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Bruno Le Maire demande une réorganisation de la filière viticole française

23.novembre2009

La création d'un fonds pour la promotion des vins français est à l'étude, a annoncé Bruno Le Maire, le 18 novembre, à l'issue d'une rencontre avec les professionnels de la viticulture. Le ministre de l'Agriculture a également demandé une réorganisation de la filière viticole française afin de "redynamiser" ce secteur en perte de vitesse sur le marché mondial.

Le vin français s'est moins bien vendu à l'export en 2009 qu'en 2008. Pendant les six premiers mois de l'année, les exportations ont baissé de 12 % en volume et de 26 % en valeur, selon le ministère. Pour Bruno Le Maire, il est temps d'inverser cette tendance persistante. "Les débouchés et les perspectives sont très fortes à l'exportation. Il faut savoir comment en profiter, se mettre en ordre de bataille pour prendre ces marchés car c'est ce qui fera vivre dignement et correctement toute la filière."

Le ministre a donc proposé la création d'un fonds pour promouvoir les vins français à l'étranger et valoriser la filière : Jérôme Despey, président du conseil de direction spécialisé de FranceAgrimer, dirigera un groupe de travail sur le sujet et rencontrera le ministre tous les mois pour discuter du financement et des modalités de cotisations.

Bruno Le Maire a aussi demandé aux viticulteurs de réduire de 26 à 10 leurs interprofessions, afin qu'elles défendent mieux leurs intérêts. Ainsi, il y aura une seule interprofession par région de production (pour les vins disposant d'une indication géographique). "Cela fait des années que tout le monde est d'accord" sur la nécessité de réorganiser la filière, a insisté le ministre.

Les nouvelles interprofessions devraient regrouper les producteurs et négociants des vins d'appellation d'origine contrôlée (AOC) et des vins sous indications géographiques protégées (IGP), que compte une même région de production. Pour les vins sans indications géographiques, Bruno Le Maire souhaite la mise en place de contrats écrits entre ceux qui les produisent et ceux qui les commercialisent.

Dans la perspective du futur projet de loi de modernisation de l'agriculture, toutes les professions agricoles devront s'organiser autour d'interprofessions. "On ne peut pas à la fois avoir un plan de soutien massif et ne pas prendre de mesures structurelles permettant d'éviter d'autres crises", a déclaré le ministre.

Les viticulteurs peuvent évidemment bénéficier des différents dispositifs d'aides mis en place dans le cadre du plan d'aide d'urgence pour l'agriculture de 1,65 milliard d'euros (dont un milliard d'euros de prêts bonifiés) annoncé en octobre par chef de l'Etat à Poligny (Jura). Les producteurs vont bénéficier de plusieurs mesures : exonération de la taxe sur le foncier non bâti, exonération des cotisations patronales sur les emplois saisonniers et des cotisations sociales dues à la mutuelle sociale agricole (MSA). Ils bénéficieront également des prêts à la trésorerie.

Le ministre fait des points réguliers avec le médiateur Nicolas Forissier pour veiller à ce que les aides arrivent le plus rapidement possible auprès des agriculteurs en difficulté.