Arnaud Montebourg a nommé un commissaire au redressement productif dans chacune des 22 régions de France métropolitaine. Ce nouveau dispositif permettra à l’Etat de gagner en efficacité et en réactivité auprès des entreprises en difficulté. Les 22 commissaires au redressement productif sont placés directement auprès des préfets de région.
? Entretien avec Mathieu Aufauvre, nommé commissaire au redressement productif de la région Ile-de-France
Elle est double. Il s'agit d'une part de soutenir les entreprises de moins de 400 salariés et d'autre part d'animer une cellule régionale de veille et d'alerte précoce afin d’intervenir en amont. Si certaines entreprises sont déjà en difficulté, d'autres peuvent potentiellement le devenir. Notre rôle est d'anticiper cela.
L'autre versant de notre mission est de participer au développement des entreprises à fort potentiel. Un travail de terrain constant sous l’autorité du préfet de région et en étroite collaboration avec les préfets de département est donc indispensable.
Les moyens de contact sont multiples. Nous avons notamment mis en place, sur chaque territoire, des relais de terrain capables d’identifier et de remonter les difficultés des entreprises. Certaines entreprises contactent directement le cabinet du ministre du Redressement productif. En parallèle, l'ordre régional des experts comptables a mis en place un système pour identifier les entreprises en difficulté.
Le fil directeur de notre mission est d'être le point d'entrée unique des entreprises. Il s'agit de constituer une équipe projet réactive, qui fédère l'ensemble des partenaires publics et parapublics, pour répondre à une demande d’entreprise.
Souvent l'entreprise n'a pas un seul problème mais plusieurs. Les chefs d'entreprise sont rarement au courant des dispositifs possibles. Le commissaire au redressement productif traite avec l'ensemble des partenaires. Par exemple avec Oséo, avec la commission des chefs de service financier ou la médiation du crédit pour un problème de trésorerie, avec la Caisse des dépôts et le fonds stratégique d’investissement pour des problèmes de fonds propres, avec UbiFrance sur l’export…
La mise en commun et en relation de ces différentes structures permet d'apporter une réponse globale car aujourd'hui, les entreprises ont bien compris que nous étions partenaires.
Depuis trois mois, un nombre important de dossiers me sont transmis. C'est en moyenne 2 à 3 dossiers nouveaux par jour. Ces dossiers concernent vraiment toutes les tailles d'entreprise.
Cependant, les PME qui comptent entre 50 et 150 salariés constituent l'essentiel de la demande.
Les problèmes les plus fréquents rencontrés par les entreprises restent les questions d'accès au financement, que ce soit sur les questions de court terme (échéances fiscales et sociales ou prêts bancaires) ou de long terme (renforcement des fonds propres).
La majorité des dossiers est traitée de manière réactive et pragmatique. Nous tenons à apporter des réponses rapides à l'entreprise grâce à la mobilisation de tous les services de l'Etat (Direccte, DDFiP) et de tous nos partenaires (Oséo, Caisse des dépôts...). Cette réactivité est gage de crédibilité pour les entreprises.


