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L'ANR devient l'un des principaux opérateurs pour les investissements d'avenir

07.mai2010
Valérie Pécresse. Photo : AFP
Valérie Pécresse. Photo : AFP

L'Agence nationale de la recherche (ANR) verra son champ d’intervention s'élargir considérablement à l'occasion de l'emprunt national, puisqu'elle aura à gérer plus de 15 milliards d'euros des investissements d'avenir. Lors du colloque organisé pour le 5e anniversaire de l'ANR, le 5 mai, Valérie Pécresse a salué le rôle de l'agence dans le paysage de la recherche.

La création de l’ANR en 2005 répondait aux nouveaux besoins de notre système de recherche, en introduisant le financement sur projet. Au-delà des chiffres – près de 6 000 projets financés en 5 ans, soit près de 3 milliards d’euros supplémentaires – , "la naissance de l’Agence a marqué une transformation profonde de notre vision de la science, de sa place et de son rôle", a déclaré la ministre dans un discours lors du colloque organisé pour le 5e anniversaire de l'Agence nationale de la recherche, le 5 mai.

Dans le cadre des investissements d’avenir financés par l’emprunt national, le champ d’intervention de l'ANR va s’élargir : elle gérera plus de 15 milliards d’euros (sur les 35 milliards prévus), soit 15 fois son budget actuel. "Forte de ses 4 000 experts internationaux et de l’expérience acquise en finançant près de 20 000 équipes de recherche, je sais que l’ANR sera à la hauteur de la tâche immense qui l’attend", a déclaré Valérie Pécresse, qui a rappelé le "souci permanent [de l'ANR] de tenir compte de l’expérience passée pour évoluer et améliorer son fonctionnement, au plus près des besoins des scientifiques.

L'agence a amélioré son fonctionnement pour simplifier la vie des chercheurs

Depuis trois ans, à la demande de la ministre, l’ANR a engagé une amélioration régulière de son fonctionnement pour simplifier la vie des chercheurs. "A de multiples reprises, elle a modifié l’architecture de ses programmes pour élargir le nombre des bénéficiaires et dégager des moyens spécifiques pour les sciences humaines et sociales. Elle a également allégé les formulaires de soumission aux appels à projets et réduit de moitié le nombre de rapports d’activité exigés. Elle a également avancé son calendrier de publication des appels à projets et accéléré ses délais de paiement aux laboratoires."

La ministre souhaite désormais que l’Agence "mette à l’étude la création en son sein d’une commission de recours, pour offrir aux chercheurs la possibilité de voir leurs projets réexaminés".

La part des programmes "blancs", ouverts, a été portée de 25 à 50 %

"Les avancées (scientifiques) possibles ne se décrètent pas", a souligné Valérie Pécresse. Pour favoriser la liberté de recherche, à la demande du Gouvernement, l'agence a porté de 25 à 50 % la part des programmes "blancs" (non thématiques) dans les financements versés par l’ANR, pour garantir à chaque chercheur qu’il trouverait "le soutien lui permettant d’exprimer pleinement son inventivité et sa créativité". Parallèlement, l'agence a maintenu un fort taux de sélectivité (autour de 25 %), garantissant la qualité des projets.

"Ces projets exceptionnels ne verraient jamais le jour sans les laboratoires où ils ont mûri et pris forme", a souligné la ministre. C’est pourquoi les financements sur projet se sont toujours ajoutés aux crédits dont bénéficient chaque année les laboratoires et "ne s’y sont jamais substitués". Les établissements qui soutiennent la créativité de leurs équipes de recherche sont désormais mieux récompensés : les financements complémentaires qu’ils peuvent recevoir chaque année au titre du préciput (contribution apportée par un laboratoire ou l’établissement qui l’héberge) ont été portés de 11 à 20 %.

Autre évolution majeure, "la place singulière que l’Agence a tenu à faire aux jeunes chercheurs". Des programmes ont été spécialement créés à leur intention, permettant aux jeunes thésards ou post-doctorants "d’élaborer leurs propres projets, de les soumettre au jugement de leurs pairs et d’obtenir une première reconnaissance".

Réfléchir à la création de "chaires partenariales"

Alors qu'à peine 1 % de la recherche privée est aujourd’hui partenariale, l'ANR a ouvert un site internet d’échanges entre les chercheurs publics et privés, www.lemoteurdelarecherche.fr. Ce site permet désormais aux chercheurs publics de répondre à des appels à projets de la recherche privée et aux entreprises privées d'avoir accès à toutes les informations sur les laboratoires publics financés par l’ANR.

L'agence participe depuis le départ au décloisonnement du monde de la recherche. Valérie Pécresse veut désormais qu'elle "réfléchisse à la création de chaires partenariales : au travers de ces chaires, des institutions publiques et privées pourraient unir leurs forces dans des domaines particulièrement stratégiques en soutenant les travaux d’enseignants-chercheurs éminents".

Les Instituts Carnot sont des établissements de recherche reconnus pour leur engagement en matière de partenariat avec les acteurs socio-économiques (entreprises) et labellisés à ce titre par l'ANR. A l’occasion du 3e rendez-vous Carnot, le 5 mai, Valérie Pécresse a confirmé le lancement à l’automne de l’appel à projets Carnot 2, qui bénéficiera de ressources supplémentaires grâce aux investissements d'avenir. Pour renforcer les dotations des instituts existants, elle a annoncé la création d'un fond de 500 millions d’euros, dont les produits leur procureront un financement autonome et pérenne.