Brice Hortefeux fait le point sur la politique en faveur des personnes âgées et handicapées
Brice Hortefeux et Valérie Létard ont inauguré, le 27 mai, le Salon Geront Expo. Ce salon, qui se tient tous les deux ans, réunit les représentants de la filière médico-sociale et hospitalière dans le domaine de la gérontologie et du handicap.
Le ministre de Travail, accompagné de la secrétaire d'État à la Solidarité, a fait un bilan de la politique menée par le Gouvernement en faveur des personnes âgées et handicapées. Il a précisé les améliorations importantes que le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" allaient amener au secteur médico-social. Il a également rappelé les efforts mis en place pour mieux prendre en compte la dépendance.
Des mesures concrètes en faveur du pouvoir d'achat
Brice Hortefeux a rappelé les principales mesures mises en place par le Gouvernement :
- 1er avril 2009 : revalorisation du minimum vieillesse de 44 euros (+ 7 %) dans le cadre de la revalorisation de 25 % d'ici à 2012 ;
- au 1er janvier 2010 : augmentation du taux de la pension de réversion qui passe de 54 % à 60 % pour 600 000 veuves et veufs parmi les plus modestes ;
- 200 euros de bons d'achat de services à la personne en direction de 660 000 personnes âgées dépendantes vivant à domicile ;
- au 9 juin 2009 : 150 euros aux 3 millions de familles modestes ayant des enfants scolarisés de plus de six ans ;
- à compter de 2009 : relèvement de 3 000 euros, du plafond des dépenses déductibles de l'impôt pour une première embauche d'un salarié à domicile. A ce titre, les règles d'utilisation du Cesu (Chèque emploi service universel) ont été assouplies ;
- revalorisation de l'AAH (Allocation adulte handicapé) de 25 % d'ici à 2012. Entre janvier et décembre 2009, l'AAH aura augmenté de 61 euros.
Une réforme du secteur médico-social grâce à la loi "Hôpital, patients, santé et territoires"
La réforme du secteur médico-social est une véritable "révolution sociale", a déclaré Brice Hortefeux. Grâce au rôle opérationnel des futures Agences régionales de santés (ARS), ce secteur sera doté de mécanismes efficaces pour assurer les moyens financiers nécessaires au développement des établissements médico-sociaux. Objectif : répondre aux évolutions démographiques en cours, avec en toile de fond la prise en charge de dépendance (5e risque). Un fonds à l'innovation permettra également de répondre aux besoins de recherche dans les pathologies telles que la maladie d'Alzheimer et celle affectant les personnes autistes.
La prise en charge de la dépendance (5e risque)
Le vieillissement de la population va avoir des conséquences importantes sur notre société. Brice Hortefeux a rappelé les prévisions : "dans seulement 4 ans, en 2013, les personnes de plus de 85 ans, les plus touchées par le risque de dépendance, seront 20 % de plus qu'aujourd'hui. Dans vingt ans, elles représenteront 2,2 millions de personnes." Et de préciser : "il nous faut prendre la mesure de l'enjeu, pour aujourd'hui et pour les décennies qui viennent".
Le défi posé par la perte d'autonomie est celui du financement. La réponse à la dépendance doit relever de la solidarité nationale, de la solidarité familiale et de la solidarité individuelle, a plaidé Brice Hortefeux. Des propositions ont été soumises au président de la République et au Premier ministre. Le 11 mai dernier, "le chef de l'État a annoncé qu'il "s'impliquerait personnellement" dans ce chantier, dès la prochaine année scolaire", a précisé le ministre.
Brice Hortefeux a rappelé les moyens importants mis en place dans ce domaine par le Gouvernement :
- plus de 10 000 établissements accueillent 685 000 personnes âgées. Parmi ces structures, 8 000 ont le statut d'Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ;
- plus de 1 300 Services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) bénéficient à 100 000 personnes ;
- en 2002 : instauration de l'Allocation personnalisée d'autonomie (Apa) permettant de prolonger le maintien à domicile. Elle bénéficie à 1,15 million de personnes dont 62 % vivent à domicile.
Globalement, ce sont 566 millions d'euros supplémentaires qui, entre 2008 et 2009, permettront la création de 15 000 emplois dans les établissements.
Brice Hortefeux a tenu à préciser que la crise économique n'avait pas entraîné une diminution de moyens. Au contraire, le plan de relance a permis de débloquer 50 millions d'euros de plus permettant d'augmenter de 7 500 à 12 500 le nombre de créations de places en établissements pour personnes âgées. Un plan de relance qui consacre également 1, 45 milliard d'euros pour la création de 50 000 places en cinq ans (85 millions d'euros pour 2009) pour accueillir les personnes handicapées.