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Grippe A(H1N1) : l'épidémie recule mais un second pic pandémique reste possible

15.janvier2010
Photo : Lionel Bonaventure/AFP
Photo : Lionel Bonaventure/AFP

Un point presse a été tenu, le 14 janvier, réunissant Didier Houssin, Françoise Weber et Jean Marimbert au ministère de la Santé. La première vague de l'épidémie de grippe A(H1N1) est passée. Roselyne Bachelot, auditionnée par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, le 12 janvier, avait précisé que la campagne de vaccination nationale se poursuivra avec des adaptations. L'extension de l'organisation de la campagne vaccinale inclut désormais les médecins libéraux, certaines entreprises et certaines administrations.

La première vague épidémique semble derrière nous. Françoise Weber qui s'est exprimée au cours du point presse du 14 janvier a donné des précisions sur la situation épidémiologique : avec 144 000 consultations pour infections respiratoires aiguës lors de la semaine du 4 au 10 janvier, le nombre de consultations est passé en dessous du seuil épidémiologique.

Le répit enregistré sur le front de la grippe A ne doit cependant pas conduire à la démobilisation, car le virus est toujours en circulation. Les experts sont formels : le virus poursuit sa progression larvée. De plus, rien ne permet de prédire une extinction pure et simple du risque de pandémie. "Au contraire, la vigilance et la mobilisation doivent rester à un niveau élevé en cas de survenue d'un second pic de pandémie, soit au début de 2010 ou à l'automne prochain", a précisé Didier Houssin, directeur général de la santé.

Quels que soient les scénarios possibles, "la raison commande de se faire vacciner : c'est un acte de prévention simple et efficace. La population française n'est, à ce stade, pas assez protégée", a déclaré Roselyne Bachelot lors de son audition. À la date du 12 janvier, quelque 5,37 millions de Français sont vaccinés, soit 8,3 % de la population française.

Les vaccins sont sûrs, la pharmacovigilance très stricte mise en place le démontre. En ce début d'année 2010, l'organisation de la campagne s'étend avec la possibilité de se faire vacciner :

  • chez les médecins libéraux : depuis fin 2009, le nombre de doses de vaccins monodoses est suffisant pour approvisionner l'ensemble de la profession. En outre, a précisé la ministre de la Santé, "les médecins libéraux pourront s'approvisionner en vaccins auprès des pharmacies". Des discussions sont en cours avec les représentants d'officine (23 000 en France) pour régler les modalités techniques de mise en œuvre ;
  • au sein de certaines entreprises : parmi les entreprises ayant déjà signé une convention avec les pouvoirs publics : Air France, BNP-Paribas, IBM France, Michelin, PSA, RATP, Renault, Sanofi, SNCF, représentant plus de 600 000 salariés. D'autres conventions sont en cours de signature ;
  • au sein de certaines administrations : Écologie et Développement durable, Agriculture, Économie et Finances, Éducation nationale, Santé…


Les vaccinations sont, bien entendu, toujours dispensées en centres de vaccination, dans les établissements de santé et dans les collèges et lycées où une deuxième phase est entamée depuis le 5 janvier dernier. Frédéric van Roekeghem, directeur de la Cnam, a confirmé que 52 millions de bons avaient d'ores et déjà été envoyés. Toutefois, comme Roselyne Bachelot l'a rappelé, il est possible de se présenter à son centre de vaccination sans bon, ce dernier pouvant être remis sur place. Il permettra en outre d’assurer la traçabilité de pharmacovigilance.

Adaptation du stock de vaccins


Concernant la revente des vaccins, "deux accords ont été signés au profit du Qatar (300 000 doses) et de Monaco (80 000 doses). Des négociations sont en cours avec l'Ukraine, le Mexique et des pays d'Amérique latine", a précisé la ministre de la Santé.

La négociation pour la résiliation des contrats pour les doses non encore livrées et non payées est en cours. La ministre a souligné que la résiliation unilatérale est une "prérogative de puissance publique depuis 1910" qui peut être utilisée "alors même qu'aucun dispositif légal ou qu'aucune stipulation contractuelle ne l'aurait prévu."

Enfin, un contrat signé avec l'Égypte a été rompu unilatéralement par les autorités égyptiennes, a annoncé Roselyne Bachelot.

Lors de son audition, la ministre de la Santé a souhaité "replacer l'éthique au cœur du débat". Défendant le choix de commander 94 millions de doses de vaccins, Roselyne Bachelot a précisé que la stratégie du Gouvernement a été guidée par "notre attachement d'égalité et de solidarité." Ce choix permettait d'assurer une protection à "toute la population". "Le choix de l'égalité est au fondement de notre politique. L'accès des personnes fragiles à la vaccination a été pour nous une préoccupation constante […] la France s'est donné les moyens d'un combat solidaire", a précisé la ministre de la Santé.


Données épidémiologiques

Du 4 au 10 janvier :

144 000 consultations pour infections respiratoires aiguës (216 00, la semaine précédente) : le nombre de consultations est descendu en dessous du seuil épidémique.
15 cas graves hospitalisés, pour un total depuis le début de l'épidémie de 1 190. En outre, les passages aux urgences hospitalières ont diminué.
22 décès, au 12 janvier, depuis le dernier bulletin. Soit un total de 246 décès depuis le début de l'épidémie (dont 39 chez des personnes sans facteur de risque connu)

*(Source : INvS)


Le suivi épidémiologique et de pharmacovigilance


Le point hebdomadaire de la situation épidémiologique de l’InVS (Institut national de veille sanitaire)
Bulletin épidémiologique grippe A (H1N1) 2009. Point au 12 janvier 2010 à 11h

Les bulletins hebdomadaires de pharmacovigilance de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé)

Bulletin de pharmacovigilance du 12 janvier sur les vaccins grippaux A(H1N1) 2009(PDF)
Bulletin de pharmacovigilance du 7 janvier sur les antiviraux contre la grippe A(H1N1)(PDF)







Le site ministériel traitant des menaces pandémiques grippales