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Diversifier les approches de la prise en charge du handicap

31.mars2010
Photo : Philippe Huguen/AFP
Photo : Philippe Huguen/AFP

Aba, Teacch, Pecs, autant de sigles pour autant d'approches de prise en charge de l'autisme. Mais si les méthodes diffèrent, l'objectif est commun : donner toutes les chances à l'enfant d'acquérir les comportements relationnels et sociaux. Une volonté des familles et des associations prise en compte dans le plan Autisme 2008-2011.

Retour vers le sommaire du dossier : Journée internationale de sensibilisation à l'autisme : mieux connaître la maladie

Pour qu'il puisse acquérir les comportements qui le feront évoluer de manière autonome, l'enfant autiste a besoin d'un cadre extrêmement structuré et de la guidance d'un adulte. Les apprentissages ne se font pas spontanément dans son environnement social, comme c’est le cas pour les autres enfants.


Un volet important du plan 2008-2011

Prendre en compte de nouvelles méthodes de prise en charge, c'est l'un des axes les plus innovants du deuxième plan Autisme mis en place par le Gouvernement en 2008. Avec la volonté que soit opérée "la transposition concrète de ces méthodes au sein des structures médico-sociales françaises, avec les ajustements que cela suppose par rapport au fonctionnement de droit commun de ce type de structures", avait précisé le secrétariat d'Etat chargé du Handicap. L'objectif étant de proposer des solutions de prise en charge innovantes fondées sur des évaluations régulières et adaptées.

Photo : Joël Saget/AFP
Photo : Joël Saget/AFP
Depuis le lancement du plan, en 2008, quelque 162 places expérimentales ont été autorisées, soit 13 % du total des places autorisées. De nombreux projets ont été déposés, notamment en Île-de-France. De plus, la mise en place des agences régionales de santé (ARS) avec la nouvelle procédure d'appels à projets permettra d'accorder plus d'importante aux projets innovants.


Quelque méthodes innovantes.

Photo : Béatrice Bolling
Photo : Béatrice Bolling
Aba (Analyse appliquée des comportements). L’Aba analyse de manière systématique et précise le comportement d'un enfant lors d'une demande spécifique. Après avoir décortiqué la séquence comportementale, il s'agit d'apprendre à l'enfant une réponse comportementale adéquate pour lui permettre d’obtenir ce qu’il recherche en passant par des schèmes relationnels de communication : demander en parlant, en montrant… Objectif : développer des compétences fonctionnelles avec la mise en oeuvre des moyens de communication tout en diminuant les comportements problématiques comme les accès de colère, l’auto-mutilation ou l’auto-stimulation, etc

Photo : Joël Robine/AFP
Photo : Joël Robine/AFP
Teacch (Traitement et éducation des enfants autistes ou souffrant de handicaps de communication). Approche consistant à sécuriser l'enfant en évitant au maximum les imprévus. Son environnement familier est adapté : les éléments de son contexte de vie quotidienne et les activités sont strictement organisés. L'emploi du temps est scrupuleusement respecté, les gestes de la vie quotidienne sont toujours faits de la même manière et au même moment, les personnes qu'il côtoie sont connues, etc.


Photo : Joël Saget/AFP
Photo : Joël Saget/AFP
Pecs (système de communication par échange d'images) : méthode consistant à entrer en relation avec autrui par l'intermédiaire d'une image ou d'un pictogramme. Cette méthode permet de proposer des moyens alternatifs si l'enfant n'a pas acquis le langage verbal. Ce système de communication par échange d'images joue sur le fait que les enfants autistes sont très visuels.




> Le témoignage de Béatrice Bolling, mère de Stanislas (trois ans et demi) suivi par la méthode Aba

Propos recueillis par la rédaction de gouvernement.fr

Béatrice Bolling et Stanislas
Béatrice Bolling et Stanislas

Pourquoi la méthode Aba ?

Quinze jours après le diagnostic posé sur Stanislas, je me suis mise à la recherche d'une prise en charge adaptée. Plusieurs approches coexistaient, je me suis informée sur internet, j'ai lu des livres... Mais ma chance est d'avoir été mise en contact avec le comédien Francis Perrin dont le fils autiste est suivi par la méthode Aba. Il m'a parlé de Vinca Rivière (psychologue Aba) qui a vu Stanislas et m'a encouragée à suivre cette voie. Les chiffres aussi m'ont donné confiance : 60 à 70 % de réussite sur les enfants de moins de 4 ans. A l'issue du traitement, l'enfant peut réintégrer l'école, sans accompagnement.


Concrètement comment cela se passe-t-il ?

Cela a commencé par une évaluation des compétences tous azimuts de Stanislas. Une batterie de tests a été effectuée, tant au niveau de l'autonomie, que de la motricité globale et fine, de la coopération et du niveau d'obéissance, de ses capacités à imiter, ses capacités auditives, visuelles, etc. Le but est de dresser un profil du potentiel de développement pour adapter ensuite un programme individualisé que nous devons respecter, mon mari, ma famille… Toutes les semaines, un intervenant vient à la maison pour fixer un programme de procédures de renforcement de la communication et de réalisation de tâches. Concrètement, nous devons apprendre à notre fils à suivre des modèles, par exemple pour se laver, se déshabiller, ou encore des modèles permettant d'accroître l'utilisation visuelle, la liste est longue. Nous notons toutes les procédures, les réussites, les échecs rencontrés dans un fichier de calcul qui génère automatiquement un graphe. Nous nous filmons aussi. Tout ceci va permettre à la psychologue Aba, qui vient toutes les semaines pendant une demi-journée, d'évaluer les progrès de notre fils, de nous retourner des remarques, de modifier ou de valider les programmes. Il faut ajouter que Stanislas bénéficie aussi, une fois par semaine, de séances de psychomotricité et d'orthophonie.


Avez-vous remarqué une amélioration ?

Après seulement six mois, les progrès sont spectaculaires. Alors que Stanislas n'était pas verbal au début de la prise en charge, il est aujourd'hui entré dans le langage, certes des scories liées à son état persistent, mais il est désormais sur un mode communicationnel. Il a fait des progrès sur le plan de la motricité buccale, de la prononciation. Il est propre pendant la sieste. Il va faire pipi tout seul, un vrai challenge, croyez-moi ! Auparavant, il n'entrait pas dans les jeux qu'on lui proposait, n'avait pas d'attitude d'imitation, aujourd'hui, il joue. Il est sur un mode participatif. Il tente de nouvelles choses : aller sur une balançoire, sur un manège… il accepte de changer de chemin de promenade, de trajet pour aller à l'école sans qu'une angoisse ne le submerge. Stanilas est intégré en milieu ordinaire en maternelle. J'ai pu obtenir l'agrément d'une AVS mais je devrai financer sa présence. Mon souhait est que Stanislas intègre, à terme, le cycle de scolarité normal après avoir acquis une autonomie suffisante.