Depuis la rentrée, le deuxième dispositif éducatif français dispose d’un encadrement renforcé et de formations rénovées. Objectif : mieux accompagner ses bénéficiaires vers les métiers de la nature.
Le 4 septembre 2012, près de 400 000 élèves, étudiants, apprentis et stagiaires de la formation continue ont fait leur rentrée dans l’enseignement agricole. Ce dernier propose un enseignement général et professionnel dans les domaines de l’agriculture, de la forêt et des territoires. En visite au lycée de Rouillon, dans la Sarthe, Stéphane Le Foll a annoncé plusieurs mesures visant à améliorer la formation des élèves. Pour le ministre, il s’agit d’inscrire l’enseignement agricole dans le "nouveau contrat entre l'école et la République" lancé par le président de la République.
Des moyens supplémentaires au service de la formation
L’amélioration de l’accueil des élèves constitue l’une des priorités de l’enseignement agricole. Pour y répondre, 110 postes supplémentaires d’enseignants et d’assistants ont été créés à la rentrée 2012-2013. Le ministre prévoit également l’embauche de 250 personnes chaque année pendant quatre ans.
Dans les lycées, de nouveaux dispositifs destinés à renforcer l’insertion des jeunes sont mis en place, comme l’apprentissage d’une seconde langue vivante obligatoire. Les élèves rencontrant des difficultés disposent d’un suivi personnalisé : accompagnement individuel de deux heures hebdomadaires, tutorat, stage de remise à niveau.
En filière professionnelle, de nouvelles formations font leur apparition : Conduite et gestion de l'entreprise hippique, Services aux personnes et aux territoires et Technicien en expérimentation animale. Elles doivent faciliter les passerelles avec des métiers relevant du ministère des Affaires sociales et du ministère de la Jeunesse.
Par ailleurs, afin de favoriser la mobilité des jeunes, 17 classes de BTSA vont expérimenter une forme d’organisation innovante leur permettant d’effectuer une partie de leur cursus à l’étranger.
Enfin, l’enseignement agricole développe des outils pour assurer la bonne qualité des parcours en apprentissage. Parmi ceux-ci : création d’un guide des bonnes pratiques à destination des centres de formation, conventions de coopération entre le ministère et les organisations professionnelles.
Un enseignement ancré au cœur du vivant
L’enseignement agricole répond à cinq missions fixées par la loi d’orientation agricole du 9 juillet 1999. Celles-ci visent notamment à assurer la formation et l’insertion des jeunes, à favoriser la recherche et le développement dans les établissements agricoles et à participer à l’animation rurale.
Pour y parvenir, l’enseignement agricole développe des voies d’accès aux diplômes et certifications dans une multitude de domaines de la nature et du vivant.
Il prépare ainsi à de nombreux métiers des secteurs de l'agriculture, l'alimentation, l'environnement, le développement durable, le paysage, les services aux personnes, la médecine vétérinaire, les loisirs et le commerce.
Ouvert à tous, l'enseignement agricole offre aujourd’hui des parcours depuis le collège (à partir de la 4e) jusqu'au doctorat. Un apprentissage dispensé dans 815 établissements disposant de plus de 18 000 hectares cultivés.
Un enseignement adapté aux évolutions du monde agricole
Les professionnels du secteur sont aujourd’hui étroitement associés à l’élaboration et au suivi des formations.
Philippe Vincent, sous-directeur des politiques de formation et d'éducation au ministère de l'Agriculture, revient sur ce partenariat.
Ils y contribuent à deux niveaux. D’une part, à travers des enquêtes de terrain menées pour connaître l’évolution économique, écologique et sociétale de leurs métiers et de leurs activités, afin d’élaborer les référentiels professionnels. D’autre part, par la présence des différentes branches du secteur au sein de la commission professionnelle consultative où se construisent les référentiels de diplôme. Cette procédure permet ainsi de mieux adapter les formations à la réalité du terrain et aux évolutions du monde agricole.
Comme l’a souligné le ministre, "l’enseignement agricole a pour mission de promouvoir de nouveaux modèles de production à la fois écologiquement et économiquement performants".
C’est l’un des rôles essentiels des établissements de formation et de leur exploitation agricole. Lieux de recherche, de développement et d’innovation, ils participent à l’évolution des activités de production. Des pratiques et des terrains d’application dont bénéficient aujourd’hui directement les jeunes et les adultes en formation.
Avec un taux d’emploi de 88 %, l’enseignement agricole illustre sa capacité à proposer des formations répondant aux besoins des entreprises qui recrutent. En pointe, les filières bacs pro et BTSA qui connaissaient respectivement un taux d’emploi de 93,9 % et 93,4 % en 2011.

