Brice Hortefeux détaille les grands axes d'un plan d'action pour lutter contre l'insécurité
Brice Hortefeux a rencontré le 2 septembre les directeurs départementaux de la sécurité publique et les commandants de région et de groupements de gendarmerie. Lors de cette réunion, il a donné des directives précises en matière de lutte contre la délinquance.
Après s’être rendu à plusieurs reprises sur le terrain, Brice Hortefeux a dressé, lors de cette rencontre, un bilan de la situation actuelle avant de présenter les grands axes des actions à venir.
Un bilan contrasté
Après sept ans de baisse significative, on constate la stabilisation, depuis quelques mois, de la délinquance. Avec trois constats préoccupants :
- les atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes, dont les violences intra-familiales, ont augmenté ;
- le nombre de vols avec violence a augmenté de 4,8 % ;
- les différentes formes de cambriolages sont en hausse de 4,9 % sur les 12 derniers mois et de 12 % en ce qui concerne les résidences principales.
Face à cette augmentation, la création de cellules anticambriolage a été annoncée. Elles seront constituées au niveau de bassins de délinquance circonscrits, au niveau départemental et au niveau régional, et devront permettre l’organisation d’opérations de surveillance et de contrôle coordonnées. Elles vont aussi jouer un rôle dans la conduite d’investigations ciblées afin de confondre des délinquants récidivistes.
Le ministre a aussi rappelé les progrès réalisés à différents niveaux :
- augmentation du nombre d’interpellations (+ 1,57 %) ;
- augmentation du nombre de personnes placées en garde à vue (+ 1,74 %) ;
- augmentation du taux d’élucidation (+ 50 % depuis 2001).
Le ministre propose un plan d’action immédiat qui s’articule autour de trois priorités :
- établir un diagnostic de la délinquance, détaillant par territoires et par infractions les augmentations alarmantes et les évolutions à contenir ;
- fixer des objectifs d’amélioration par rapport à l'année 2008 ;
- proposer aux préfets, sous 15 jours, un plan d’action mobilisant tous les acteurs de la sécurité.
Garantir durablement la sécurité
En plus de ce plan d’action d’urgence, le ministre a rappelé l’importance d’agir sur le long terme. Il a présenté cinq chantiers prioritaires autour desquels s’organiseront les actions menées par les différents acteurs de la sécurité.
Adapter l’action des forces de police et de gendarmerie aux différents territoires
Une police de l’agglomération parisienne sera mise en place, unifiée à l’échelle des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.
Les modalités de déploiement à Lyon, Marseille et Lille seront arrêtées d’ici à la fin de l’année.
Ces mesures de réorganisation ont pour objectif une amélioration opérationnelle qui permettra de faire baisser la délinquance.
Tirer tout le parti opérationnel du rapprochement police-gendarmerie
Le rapprochement police-gendarmerie a déjà permis la mise en place des groupes d’intervention régionaux (GIR), des offices centraux et des centres de coopération policière et douanière.
Le travail d’analyse et de propositions mené par les deux directions générales devra déboucher fin 2009 sur des mesures simples à effet immédiat pour réduire les doublons et les redondances.
Faire de la lutte contre tous les trafics de stupéfiants une priorité absolue
A l’échelle de la région parisienne, le plan stupéfiants" sera étendu à l’ensemble de l’agglomération. Sur le plan national, la DGPN et la DGGN devront présenter d’ici à un mois de nouvelles pistes d’action. De plus, 50 contrôleurs de services fiscaux seront chargés d’appliquer les dispositions à caractère financier à l’encontre des trafiquants.
Donner à la prévention de la délinquance toute son efficacité
Un plan national de prévention de la délinquance et d’aide aux victimes est prévu pour la fin du mois de septembre. L’un des grands objectifs de ce plan est de mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne de prévention.
Le ministre entend renforcer la prévention dans quatre domaines :
- les établissements scolaires sensibles ;
- les grands ensembles d’habitation et les zones de rénovation urbaine ;
- les transports en commun ;
- les habitations particulières, entreprises, chantiers ou zones d’activités vulnérables aux cambriolages et aux dégradations.
Le développement de l’usage de la vidéosurveillance a aussi son rôle à jouer. L’objectif est de tripler le nombre de caméras sur la voie publique d’ici à 2011.
Etablir de nouveaux rapports entre la police ou la gendarmerie et la population
Le ministre a rappelé son intention de définir de nouveaux rapports entre les forces de sécurité et les jeunes suite à la réunion qu’il a présidée avec les associations nationales et de quartier.
Augmenter les moyens des forces de sécurité
Le ministre a rappelé les moyens supplémentaires mis à disposition de la police nationale :
- incorporation de 900 cadets de la République ;
- recrutement de 600 adjoints de sécurité et de 900 gardiens de la paix.
Il a annoncé, pour la gendarmerie nationale, que le recrutement de fin d’année s’élèvera à 840 gendarmes et à 1 080 gendarmes adjoints volontaires.
Brice Hortefeux a également évoqué l’enrichissement du contenu de la Lopsi 2 pour renforcer les moyens d’action et développer les réponses en matière de sécurité et de proximité.




