A l’occasion du Salon international de l’alimentation, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot se sont engagés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Pour diviser par deux les restes des assiettes des Français d'ici à 2025, les ministres travaillent à l'élaboration d'un pacte national contre le gaspillage attendu au printemps prochain.
En France, le gaspillage alimentaire représente un coût de 400 euros pour une famille de quatre personnes et un volume annuel, par habitant, de 20 à 30 kg de nourriture jetée. Face à ces dérives de la société de surconsommation, les ministres en charge de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire ont lancé un appel à la mobilisation générale.
Production agricole, transformation industrielle, grande distribution, restauration collective et familles : tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont concernés par le gaspillage. De l’industriel qui incite le consommateur à acheter en trop grandes quantités - packs promotionnels - aux consommateurs qui sont souvent mal informés sur la différence entre les dates de péremption DLC et DLUO ou sur les moyens de conservation optimale des denrées… Chacun doit se sentir concerné par le phénomène croissant du gaspillage.
Diviser par deux les déchets alimentaires d'ici à 2025
Pour réduire de moitié le volume des déchets alimentaires d’ici à 2025, le ministère de l'Agriculture souhaite élaborer, d'ici à juin 2013, un pacte national contre le gaspillage. Signe d’une mobilisation partagée, ce pacte devra concerner tous les acteurs de la chaîne alimentaire. Pour atteindre cet objectif, les ministres entendent utiliser plusieurs leviers.
Premier d'entre eux, celui de la récupération des invendus au profit de l'aide aux plus démunis. "Une dynamique avec les associations de solidarité, les commerçants et les marchés d’intérêt national (Min), notamment celui de Rungis et les cantines", devra permettre une meilleure récupération des invendus.
Nombreuses sont les initiatives exemplaires qui existent déjà dans ce domaine. Ainsi, sept Min, dont celui de Rungis, ont signé des contrats avec des associations caritatives. D'ici à 2013, l'opération sera généralisée aux 22 Min. Guillaume Garot a néanmoins insisté sur le fait que cette lutte contre le gaspillage ne saurait se faire aux dépens de la sécurité sanitaire. "Il faut améliorer la gestion des stocks en retirant bien plus tôt les produits des rayons, avant leur date, pour mieux les distribuer vers l’aide alimentaire", a-t-il précisé.
Dans la grande distribution, Guillaume Garot souhaite favoriser la vente à l’unité dans les rayons. L'enjeu ? Réfléchir à la diminution des volumes en proposant au consommateur des promotions différées. "Aujourd’hui, si vous achetez deux produits dans le cadre d’une promotion, vous partez avec un troisième gratuit, qui risque de se périmer. Demain, le magasin proposera au client d’emporter son lot plus tard", a-t-il expliqué.
Autre piste : réduire le poids des déchets dans la restauration collective. En janvier, cinq opérations pilotes dans des collèges en Dordogne et dans un restaurant d’entreprise en Mayenne permettront de mieux ajuster les portions servies aux usagers.
"Manger c'est bien, jeter ça craint", tel est le mot d'ordre de la campagne internet contre le gaspillage alimentaire, lancée par le ministère de l’Agroalimentaire. Des visuels ludiques et décalés - "Qui jette un œuf, jette un bœuf", "N’en perds pas une miette, finis ton assiette" ou encore "J’aime la nourriture, je la respecte" - relayent des messages simples et percutants auprès des jeunes adultes, des adolescents et des enfants.
Le site gaspillagealimentaire.fr complète la campagne nationale. Mieux conserver ses denrées ou cuisiner ses déchets alimentaires sont autant d'astuces simples à adopter à la maison pour lutter contre le gaspillage. Le site sera complété, en décembre, par une plate-forme intitulée "Le magasin" qui mettra en relation ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. Une campagne de sensibilisation sur ce sujet est programmée courant janvier.
