Eric Besson : "le débat sur l’identité nationale se situe au coeur de la République"
Deux mois après le lancement du grand débat sur l’identité nationale, Eric Besson en a présenté le 4 janvier 2010 un premier bilan. Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire a livré les premières analyses des contributions recueillies sur le site participatif www.debatidentitenationale.fr ainsi que pendant les débats organisés en région.
"La France dont parlent les Français (qui participent au grand débat) est une France généreuse et ouverte sur les autres, sur l’Europe, sur le monde, sur l’avenir", a déclaré Eric Besson le 4 janvier lors d'un premier bilan du débat sur l'identité nationale lancé le 2 novembre 2009. "C’est une France qui évolue avec son temps. C’est une France à laquelle chacun apporte ses origines, son histoire, sa contribution."
"Le débat sur l’identité nationale a immédiatement rencontré un immense succès populaire, qui dépasse les prévisions initiales", a souligné le ministre. "Un très grand nombre de Français s’en est emparé et souhaite s’exprimer, en répondant à la question Pour vous, qu’est-ce qu’être Français ?".
227 débats locaux ont déjà eu lieu dans tout le territoire national au 31 décembre 2009. Ils ont réuni en moyenne une centaine de participants. De nouveaux débats sont d'ores et déjà programmés. Eric Besson participera, avant la fin du mois de janvier, à plusieurs d'entre eux, dont ceux de Paris, de Lyon, de Marseille, etc. D'ici à février, le ministre estime que l'objectif de 350 débats locaux sera dépassé.
"Certaines préfectures ont constitué des groupes de travail, composés d’intellectuels, d’universitaires, de représentants des principaux cultes et d’autres personnalités au sein de leurs départements, pour aborder plus en profondeur certaines problématiques et élaborer des propositions", s'est félicité le ministre, qui a annoncé "la pérennisation (du débat), sous une forme qui reste à déterminer".
Eric Besson a répondu aux deux principales critiques sur le débat. Premièrement, "le débat n’est pas focalisé sur l’immigration et sur l’islam", a insisté le ministre. L’immigration et l’islam représentent moins d’un tiers des 26 000 premières contributions reçues sur le site internet et analysées par TNS Sofres. Mais "la question de l’immigration et de l’islam fait partie du débat", a-t-il précisé. Les contributions qui traitent de ces questions insistent "sur l’apport de l’immigration à notre identité nationale, et sur la nécessité de renforcer l’intégration des populations immigrées dans notre Nation". Le Haut Conseil à l’Intégration remettra d’ailleurs à Eric Besson sa contribution au débat sur l’identité nationale le 12 janvier prochain.
Deuxièmement, "le débat n'est pas accaparé par un parti politique ou une administration", a déclaré le ministre. "Toutes les tendances politiques participent de fait au débat, du Front national au Parti communiste".
Premières orientations
Les deux premiers mois de débats permettent d’ores et déjà de dégager les premières orientations.
D'abord, "la question du modèle d’intégration - libéral ou assimilateur - fait débat", a souligné Eric Besson. "Nombre de participants pensent que la priorité doit être accordée à la maîtrise de la langue et à la connaissance des valeurs de la République dans le parcours d’intégration des étrangers primo-arrivants." Eric Besson avait formulé, dès l'origine du débat, de premières propositions dans ce sens.
Mais pour les contributeurs, "les étrangers ne sont pas les seuls concernés par la problématique de l’intégration [...] Les problèmes de discrimination, de ségrégation urbaine, de concentration de la population d’origine étrangère dans des quartiers sensibles, où le chômage et la délinquance sont les plus élevés, constituent des menaces pour notre cohésion nationale".
Autre enseignement, l’un des moyens privilégiés pour raffermir la cohésion nationale est de "faire vivre les valeurs et principes républicains". En effet, les débats révèlent un large consensus sur les éléments constitutifs de l’identité nationale (l’histoire, la langue, la culture, la volonté de vivre ensemble) et sur un certain nombre de valeurs (liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité, respect, tolérance, solidarité etc.). L’école, depuis la disparition du service national, est considérée comme un vecteur majeur de transmission de ces valeurs.
Beaucoup de participants insistent sur le civisme, sur le contrat républicain, et le respect des symboles de la République (drapeau et hymne national). Eric Besson, qui avait déjà fait de premières propositions à ce sujet en participant au débat, a cité plusieurs exemples :
- solenniser l’accession à la citoyenneté dès l’âge de la majorité ;
- faire chanter la Marseillaise dans les rencontres de 1ère division des championnats de France des principaux sports pratiqués en France ;
- faire participer l’ensemble des forces vives de la Nation (centres de loisirs, monde associatif, etc) à la fête nationale du 14 juillet .
"Un consensus se dessine sur l’opportunité de l’ouverture au monde et à l’Europe", a également souligné le ministre. Pour de nombreux contributeurs, la France doit s'investir activement dans la construction européenne.
Les orientations et propositions issues du grand débat seront soumises avant la fin du mois à l’arbitrage du président de la République et du Premier ministre.








