Cinq priorités financées par l'emprunt national
Le président de la République a annoncé le 14 décembre les cinq domaines prioritaires du grand emprunt national lancé en 2010.
Onze milliards d'euros en faveur de l'enseignement supérieur et de la formation
Onze milliards d'euros sont mobilisés en faveur de l'enseignement supérieur et de la formation, et constituent la première des priorités, conformément aux préconisations d'Alain Juppé et de Michel Rocard :
- 7,7 milliards d'euros sont consacrés aux campus d'excellence. Après l'opération campus qui a permis de financer de grands projets immobiliers et d'amorcer de grands rapprochements entre universités, il s'agit désormais de financer les dépenses immatérielles (enseignement, recrutement, formation, partenariats, gouvernance, etc.) et de donner aux universités les moyens de leur autonomie. A l'issue d'un processus de sélection rigoureux, les universités se verront "dotées pour la première fois de fonds propres en pleine propriété", a insisté le chef de l'Etat ;
- par ailleurs, 1,3 milliard d'euros permettront de "compléter et accélérer" le plan campus, qui atteindra ainsi les cinq milliards d’euros annoncés en 2007 ;
- l'Etat va aussi consacrer "un milliard d'euros tout de suite pour créer à Saclay un gigantesque campus regroupant sur un seul site les écoles de Paris Tech aujourd'hui dispersées dans la capitale, ainsi que l'Ecole centrale de Paris, l'Ecole normale de Cachan et l'Université Paris XI", a annoncé le président de la République ;
- 500 millions d'euros seront mobilisés en faveur de l'apprentissage, notamment pour rénover les centres de formation et les doter d'équipements modernes ;
- 500 millions d'euros seront dédiés à l'égalité des chances, permettant par exemple la création de 20 000 places supplémentaires dans les internats d'excellence.
Huit milliards d'euros en faveur de la recherche
Sur les huit milliards d’euros consacrés à la recherche, 3,5 milliards seront alloués aux sociétés de valorisation, "interfaces entre les grands industriels et la recherche". Les secteurs de la biotechnologie et de la santé recevront 2,5 milliards. Cinq centres hospitaliers universitaires, dans un premier temps, recevront 850 millions d'euros. Enfin, un milliard sera consacré aux laboratoires d'excellence et un autre aux équipements de la recherche.
6,5 milliards d'euros en faveur des filières industrielles et des PME
Le soutien aux filières industrielles et aux PME figure au premier rang des priorités : 6,5 milliards d'euros y seront investis, qu'il s'agisse d'aider "nos filières d'excellence à préparer l'avenir" – en particulier l'aéronautique et le spatial (deux milliards), l'automobile, mais aussi le ferroviaire et la construction navale (un milliard) – ou d'aider à l'émergence d'une nouvelle politique industrielle. L’emprunt national va permettre de financer des projets dans tous les domaines de la mobilité durable et des véhicules du futur (automobiles, camions, navires, avions...).
En outre, 2,5 milliards d'euros seront en particulier consacrés au développement des PME, dont 1,5 milliard versé à Oséo pour financer les entreprises innovantes et 500 millions d'euros gérés par le FSI et dédiés au financement de l’amorçage (premiers capitaux permettant aux entreprises d'attirer les investisseurs) dans les secteurs d’activité prioritaires.
Une enveloppe de un milliard d’euros sera spécifiquement réservée au financement des mesures qui seront retenues à l’issue des États généraux de l'industrie, a annoncé le chef de l'Etat.
Cinq milliards d'euros en faveur du développement durable
Le développement durable bénéficiera de cinq milliards d'euros, qui viennent s'ajouter aux sept milliards d'investissement de l'Etat prévus chaque année jusqu'en 2020 dans le cadre du Grenelle de l'environnement.
L'Ademe gérera 2,5 milliards d'euros pour financer "les meilleurs projets présentés par les laboratoires dédiés aux énergies renouvelables, à l'Institut français du pétrole, au CNRS, dans les universités ou au CEA". Une enveloppe de un milliard d’euros sera consacrée au nucléaire de demain et aux réacteurs nucléaires de quatrième génération.
Les transports et l'urbanisme durables bénéficieront de un milliard d'euros, la rénovation thermique des logements privés de 500 millions d'euros.
4,5 milliards d'euros en faveur du numérique
L'équipement de la France en très haut débit bénéficiera de 2 milliards d'euros, le développement des usages et contenus innovants de 2,5 milliards d'euros. Ainsi, 750 millions d'euros seront alloués à la numérisation du patrimoine culturel national (musées, bibliothèques…).