Intégrer les enfants autistes en milieu scolaire ordinaire
Intégrer les enfants autistes en milieu scolaire ordinaire reste un objectif prioritaire des pouvoirs publics, toutefois le large spectre des troubles des enfants atteints par la maladie ne permet pas d’établir une unique solution éducative pour tous. Certains ont un bon niveau de développement mental et intellectuel, d'autres connaissent des troubles plus ou moins accentués du langage et du comportement.
Une palette de structures adaptées existe : entre Clis, Upi et IME, les auxiliaires de vie scolaire (AVS) sont présents pour apporter le soutien pédagogique et la proximité nécessaire à l'apprentissage exigeant des enfants autistes.
La scolarisation en milieu ordinaire s'est accompagnée d'une augmentation du nombre d'AVS : 570 millions d'euros sont ainsi consacrés chaque année à ce dispositif. Entre 2007 et 2008, le nombre d'AVS recrutés a augmenté de 50 % avec 4 700 personnes embauchées. Par ailleurs, le Gouvernement a souhaité améliorer la formation de ces AVS : "La quasi-totalité des agents a bénéficié d'une formation spécifique, alors que 35 % étaient encore en attente fin 2007", a précisé la secrétaire d'Etat alors en charge du Handicap, lors d'une intervention au Sénat, le 11 juin 2009.
> Pour Laurence Oddos, auxiliaire de vie scolaire dans une classe d'intégration scolaire pour les troubles envahissants de développement (Clis-TED) en maternelle à Aix-les-Bains, l'accompagnement précoce des enfants autistes est le gage de la réussite.
Le témoignage de Laurence Oddos
Propos recueillis par la rédaction de gouvernement.fr
L'intégration des enfants autistes en classe scolaire ordinaire, est-ce possible ?
Bien sûr ! C'est un choix de société mais c'est aussi une réalité. AVS dans une Clis-TED de maternelle, je fais l'expérience tous les ans des progrès indéniables des enfants que nous soutenons et que nous guidons, au niveau du comportement et des acquisitions scolaires. Certains d'entre eux intègrent une classe normale, avec le soutien d'une AVS. Il n'y a pas de ségrégation. L'intégration en classe ordinaire fait partie du programme dès le début : une fois par semaine de manière progressive, les enfants suivent les activités des autres enfants en classe normale. Les enfants autistes participent aux événements communs de l'école, les activités ludiques comme les fêtes, les sorties au théâtre par exemple.
Avec une pédagogie adaptée, bien entendu ?
La philosophie est de fonctionner "comme" une classe ordinaire au quotidien. Bien sûr, nous adaptons notre pédagogie à la spécificité des enfants atteints de TED. Notre pédagogie fait plus appel à des manipulations, des répétitions de gestes. Les repères visuels sont privilégiés avec l'utilisation d'images. Par exemple, pour qu'ils se repèrent plus aisément dans le temps, les enfants doivent disposer des pictogrammes pour marquer les événements de leur emploi du temps (temps de l'accueil, cours de motricité, déjeuner, goûter..), c'est le recours à la méthode PECS de communication par l'intermédiaire des images. Nous sommes à la fois fermes et encadrants. La punition n'existe pas, nous encourageons toujours les enfants, nous les gratifions quand ils réussissent. Le secret c'est une écoute permanente pour adapter notre pédagogie aux besoins spécifiques de chaque enfant. Pour nous, chaque enfant est une personne et notre récompense c'est de voir des enfants accéder à la communication verbale, établir des relations avec leur entourage, jouer.
La notion d'équipe est-elle importante ?
Primordiale ! Il est essentiel d'avoir un projet partagé. Les enseignants ne sont pas formés à ce genre de situation. Nous devons leur apporter les informations nécessaires pour comprendre les enfants autistes ou plus généralement atteints de TED. Je suis personnellement très chanceuse de faire partie d'une équipe impliquée qui se tient les coudes : l'enseignante qui, par chance, avait déjà travaillé avec des enfants autistes ; une infirmière spécialisée travaillant en CMP ; un éducateur spécialisé. Nous avons pu suive des formations spécifiques grâce à une psychologue formatrice à l'EDI, les membres de Sessad autisme… La formation est essentielle dans notre métier, car s'occuper d'enfants autistes ne s'improvise pas.
▪ Classe de maternelle ordinaire, considérée comme le lieu privilégié pour une scolarisation et une intégration individuelles ;
▪ Classe primaire ou élémentaire ordinaire en accompagnement d’un Auxiliaire de vie scolaire (AVS) ;
▪ Clis pour enfants ayant un retard mental et des troubles relativement mineurs de la communication (classe de 10 et 12 élèves) ;
▪ Clis pour enfants ayant des troubles du développement (classe à effectif plus réduit : 5-6 élèves en moyenne avec un encadrement renforcé).
▪ Certains enfants bénéficient d’une scolarisation à temps partagé, formule passerelle entre une école et un établissement sanitaire (hôpital de jour) ou un établissement médico-social (IME). Cette solution permet à l’enfant de garder un contact avec d’autres élèves dans une école, tout en bénéficiant d’un accompagnement adapté plus solide.
Sources : ministère de l'Éducation nationale