers le monde, soit plus de 3 % de la population mondiale. L’Europe regroupe 44 % de la population francophone, l’Amérique 7,6 %, et l’Afrique 46,3 %, l’Asie 1,8 % et l’Océanie 0,3 %.
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