L'entente franco-britannique confirmée au sommet d'Evian
A l'avant-veille du sommet du G8, le sommet franco-britannique d'Evian (Haute-Savoie) a permis au chef de l'Etat français et au Premier ministre britannique, Gordon Brown, d'avancer des idées pour asseoir la croissance à venir et proposer une meilleure régulation mondiale. Objectif commun : confirmer les réformes annoncées au G20 de Londres et faire en sorte que le prochain sommet prévu en septembre à Pittsburgh soit aussi ambitieux.
Une organisation mondiale de l’environnement
Nicolas Sarkozy s'est félicité de la convergence de vues entre Paris et Londres, notamment dans la lutte contre le réchauffement climatique : "J’étais très heureux de parler avec Gordon Brown de l’Organisation mondiale de l’environnement. Je crois pouvoir dire, en tout cas sur le principe, qu’il soutient cette proposition et nous allons travailler ensemble sur la fiscalité environnementale, sur la taxe carbone."
Priorité au retour de la croissance
Nicolas Sarkozy : "C’est très important pour moi d’apporter mon total soutien à la position du gouvernement britannique sur la nécessité d’initiatives plus fortes au niveau mondial pour trouver la croissance. Nous ne pouvons pas nous permettre plusieurs années de croissance atone. De la même façon, je partage l’analyse de Gordon Brown qu’il faut une stratégie économique plus forte encore
en Europe avec une coordination plus grande. Bien sûr qu’il faut lutter contre l’endettement, bien sûr qu’il faut lutter contre les déficits mais on luttera contre l’endettement et les déficits par le retour de la croissance et par des économies sur le fonctionnement, c’est parfaitement évident."
Gordon Brown : "Il y a des secteurs dans la nouvelle économie où la France, la Grande-Bretagne et d’autres pays peuvent s’en sortir très bien. Je pense au numérique où des milliers d’emplois pourront être créés à l’avenir, du moins s’il y a les investissements. Je pense aux biotechnologies, à la santé, il y a d’énormes possibilités pour nos pays puisqu’il y a une possibilité d’exporter puis il y a également l’énergie nucléaire, l’économie sans carbone. Et en travaillant ensemble également sur les voitures électriques, nous allons pouvoir progresser rapidement et arriver à des produits que le consommateur voudra acheter."
Des objectifs communs pour la régulation
Nicolas Sarkozy : "J’ai dit à Gordon Brown que naturellement nous étions pour un accord à l’OMC, que nous ne voulions pas de protectionnisme mais que nous voulions une concurrence loyale, pas une concurrence déloyale. Sur ces deux plans, je crois pouvoir dire qu’il y a une totale communauté de vues.
Nous sommes également décidés à faire bouger la gouvernance mondiale, sur tous ses aspects : le FMI, le Conseil de Sécurité, le G20."
"Nous avons évoqué bien d’autres sujets bilatéraux : le nucléaire, la coopération en matière de défense."
Sur les suites du sommet du G20 de Londres
Gordon Brown : "Il ne faut pas douter d’une chose : il n’y aura plus de paradis fiscaux d'ici à mars 2010, il y aura donc la date limite pour l’introduction de sanctions telles que, par exemple, revoir les politiques d’investissements, imposer des dates ou alors, le retrait de l’aide."
Nicolas Sarkozy : "Je vais prendre un exemple : sur les paradis fiscaux, cela progresse, ils ont quand même senti le vent du boulet, mais ils sont passés de la liste noire à la liste grise. Il faut qu’ils sortent de la liste grise, c'est-à-dire qu’il faut maintenant que, concrètement, les conventions de transparence fiscale soient signées."
Sur la coopération industrielle
Gordon Brown : "Vous avez mis en place une commission pour les industries de l’avenir. Nous allons voir les secteurs stratégiques du côté britannique, voir où, avec les entreprises, nous allons pouvoir assurer des résultats, qu’il s’agisse de biotechnologies, qu’il s’agisse de numérique, qu’il s’agisse de la production
carbone et notamment, je pense aux voitures électriques. Donc, dans tous ces domaines, nous allons travailler ensemble pour assurer l’avenir donc les biosciences, biotechnologies. Je pense que nos ministres se verront confier un mandat pour voir comment coopérer également à l’avenir (...)."
Sur la stabilisation du prix du pétrole
Gordon Brown : "C’est le produit de base le plus important dont a besoin le monde, mais c’est aussi le plus volatile, le plus instable. Il faut connaître les causes, ce qui peut être fait pour changer tout cela et comment l’économie mondiale peut continuer à croître sans cette instabilité, cette volatilité des cours du pétrole. Il faudra en discuter avec l’Opep, avec les Saoudiens. Il faudra en discuter avec nos autres partenaires du G8 et du G20. Il va falloir faire quelque chose. (...) Et puis, il nous faut également des accords pour voir comment passer de la dépendance au pétrole à d’autres sources d’énergie."