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L'Etat va injecter 10,5 milliards d'euros dans six banques privées françaises

21.octobre2008

L’Etat va injecter d’ici à la fin de l’année 10,5 milliards d’euros dans les six plus grandes banques privées françaises pour qu’elles puissent financer suffisamment l’économie dans une conjoncture internationale très difficile, et accorder des prêts d’un volume suffisant aux ménages et aux entreprises.

La première banque française, le Crédit agricole, va recevoir 3 milliards d’euros, BNP Paribas 2,55 milliards d’euros, la Société générale 1,7 milliard tandis que le Credit mutuel va obtenir 1,2 milliard, la Caisse d’Epargne 1,1 milliard et la Banque populaire 950 millions, a annoncé le 20 octobre Christine Lagarde.

Cet apport de fonds est rendu indispensable pour que ces banques soient "en mesure de financer correctement l'économie", a-t-elle précisé lors d'un point presse à l'issue d'une réunion avec les dirigeants de ces banques.

Cette injection se fera via l'émission de titres de dette subordonnée, ce qui signifie que l'Etat ne rentre pas dans l'actionnariat de ces banques, a souligné la ministre.

Le dispositif pourrait être reconduit l'an prochain, pour un montant équivalent, "si les tensions de marché venaient à persister".

En contrepartie, la ministre a demandé aux banques "des engagements de nature économique et de nature éthique". Ils portent notamment sur la rémunération des dirigeants et le volume des crédits accordés aux ménages et aux entreprises.
Ces engagements feront l'objet d'une convention signée avec l'Etat.

Cette injection de fonds s'inscrit dans le cadre du plan de soutien aux banques annoncé la semaine dernière qui prévoyait notamment une enveloppe de 40 milliards d'euros pour recapitaliser les banques qui en feraient la demande (lire le communiqué du Conseil des ministres du 13 octobre sur le projet de loi de financement de l'économie).

Rappelant la solidité des banques françaises, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, également présent, a souligné que ces six banques n'avaient "absolument pas besoin de fonds propres" ni "d'être recapitalisées". "Le seul objectif c'est d'accompagner le financement de l'économie", a-t-il insisté lors du point presse.

Elle leur permet "de maintenir un haut niveau de solvabilité, dans une période où l'état des marchés ne leur permet pas de lever les capitaux nécessaires", a souligné la Banque de France dans un communiqué.

-  Le communiqué de presse du 20 octobre, sur le site du ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi
-  Le discours de François Fillon à l'Assemblée nationale le 14 octobre
-  L'article sur le discours du président de la République le 13 octobre
-  Le dossier de presse du 13 octobre sur le plan français pour assurer le financement de l'économie et restaurer la confiance (format pdf), sur le site du ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi