Bernard Kouchner : "l'urgence est d'arriver le plus vite possible en Haïti"
La France achemine une aide d'urgence en Haïti victime d'un séisme de forte intensité, a confirmé mercredi 13 janvier le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
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Un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé mardi Haïti non loin de Port-au-Prince, sa capitale, provoquant une catastrophe majeure dans le pays le plus pauvre des Amériques. La première secousse a eu lieu juste avant 23h00 - heure française - hier soir. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a exprimé dans un communiqué "sa profonde solidarité aux autorités et au peuple haïtiens, ainsi qu’aux personnels des Nations unies gravement touchés par le séisme".
Dès l'information du tremblement de terre reçue, "le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes a immédiatement été mobilisé (...) pour - en liaison avec la Sécurité civile - mobiliser et acheminer sans délais une aide d'urgence à Port-au-Prince" a déclaré Bernard Kouchner tôt ce matin dans un communiqué. Le Centre de crise s'est aussi mobilisé "pour établir le contact avec notre ambassadeur à Port-au-Prince" et "pour réunir les premières informations disponibles sur la communauté française dans ce pays", a-t-il ajouté.
"Dans ces moments dramatiques, la France exprime toute sa solidarité avec la République d'Haïti et adresse un témoignage fort et solidaire de sympathie au peuple haïtien", déclare aussi le ministre qui a annoncé plus tard dans la matinée le décès probable du représentant de l'Onu présent sur place.
Les autorités françaises ont indiqué n'avoir pas d'informations pour le moment sur le nombre de victimes, ni si des Français figurent parmi elles – on compte 1 400 ressortissants français en Haïti, dont 1 200 à Port-au-Prince. Bernard Kouchner a également affirmé à ces Français d'Haïti "notre solidarité et notre souci de sécurité".
"Une soixantaine de Français sont réfugiés à l'ambassade (de France), touchée par le séisme. La résidence de l'ambassadeur a aussi été touchée", a indiqué le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet. Quelque 200 personnes seraient portées disparues après l'effondrement d’un grand hôtel de Port-au-Prince, le Montana, situé sur les hauteurs de la capitale non loin du quartier-général de l'Onu et accueillant généralement des étrangers.
Alain Joyandet a annoncé l'envoi dès aujourd'hui, sur instruction du président de la République, de deux avions convoyant des sauveteurs et de l'aide humanitaire, "un qui part de Fort-de-France (Martinique, dans les Antilles françaises) avec à son bord 25 gendarmes plus des sauveteurs, du personnel d'hôpital, et un autre avion qui part de Marseille (sud de la France) avec 60 personnes à son bord". "Il y a possibilité pour nos deux avions d'atterrir", a-t-il précisé en réponse à une question sur l'état de la piste d'atterrissage de l'aéroport de la capitale haïtienne.
Les avions français "seront sur place vers midi pour l’un, et plus tard dans l’après-midi pour l’autre", a précisé Bernard Kouchner lors d'un point presse dans la matinée. "Un hôpital mobile est prêt, a-t-il précisé ; pour le moment, nous ne savons pas encore où nous pourrons le disposer. C’est toujours ainsi dans le bouleversement qui suit les grandes catastrophes. Il faut être utiles et nous pensons que dans un second temps - pas immédiatement, peut être parce que tout est désorganisé -, cet hôpital mobile pourrait servir pour les nombreux blessés qui pourraient se faire admettre dans les prochains jours."
"L'urgence est d'arriver le plus vite possible, d'abord parce que, hélas, les blessés qui sont coincés sous les décombres succombent", a insisté Bernard Kouchner sur RTL. "Arriver vite, être très efficace et ne pas constituer une charge supplémentaire, afin que les secours ne s'embouteillent pas."
La mission des Nations unies sur place, la Minustah, "devait suppléer aussi bien en termes de sécurité, de formation que de développement", a poursuivi Bernard Kouchner sur RTL. "Hélas, le bâtiment de l'Onu s'est écroulé et il semblerait que tous ceux qui étaient dans le bâtiment, dont mon ami Hedi Annabi, l'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, soient morts."