Afin de répondre à la difficulté des jeunes pour entrer dans le monde du travail, Michel Sapin a annoncé le 29 août la mise en place de contrats spécifiques, les emplois d'avenir, pour leur fournir les conditions d'une première expérience professionnelle durable.
Sur les 2,8 millions de jeunes actifs de 16/25 ans(1) que compte la France, 610 000 jeunes sont sans qualification, parmi eux 41 % sont au chômage. Ceux qui sont détenteurs d'un CAP ou d'un BEP, voire d'un Bac, peuvent également connaître des difficultés d'accès à l'emploi. C'est à tous ces jeunes que s'adresse le projet de loi portant création des "Emplois d'avenir" présenté par Michel Sapin en Conseil des ministres du 29 août.
Priorité aux jeunes sans qualification
Les emplois d’avenir ont pour ambition d’améliorer l’insertion professionnelle et l'accès à la qualification des jeunes peu ou pas qualifiés, confrontés à des difficultés particulières d'accès à l'emploi. Le ministère précise : "Bénéficieront en priorité des emplois d’avenir, les jeunes résidant en ZUS ou dans des zones d’emploi où le taux de chômage des jeunes est supérieur à la moyenne nationale. Ces critères permettent de prendre en compte la situation des zones rurales isolées ou des départements d’Outre-Mer, particulièrement touchés par le chômage des jeunes." Ce dont s'est réjoui Victorin Lurel qui a souligné que dans les territoires d'Outre-Mer "le taux de chômage des moins de 25 ans est très nettement supérieur à la moyenne nationale. C'est vrai aussi du nombre de jeunes sans diplôme ou qualification."
Egalement éligibles aux "Emplois d'avenir", les étudiants boursiers en 2e année de licence se destinant aux métiers de l'enseignement mais connaissant des difficultés financières pour poursuivre leurs études. Quelque 6 000 contrats en 2013 seront réservés en priorité aux jeunes résidant en ZUS ou ayant effectué tout ou partie de leurs études dans un établissement en ZUS ou relevant de l'éducation prioritaire.
Les employeurs du secteur non-marchand en première ligne
Afin de permettre des recrutements durables, les secteurs d'activité privilégiés sont, notamment, ceux du médico-social, de l'animation socio-culturelle, du développement durable ou des emplois dans les collectivités territoriales(2). Les employeurs du secteur non-marchand sont en première ligne car ils sont, selon le ministère, "les mieux à même de créer des emplois répondant à une utilité sociale avérée. Les associations, les organismes à but non lucratif de l'économie sociale et solidaire sont prioritairement concernés." Toutefois, le ministère précise que les employeurs du secteur marchand pourront également demander l'ouverture de tels contrats dans le cadre de projets innovants incluant des "conditions d'accompagnement et un parcours d'insertion ambitieux."
Le projet de loi sera discuté au Parlement entre la mi-septembre et la mi-octobre 2012. Une fois la loi adoptée, les décrets d'application seront publiés "dans les semaines qui suivront", a précisé Michel Sapin. Les premières conventions-cadres avec les réseaux associatifs, culturels, économiques, de l'habitat... pourraient être signées avant la fin de l'année avec l'espoir, pour le ministère du Travail de voir les premiers contrats "emplois d'avenir" signés sur la même période.
(1) : enquête emploi 2011 – Jeunes sortis de scolarité – France métropolitaine (source : ministère du Travail)
(2) : assistant informatique et internet à domicile, animateur socioculturel, animateur de tri sélectif, agent d’entretien et de mise en valeur (parcours de randonnées, parcs et jardins, berges…) : tous ces métiers conduisent à une qualification par le biais d'une formation.
