Crise, chômage, pouvoir d'achat : Christine Lagarde a répondu aux lecteurs de Métro
La ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi a répondu aux lecteurs de Métro sur la refondation du système financier international, le plan de relance, la crise, les réponses au chômage et le pouvoir d’achat, à la veille du collectif budgétaire du 4 mars. Extraits.
L’interwiew de Christine Lagarde, sur le site de Métro
Pour des réponses mondiales à la crise
"C’est au niveau mondial que tout se joue. Je sais que certains pensent que la priorité des priorités, c’est la relance économique. Je pense que nous avons besoin à la fois de la relance et de règles du jeu claires pour réguler l’activité financière. Le FMI doit prendre une nouvelle dimension et donner les orientations pour une nouvelle régulation. C’est un gros travail, mais plusieurs pays sont prêts à avancer. Déjà, l’Europe devrait se mettre d’accord, avant le G20 du 2 avril, sur une réglementation accrue des agences de notation, des fonds spéculatifs."
Sur le plan de relance
"Le plan de financement des PME de 22 milliards d’euros a été lancé dès octobre 2008. Le plan de relance a été annoncé début décembre et il est complètement opérationnel depuis la fin janvier, alors que les Etats-Unis ont avalisé le leur la semaine dernière seulement. C’est ce petit temps d’avance qui me laisse à penser que nous ferons mieux que les prévisions."
Sur le collectif budgétaire du 4 mars
"Soit on augmente les recettes, donc les impôts. Nous ne le voulons pas. Soit on diminue brutalement, sans réflexion, les dépenses, avec par exemple moins de prise en charge des dépenses sociales. Nous excluons aussi cette voie. La seule chose qui peut nous sauver, c’est d’améliorer la compétitivité de notre pays pour obtenir plus vite de la croissance. Aujourd’hui, il faut dépenser de l’argent public alors même que l’on va avoir moins de rentrées fiscales. Mais on doit se placer dans une logique de réduction de l’endettement à terme."
Sur l’évolution des prix
"Nous avons mis en place un observatoire des prix et des marges. En 2008, il y a eu une augmentation avec un pic en mars. Depuis, on observe une baisse des prix. Alors, elle n’est pas suffisante, surtout quand on compare cette baisse à celle du cours des matières premières notamment.
Un constat tout d’abord : il faut six mois environ pour que la baisse du cours des matières premières se répercute. Donc, avec la baisse des cours du second semestre dernier, on devrait observer à partir de maintenant des baisses de prix plus importantes. Et j’ai demandé à la DGCCRF d'être particulièrement vigilante à ce sujet. Et je rappelle qu'en 2008, l'inflation a atteint 3,6 %. En 2009 ; elle ne devrait pas dépasser 1 %. Enfin, on a revu les règles d'installation des moyennes surfaces dans les villes. Cette mesure de la loi de modernisation de l'économie va introduire plus de concurrence, et faire baisser les prix."