Conférence internationale sur les grands bassins forestiers : réduire la déforestation, un enjeu majeur pour la planète
La conférence internationale sur les grands bassins forestiers s'est tenue à Paris le 11 mars. Quelque 54 pays se sont réunis pour mettre en œuvre le mécanisme de réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD+), issu de l'Accord de Copenhague. Une deuxième réunion aura lieu fin mai à Oslo (Norvège).
La déforestation est un phénomène de grande ampleur avec 13 millions d'hectares de forêts déboisés chaque année dans le monde. Elle touche particulièrement les forêts tropicales (Amazonie, Afrique équatoriale, Asie du Sud-Est…). Deuxième cause du réchauffement de la planète, la déforestation a des conséquences majeures avec un impact direct sur le climat.
La France se bat pour que la protection des forêts soit un enjeu prioritaire de la communauté internationale. Lors de son discours d'ouverture, Nicolas Sarkozy a posé les termes du débat : avons-nous encore le choix de poursuivre sur la voie d'une croissance qui détruit les ressources naturelles, les énergies fossiles et la biodiversité ? "Il faut inventer une nouvelle croissance véritablement durable qui ne soit pas cause du réchauffement climatique", a déclaré le président de la République.
Mettre un terme à la déforestation d'ici à 2030
Responsables de 20 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, le déboisement et la dégradation des forêts sont un facteur important du réchauffement climatique. Juguler la déforestation devient un enjeu majeur pour sauver la planète. "Notre objectif, c'est de réduire la déforestation de 25 % d'ici à 2015, et de 50 % d'ici à 2020, et tout simplement de mettre un terme à la déforestation en 2030", a déclaré Nicolas Sarkozy.
En termes de financement, "2010 doit être l'année de progrès décisifs dans deux directions", a indiqué le président de la République :
- privilégier les actions à impact rapide ("fast start") dans le cadre du plan d'investissement décidé au sommet de Copenhague : "A Copenhague, c’est la France qui a proposé que 20 % des 10 milliards de dollars qui seront dépensés chaque année, sur les trois années, 2010, 2011, 2012, dans le cadre du "fast start", soient consacrés aux bassins forestiers", a rappelé le Président. Lors du sommet de Copenhague, l'Australie, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Japon et la Norvège s'étaient déjà engagés à verser 3,5 milliards de dollars sur 3 ans. Ils ont été rejoints par l'Allemagne, l'Espagne, la Slovénie et la Commission européenne. Quelque 300 millions de dollars par an seront apportés par le Fonds pour l'environnement mondial.
- mettre en place un dispositif de financement à moyen terme avec 100 milliards de dollars d'ici à 2020 (dont 20 % pour les pays forestiers) pour des financements innovants. Une position que la France défendra : "je me battrai là-dessus", a insisté Nicolas Sarkozy et "pour que soit adoptée une taxe sur les transactions financières dans le cadre du G20".
Un groupe de pilotage politique sera créé et sera ouvert à tous les pays intéressés. L'Australie, le Brésil, la France, la Norvège, la Papouasie-Nouvelle- Guinée et la République démocratique du Congo se sont déjà engagés à y participer, indique le communiqué de presse.
Un secrétariat léger, chargé de recenser les besoins, les actions existantes et les ressources disponibles devrait également voir le jour. La France se dit prête a accueillir ce secrétariat.
Enfin, les pays sont convenus de se revoir tous les deux mois pour faire le point, d'ici à la conférence sur le climat de Cancun (Mexique) en décembre prochain.







