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Face à la crise

09.février2009

Une semaine après la mobilisation sociale du 29 janvier, Nicolas Sarkozy s'est adressé aux Français pour leur expliquer les mesures déjà prises par le Gouvernement face à la crise, et répondre à leurs inquiétudes et à leurs attentes.

Le président de la République a annoncé qu'il irait plus loin dans les mesures sociales. Il a fait des propositions concrètes qui seront débattues dès le 18 février avec les partenaires sociaux. Avec un objectif clair : mieux protéger les classes moyennes et les Français les plus fragiles.

Les chiffres clés

1,4 milliard d'euros : c'est le montant des intérêts que les banques verseront à l'Etat en 2009 et qui seront réinvestis dans les mesures sociales.

+ 17 milliard d'euros : c'est la progression des dépenses de protection sociale en 2009 qui s'ajoute aux 550 Mds € mobilisés chaque année.

2010 : c'est l'année où la taxe professionnelle sera supprimée sur les investissements productifs.

Le président de la République a-t-il entendu l'inquiétude des Français ?

Parce que nous sommes face à la crise du siècle, il est tout à fait normal que les Français expriment leurs inquiétudes et leurs attentes. Le président de la République et le Gouvernement les entendent, les comprennent et en tiennent compte.

Si l'Etat a mobilisé 360 milliards d'euros pour sauver les banques, c'est dans le but de sauvegarder l'épargne des Français. Cet argent est prêté par l'Etat aux banques en leur facturant ce service : plus l'Etat prête aux banques et plus cet argent lui rapporte. Ce sont ainsi 1,4 milliard d'euros d'intérêts qui vont être perçus.

Dans un souci de justice sociale, Nicolas Sarkozy a souhaité que cette somme de 1,4 milliard d'euros soit "intégralement utilisée pour financer des mesures sociales".

Quelles sont les pistes pour de nouvelles mesures sociales ?

Comparée aux autres pays, la protection sociale en France représente 550 milliards d'euros chaque année. Cette année, le Gouvernement compte y ajouter 17 milliards d'euros supplémentaires pour "protéger les plus fragiles". Le président de la République rencontrera l'ensemble des partenaires sociaux le 18 février pour débattre des mesures à prendre. Il a d'ores et déjà évoqué plusieurs pistes :
-  mieux indemniser le chômage partiel : les partenaires sociaux se sont mis d'accord à la demande du Gouvernement pour que l'indemnisation du chômage partiel passe de 50 à 60%. Le président de la République a souhaité aller au-delà ;
-  mieux protéger les personnes en fin de CDD et les jeunes chômeurs ;
-  aider les classes moyennes et les familles en supprimant, par exemple, la première tranche de l'impôt sur le revenu, en augmentant les allocations familiales ou avec un chèque emploi service payé par l'Etat pour les personnes âgées qui vivent seules ou les mères de familles seules ;
-  mieux partager les richesses créées par les entreprises en les répartissant entre les salariés, les actionnaires et les investissements de l'entreprise

Faut-il faire plus pour nos entreprises et pour l'emploi ?

L'emploi est la priorité du plan de relance. Le Gouvernement a fait le choix de l'investissement. Il a donc mobilisé des investissements prévus depuis des années pour "donner dès maintenant du travail aux entreprises" (construction de 4 lignes TGV, aménagement du canal Seine-Nord, construction d'un 2e EPR ...).

Pour protéger l'emploi, il faut aussi que la France garde son industrie et notamment son industrie automobile qui pèse près de 10 % des emplois. or entre une voiture produite en France et une voiture produite en Europe de l'Est, il y a 1 000 euros de différence dont un tiers correspond à la taxe professionnelle, impôt qui n'existe nulle part en Europe.

Nicolas Sarkozy a donc décidé de supprimer la taxe professionnelle sur les investissements productifs. Pour compenser cette suppression, plusieurs pistes sont envisagées comme la mise en place d'une taxe carbone.

Quelles contreparties au soutien de l'Etat ?

Le Gouvernement demandera aux constructeurs automobiles des engagements sur le maintien des sites de production en France et sur la relocalisation des usines. Les licenciements et les dividendes seront aussi au centre des discussions.

Le Gouvernement exigera de la part des banques aidées des contreparties économiques (augmentation du crédit à l'économie de 3 à 4 % en 2009) et éthiques, notamment en termes de rémunérations. Il a également obtenu des dirigeants des banques qu'ils renoncent entièrement à la part variable de leur rémunération.

Pour s'assurer que les contreparties de l'aide publique soient bien respectées, Nicolas Sarkozy a chargé le président de la Cour des comptes, Philippe Seguin, de conduire des enquêtes sur la bonne utilisation des fonds accordés aux banques.

Le plan de relance va-t-il creuser les déficits ?

La relance par l'investissement endette la France, mais en face de cette dette, il y a des actifs, des infrastructures.

Pour le président de la République, il est hors de question de creuser les déficits et de laisser des dettes à nos enfants sans qu'en face on ne produise de la richesse. C'est pourquoi il ne sera pas engagé de dépenses publiques supplémentaires et que la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera maintenue.

Le fil rouge, ce n'est pas dépenser toujours plus, mais dépenser mieux. Il est donc nécessaire de garder le cap des réformes.

Comment tirer les leçons de cette crise ?

Le Gouvernement juge la coordination européenne indispensable pour "éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets". Le 22 février, les six pays européens membres du G20 se réuniront pour adopter une position commune, en préparation du G20 du 2 avril à Londres, pour "moraliser le capitalisme" :
-  la régulation de tous les acteurs financiers y compris les "hedge funds" ;
-  l'amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés ;
-  la transparence des paradis fiscaux ;
-  la surveillance des agences de notation au niveau européen ;
-  la révision des pratiques de rémunération des traders pour éviter des prises de risque excessives ;
-  le rôle des institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale.