Installation du comité permanent de lutte contre les discriminations
Ce comité chargé d’enrayer les phénomènes contraires aux valeurs sportives comme le racisme, l’homophobie et le sexisme sera présidé par Laura Flessel, championne olympique d’escrime.
Il rassemble différents acteurs, qu’ils soient institutionnels, sportifs, associatifs,universitaires ou médiatiques, car selon la ministre "les phénomènes de discriminations ne sont pas le fruit du sport. Ils sont le reflet de notre société, de ses peurs et de ses dérives."
Un des rôles du comité sera de mettre en place un outil d’observation des phénomènes de discrimination dans le sport, pour qu’il puisse mieux cerner ces dérives, et ainsi cibler plus précisément son action.
Le volet formation doit également être développé, notamment auprès des acteurs du sport, afin de leur permettre d’être vigilants au moindre dérapage. A ce titre, un travail a déjà débuté en février 2011.
Une importante réflexion a également été engagée sur l’homophobie, avec le lancement à l’automne dernier d’un plan d’actions comprenant une Charte de lutte contre l’homophobie dans le sport. A l’issue de l’installation du comité de lutte contre les discriminations, sept nouvelles fédérations ont d’ailleurs signé cette charte (fédérations françaises de judo, cyclisme, rugby à XV, natation, basketball, squash, et cyclotourisme) portant le total de signataires à 31. La signature de la Charte sera désormais une contrepartie obligatoire des aides accordées par le Ministère aux fédérations sportives dans le cadre des conventions d’objectifs, afin de les accompagner à intégrer la lutte contre les discriminations dans leurs actions et leur rôle de relai auprès des clubs.
Sachant que le phénomène des discriminations est très large, il est essentiel qu’une charte générale de lutte contre toutes les formes de discrimination soit instituée d’ici à janvier 2012.
Ce comité, qui travaillera en collaboration avec le comité du supportérisme installé le 6 mai dernier, réfléchira en outre à des actions à mener lors de grandes manifestations sportives, comme ce fut le cas lors de la journée du Respect, organisée le 27 février 2011 au Parc des Princes.
La ministre a aussi rappelé que lorsque des dérives sont constatées, il faut les sanctionner : "Il existe un délit pénal de discrimination posé par la loi du 16 novembre 2001. Cependant, dans la plupart des cas, il faut privilégier les sanctions éducatives. Les jeunes disent parfois des mots qui dépassent leur pensée, sans se rendre compte du mal qu’ils font. C’est pour cette raison que je souhaite étendre le dispositif sanction-réparation, expérimenté dans le Var à partir de 2006, puis dans la Marne."
Il s’agit d’un espace pédagogique éducatif qui se veut à la fois curatif, mais aussi et avant tout préventif. Une des missions confiée au comité sera de poser un cadre juridique précis et discuté collégialement, notamment avec le ministère de la Justice, afin de permettre la généralisation de ce dispositif.
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Enfin, pour renforcer le rôle d’éducation et de transmission des valeurs des clubs, Chantal Jouanno a expliqué qu’un principe de civi-conditionnalité des aides a été mis en place par le Ministère des Sports. Il pousse les clubs à avoir désormais une finalité éducative dans leurs projets, et à partir de 2012, ceux-ci devront d’ailleurs comporter obligatoirement une charte éthique.
18/05/2011 | Durée: 3'05 |
- Politique publique : Lutte contre les discriminations > Sport
- Programme : Reportages & documentaires