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Détecter et diagnostiquer le plus tôt possible pour mieux agir

31.mars2010
Photo : Philippe Huguen/AFP
Photo : Philippe Huguen/AFP

Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’une prise en charge précoce et très structurée de l'autisme permet d'améliorer les capacités d'acquisition de l’enfant autiste et contribue à son autonomie future. La Haute Autorité de santé (HAS) a insisté sur l'importance de la précocité du dépistage et du diagnostic. L'amélioration du diagnostic est la pierre angulaire du plan Autisme 2008-2011.

Retour vers le sommaire du dossier : Journée internationale de sensibilisation à l'autisme : mieux connaître la maladie

On ne guérit pas de l'autisme mais il est possible de compenser efficacement les déficiences grâce à une éducation appropriée. Une intervention massive et un encadrement spécifique permettent d'optimiser le capital de plasticité cérébrale des enfants. Plus de 70 % des enfants pris en charge par des programmes spécifiques atteignent un niveau de langage fonctionnel avant l'âge de 5 ans.

Améliorer le diagnostic sous toutes ses formes

Améliorer le diagnostic tant en matière d'accès, de qualité et d'accompagnement des familles. C'est la direction suivie par le plan Autisme 2008-2011 qui consacre 3 millions d'euros au recrutement de trois personnes supplémentaires en moyenne par équipe chargée du diagnostic.

Détecter et diagnostiquer. L'identification de l'autisme passe par deux phases.

En premier lieu, le dépistage, autour des 18 mois de l'enfant en moyenne, des signes avant-coureurs susceptibles d'alerter sur une suspicion d'autisme. Les parents et les médecins traitants sont en première ligne pour repérer et évaluer les signes d'alerte.

Deuxième phase, le diagnostic à partir des trois ans de l'enfant. Les symptômes deviennent suffisamment stables à cet âge pour permettre un diagnostic fiable. Un diagnostic posé avec des évaluations pluridisciplinaires du corps médical.

Les signes d'alerte

Le diagnostic est difficile, car il n'existe pas de marqueur biologique pour repérer le handicap. Il repose sur un protocole clinique tendant à repérer un ensemble de symptômes caractéristiques. Parmi l'ensemble des caractéristiques, trois facteurs dominants doivent alerter.

Béatrice Bolling
Béatrice Bolling
• Premièrement, un trouble des interactions sociales : "A l'âge de 16 mois, j'avais constaté que mon fils avait un contact oculaire fuyant, il ne souriait pas, il ne jouait pas. il était "excessivement" calme", explique Béatrice Bolling, parlant de son fils Stanislas (trois ans et demi).
• Les troubles de la communication verbale et non verbale sont le second facteur d'alerte : "Il avait des retards d'acquisition, le langage ne venait pas …", ajoute-t-elle. Les enfants autistes ne répondent pas à leur prénom, par exemple.
• Enfin, troisième facteur, les compulsions de répétition, les comportements stéréotypés et répétitifs. "Stanislas avait des sortes d'obsession, il restait fixé sur des lignes, des bâtons, le grillage dans le square."

Depuis la pose du diagnostic, Stanislas bénéficie d'une prise en charge spécialisée. L'autisme détecté à temps permet aux parents d'agir efficacement pour mettre en place un accompagnement, avant même le diagnostic.

Propos recueillis par la rédaction de gouvernement.fr